Trump convoque un rassemblement inédit : retour vers le passé ou virage stratégique ?

Le paysage Politiqueaméricain s'apprête à vivre un événement singulier : Donald Trump a annoncé l'organisation d'une convention de mi-mandat républicaine à Dallas, Texas, le 9 et 10 septembre. Une première, qui rappelle, avec une ironie certaine, une époque révolue où le Parti démocrate semblait déjà s'enliser dans une torpeur corporatiste. L'annonce, faite avec son habituelle emphase, promet un « rassemblement comme aucun autre », célébrant un hypothétique « âge d'or américain ».

Un écho lointain des conventions démocrates de l'époque reagan

Il faut remonter à 1982, et à la convention démocrate de Philadelphie, pour trouver un précédent direct. Un événement que j'ai moi-même vécu, et qui marquait déjà un tournant, une lente désaffection du parti pour les idées progressistes, au profit d'une conformité avec les intérêts des grandes entreprises. La défaite cuisante de 1980 face à Ronald Reagan, et la perte simultanée de la majorité sénatoriale, avaient plongé les démocrates dans une profonde crise d'identité. Les noms de McGovern, Church et Nelson, figures emblématiques de la gauche démocrate, avaient disparu du paysage Politique. À l'époque, pour échapper à l'atmosphère pesante, Alex Cockburn et Christopher Hitchens et moi-même trouvions un refuge dans le bar de l'hôtel, noyant notre désespoir dans des verres de whisky. Le parti, apparemment, avait abandonné la lutte.

Aujourd'hui, Trump, fort de son succès lors de la Great American State Fair, semble vouloir ressusciter ce format, en y ajoutant une touche personnelle, un parfum de narcissisme assumé. Il promet une célébration des « réussites incroyables du peuple américain », une énumération de promesses tenues – « pas de taxe sur les pourboires, pas de taxe sur les heures supplémentaires, pas de taxe sur la sécurité sociale », entre autres – et une affirmation de la « domination énergétique américaine ». L'annonce est accompagnée d'une chute sur la baisse des prix du pétrole, présentée comme une preuve supplémentaire de son succès.

Un spectacle, plus qu

Un spectacle, plus qu'une stratégie politique ?

L'événement s'annonce comme un véritable spectacle, avec la présence de « travailleurs acharnés, d'innovateurs, d'entrepreneurs, de fabricants, de premiers intervenants et de créateurs d'emplois ». Mais au-delà du grand-guignol et des slogans populistes, se pose une question légitime : quel est l'objectif réel de cette convention de mi-mandat ? Est-ce une tentative sincère de mobiliser les troupes et de redéfinir l'agenda Politique républicain, ou simplement un rassemblement de plus pour glorifier la figure de Trump ? La réponse, comme souvent, se cache probablement dans le mélange des deux. Car, il faut bien l'admettre, l'absence de véritable programme Politique se compense aisément par la force d'une personnalité, aussi controversée soit-elle.

Il est fort probable que je ressente une certaine nostalgie pour la banalité des conventions politiques traditionnelles. Le temps des discours ennuyeux et des promesses vagues semble révolu. L'ère Trump a apporté avec elle une forme de chaos contrôlé, un spectacle permanent qui rend les événements politiques ordinaires presque… soporifiques.