Une marée du siècle

Dernière modification par France 24 : 21/03/2015.

C’est une marée inédite, une “marée du siècle” comme on l’appelle. Une mer qui se retire à perte de vue, avant de remonter très vite et très haut, un phénomène spectaculaire lié à l’horlogerie céleste qui devrait attirer des milliers de curieux samedi 21 mars sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique.

Cette marée, qui se produit en réalité tous les 18 ans environ, a déjà rassemblé aux alentours de 10 000 personnes vendredi soir au Mont-Saint-Michel. La dernière “marée du siècle” s’était produite le 10 mars 1997 et la prochaine aura lieu le 3 mars 2033. Celle de samedi est donc bien pour l’heure la plus forte marée du XXIe siècle.

Classé au patrimoine mondial par l’Unesco, le Mont-Saint-Michel redeviendra une île samedi, d’abord lors de la pleine mer à 7 h 45, puis de nouveau à 20 h 07, avec un coefficient de marée de 119, soit le plus haut jamais constaté, selon le service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM), basé à Brest.

Un spectacle féerique.

Le marnage (écart maximal entre la basse et la pleine mer) a commencé à tutoyer les 14 mètres, soit plus qu’un immeuble de quatre étages. “On a un petit anticyclone actuellement, ce qui fait que le niveau de la mer va être un peu moins haut que prédit, de l’ordre de quelques centimètres”, a cependant précisé à l’AFP Nicolas Pouvreau, spécialiste des marées au SHOM.

La pleine mer de vendredi soir a ainsi épargné un isthme de quelques mètres de largeur aux pieds du Mont-Saint-Michel, sans rien enlever au spectacle féérique de la nuit tombant sur le Rocher entouré d’eau.

Compris entre 20 et 120, ce coefficient donne une indication du “marnage” attendu… et de l’affluence touristique. Propriétaire de plusieurs hôtels et restaurants au Mont, Patrick Gaulois assurait récemment qu’il n’y avait plus aucune disponibilité sur le “Rocher” depuis octobre.

Appels à la vigilance.

Les autorités locales ont multiplié ces derniers jours les appels à la prudence en direction des pêcheurs à pied qui pourraient se retrouver piégés par la marée, en particulier dans la baie du Mont, où selon le dicton, elle remonte “à la vitesse d’un cheval au galop”.

“Ce phénomène naturel est une opportunité incroyable pour le tourisme en Bretagne à cette période de l’année”, assurait il y a peu Michael Dodds, directeur du Comité régional du tourisme, disant s’attendre à une “forte fréquentation” touristique, alors que plus des deux tiers des Français aimeraient assister au phénomène, selon un sondage OpinionWay.

Une météo clémente.

La météo s’annonçant plutôt clémente, les inondations devraient être rares et de faible ampleur et les communes littorales n’ont pris que de simples mesures de précaution, comme à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) où les digues ont été interdites d’accès mais pas les sentiers côtiers.

À Bordeaux, il est simplement conseillé aux automobilistes garés sur la rive droite de la Garonne de surveiller l’évolution du niveau de l’eau.

Dans le nord du pays, “la rade de Boulogne est protégée par deux digues, donc on n’aura pas de gros dégâts”, indique-t-on à l’office du tourisme de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), pour justifier l’absence de dispositifs de sécurité. “Il n’y a pas de tempête d’annoncée donc ça va être un peu moins impressionnant qu’on pourrait l’espérer”, tempère-t-on.

Ailleurs dans le monde, ce phénomène sera également très visible sur la côte est de la Terre de feu, à l’extême sud du continent américain, ainsi que sur la côte nord de l’Australie et au Royaume-Uni, dans le canal de Bristol.

Ces fortes marées interviennent alors que plusieurs facteurs astronomiques sont en conjonction parfaite : alignement des astres et distance les plus courtes sur les orbites. Les marées résultent de l’attraction de la Lune et du Soleil sur les mers et les océans.

Last modified by France 24: 21/03/2015

It is a unique tide, a “tide of the century” as it is called. A sea that withdraws out of sight, before rising very fast and very high, a spectacular phenomenon related to the celestial timepiece, which is expected to draw thousands of onlookers Saturday, March 21, on the channel coasts and the Atlantic.

This tide, which occurs in reality every 18 years approximately, already gathered around 10,000 people Friday night at Mont-St.-Michel. The last “tide of the century” had occurred on 10 March 1997 and the next will take place March 3, 2033. Saturday is therefore, for the time being the highest tide of the 21st century.

Classified world heritage by Unesco, Mont-St.-Michel will once again be an island Saturday, first at high tide at 7:45, then again at 20:07, with a tide coefficient of 119, the highest ever found, according to the hydrographic and oceanographic marine service (SHOM), based in Brest.

A magical show

The tidal range (maximum deviation between the low and high tide) has begun to tutoyer 14 meters, or more than a four-storey building. “On a small anticyclone currently, what makes that the sea level is going to be a little less up predicted, in the order of a few centimetres”, however said the AFP Nicolas Pouvreau, specialist of the tides to SHOM.

Full Friday evening sea thus spared a few metres wide isthmus at the foot of Mont-St.-Michel, without taking anything away from the show magical by the night falling on a rock surrounded by water.

Between 20 and 120, this coefficient gives an indication of “tidal” expected… and the tourist influx. Owner of several hotels and restaurants in Mount, Patrick Gaulois assured recently that there were more no availability on the “Rock” since October.

Calls for vigilance.

Local authorities have multiplied these days calls for prudence in the direction of the foot fishermen who may find themselves trapped by the tide, especially in the Bay of Mount, where according to the saying, it goes back “at the speed of a galloping horse”.

“This natural phenomenon is an incredible opportunity for tourism in Britain at this time of the year,” provided there is little Michael Dodds, Director of the regional tourism Committee, saying to expect a “high-traffic” tourist, while over two-thirds of the French would like to attend the phenomenon, according to an OpinionWay poll.

Mild weather.

The weather is announcing rather lenient, floods should be rare and small-scale and coastal municipalities have taken that simple measures of precaution, as in Anglet (Pyrénées-Atlantiques) where the dikes were banned access but not the coastal paths.

In Bordeaux, it is simply advisable for motorists parked on the right bank of the Garonne to monitor the evolution of the level water.

In the North of the country, “Boulogne Harbour is protected by two dykes, so it will not damage”, indicated to the office of tourism of Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), to justify the absence of safety devices. “There is no storm announced so it’ll be a little less impressive as could be hoped”, tempers.

Elsewhere in the world, this phenomenon will also be very visible on the side is from the land of fire, at the southern extreme of the American continent, as well as on the north side of the Australia and the United Kingdom, in the Bristol Channel.

These high tides occur while several astronomical factors are in perfect conjunction: alignment of the stars and the shorter distance on orbits. Tides result from the attraction of the Moon and the Sun on the seas and oceans.