Ethel cain et dior : une collaboration audacieuse pour coachella
Ethel Cain, la figure énigmatique de Hayden Anhedönia, a électrisé Coachella avec une tenue aussi inattendue qu'emblématique : une combinaison ample, ornée de perles et de rayures pinstripe, signée Dior. Mais ce n'est pas tout. L'artiste a orchestré une véritable métamorphose visuelle au fil des deux week-ends, dévoilant un dialogue fascinant entre son identité artistique et l'univers de la haute couture.
Une esthétique brute et poétique au service de la musique
Alors que les fans ont eu beau mal à les identifier, ces overalls uniques étaient le fruit d'une collaboration sur mesure avec Jonathan Anderson, directeur créatif de Dior. Une démarche surprenante, compte tenu des silhouettes Edwardiennes qui caractérisent habituellement l'univers d'Ethel Cain. Toutefois, cette rupture de style s'inscrit parfaitement dans la continuité de son dernier album, Willoughby Tucker, I Will Always Love You, et de son exploration de la figure de la jeune femme américaine perdue dans l'Amérique rurale. « La combinaison est tout simplement Ethel et Willoughby, sans fioritures inutiles, hormis les jolies rayures perlées », confie Anhedönia à Vogue.
Mais pour le second week-end, l'artiste a souhaité explorer une autre facette de son personnage. “J'ai toujours essayé d'incarner deux personnages sur scène et dans la vie, au moins pour cette période : l'une est la femme hantée dans la maison sur la colline, qui rôde dans ses rideaux et effraie les enfants du coin. L'autre est la jeune fille un peu garçon manqué, qui court avec les garçons et a du mal à garder ses chaussures aux pieds,” explique-t-elle. C'est cette dualité que Dior a su magistralement traduire.
Jonathan Anderson a ajouté : « Pour Coachella, nous avons abordé le projet comme un échange : un dialogue entre ses codes, sa narration et ceux de la maison, créant quelque chose de légèrement plus brut – presque une interprétation Dior du grunge – en harmonie avec la musique tout en laissant sa voix prendre le devant de la scène. »

De la combinaison grunge à la robe funèbre : une esthétique conceptuelle
Loin de la combinaison décontractée, le second week-end a vu Ethel Cain revêtir une robe noire à col montant, dotée d'une taille cintrée et de manches amples ornées de pétales d'organza. « La robe a l'impression de s'intégrer parfaitement au vestiaire funéraire emblématique d'Ethel Cain, plus conceptuelle que narrative », souligne Anhedönia. L'artiste a complété son look avec un diadème noir orné de cyclamens, un clin d'œil à la collection haute couture de Jonathan Anderson.
« J'avoue que je ne m'aventure pas souvent dans le monde de la Mode », admet Anhedönia, « mais j'ai ressenti une affinité particulière avec Jonathan. Nous nous sommes rencontrés comme je rencontre toutes mes personnes préférées, tout simplement par le biais de notre amour pour l'artisanat. Je lui ai raconté mon habituel discours sur les deux facettes d'Ethel Cain, et il a tout de suite compris. C'est l'une des personnes les plus gentilles que j'aie jamais rencontrées, et je suis ravie d'avoir cette collaboration à laquelle je pourrai toujours revenir. »
Ce qui est certain, c'est que la collaboration entre Ethel Cain et Dior a marqué les esprits, prouvant que la haute couture peut se réinventer en s'appropriant l'esthétique brute et poétique d'une artiste audacieuse. Une alliance improbable, mais diablement réussie.
