Ferragamo : les vents contraires pèsent sur le chiffre d'affaires du premier trimestre

Le groupe Salvatore Ferragamo a annoncé une contraction de son chiffre d'affaires de 1,2 % au premier trimestre 2026, un chiffre qui, malgré une dynamique positive en Amérique du Nord et en Amérique latine, souligne les défis persistants auxquels la maison italienne est confrontée.

Un leadership absent face aux turbulences

Un leadership absent face aux turbulences

L'absence d'un directeur général permanent, suite au départ de Marco Gobbetti en février 2025, plane sur cette période de transition. Leonardo Ferragamo, en tant que président, assume la direction intérimaire, une situation délicate qui n'annonce rien de bon pour la stratégie à long terme de la marque. Le marché observe avec attention comment Ferragamo gérera cette période d'incertitude, cruciale pour sa réorientation.

Si le canal de vente directe aux consommateurs (DTC) a affiché une performance encourageante, avec une progression de 5,5 %, ce succès n'a pas suffi à compenser un recul significatif de la vente en gros, qui a chuté de 19 %. La direction du groupe justifie cette baisse par une base de comparaison difficile et un recentrage stratégique sur la qualité de la distribution, notamment en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique (EMEA), où les ventes ont plongé de 17 % au premier trimestre. La complexité de la logistique et des relations avec les détaillants se fait cruellement sentir.

L'Amérique du Nord reste un bastion de croissance, avec une augmentation des ventes de 18,8 %, et constitue un axe stratégique majeur pour Ferragamo. Les rénovations en cours des magasins emblématiques de la Cinquième Avenue à New York et de Beverly Hills à Los Angeles, ainsi que l'ouverture de boutiques éphémères, témoignent de l'investissement de la marque dans ce marché clé. Mais le succès américain ne suffit pas à masquer les difficultés ailleurs.

En Asie-Pacifique, les ventes ont diminué de 5,4 %, tandis que le marché japonais a enregistré une baisse de 4,4 %, impacté par la réduction du tourisme chinois. La dépendance de Ferragamo aux flux touristiques asiatiques, notamment japonais, apparaît comme une vulnérabilité majeure dans un contexte géopolitique incertain.

Les catégories traditionnelles de Ferragamo, la chaussure (43,9 % des ventes) et les maroquinerie (42 %), ont connu des performances contrastées. Les ventes de chaussures ont baissé de 3,4 %, tandis que celles de maroquinerie ont chuté de 22,5 %. Le prêt-à-porter a également souffert, avec une diminution de 3,1 %, et les ventes de soie et autres catégories ont reculé de 1,1 %. Le ralentissement des ventes dans ces secteurs clés pose question sur la pertinence de la collection actuelle et la capacité de Ferragamo à séduire une clientèle exigeante.

Face à l'instabilité géopolitique persistante, exacerbée par le conflit au Moyen-Orient, Ferragamo affirme rester concentré sur l'exécution de son plan stratégique, en mettant en avant son héritage et ses atouts. Mais les chiffres parlent d'eux-mêmes : la maison italienne doit impérativement trouver une nouvelle impulsion pour retrouver le chemin de la croissance.