SJ Perse Chronique

SAINT-JOHN PERSE (1887 – 1975) : Né à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, ce diplomate et poète français publia des recueils lyriques, méditation sur le destin de l’homme et ses rapports avec la nature : “Éloges”, “Anabase”, “Exil”, “Amers”, “Chronique”, “Oiseaux”… Il obtint le prix Nobel de littérature en 1960.

Depuis quelques années, Leger est entouré aux Etats-Unis, par une pléiade d’amis influents et fortunés qui ont concouru à lui assurer une certaine aisance dans son exil américain, qui avait débuté par tant de difficultés. .. Leger a fait la rencontre d’une amie, Mina Curtiss, femme de lettres et musicologue, francophile comme l’est d’ailleurs passionnément tout ce cercle des amis américains. Une correspondance nourrie va alors être échangée entre eux, et Mina constitue désormais un chaînon essentiel de son entourage américain. Vers 1956, se précise le projet d’un retour en France, maintenant que le climat de l’immédiat après-guerre s’est apaisé ….

.. son choix se soit finalement arrêté sur la presqu’île de Giens, où Mina Curtiss lui trouve une superbe villa : le souvenir de la Guadeloupe n’est peut-être pas étranger à ce choix, et notamment à cette nouvelle terre d’élection de Provence, si proche par son climat,Chronique inaugure une toute nouvelle ère de l’œuvre poétique de Perse, cette période provençale qui marque le retour du poète en France après dix-sept ans d’exil américain, et qui consacre sa conciliation avec le paysage méditerranéen. Le futur lauréat du Prix Nobel de Littérature connaît alors un nouveau tournant, pour aborder ce « grand âge » qui va motiver en lui un poème mémorial d’une hauteur de vue inoubliable. du cadre de son enfance. Achetée par Mina Curtiss avec son terrain propre, la villa est offerte à Leger …

Grand âge, nous voici
Il avait 72 ans quand il l’a écrit dans un petit livre qui s’appelle « Chroniques ». Plongé dans les derniers instants de la dialectique de la vie, attentif au devenir qui résulte du dépassement par le temps du rapport vie/mort et du rapport amour/haine, de ce fait axé sur une problématique du devenir, le poète nous enseigne que c’est grand bonheur quand a été accompli le chemin où l’amour est plus fort que la haine… Nous y gagnons de la légèreté. Cette légèreté de l’esprit est la grande grâce de notre destinée humaine. …

a voir : http://www.sjperse.org/chronique.html

a voir : http://www.sjperse.org/chronique.commentaire

a voir :  https://www.cairn.info/revue-etudes-sur-la-mort

Chronique :

I
« Grand âge, nous voici. Fraîcheur du soir sur les hauteurs, souffle du large sur tous les seuils, et nos fronts mis à nu pour de plus vastes cirques…

« Un soir de rouge et longue fièvre ; où s’abaissent les lances, nous avons vu le ciel en Ouest plus rouge et rose du rose d’insectes des marais salants : soir de grand erg, et très grand orbe, où les premières élisions du jour nous furent telles que défaillances du langage.

« Et c’est un déchirement d’entrailles, de viscères, sur toute l’aire illuminée du Siècle : linges lavés dans les eaux mères et le doigt d’homme promené, au plus violet et vert du ciel, dans ces ruptures ensanglantées du songe – trouées vives !

« Une seule et lente nuée claire, d’une torsion plus vive par le travers du ciel austral, couvre ? /courbe (dans le livre) son ventre blanc de squale aux ailerons de gaze. Et l’étalon rouge du soir hennit dans les calcaires. Et notre songe est en haut lieu. Ascension réglée sur l’ascension des astres, nés de mer… Et ce n’est point de même mer que nous rêvons ce soir.

« Si haut que soit le site, une autre mer au loin s’élève, et qui nous suit, à hauteur du front d’homme : très haute masse et levée d’âge à l’horizon des terres, comme rempart de pierre au front d’Asie, et très haut seuil en flamme à l’horizon des hommes de toujours, vivants et morts de même foule.

« Lève la tête, homme du soir. La grande rose des ans tourne à ton front serein. Le grand arbre du ciel, comme un nopal, se vêt en Ouest de cochenilles rouges. Et dans l’embrasement du soir aux senteurs d’algue sèche, nous éduquons, pour de plus hautes transhumances, de grandes îles à mi-ciel nourries d’arbouses et de genièvre.

« Fièvre là-haut et lit de braise. Statut d’épouses pour la nuit à toutes cimes lavées d’or !

II

« Grand âge, vous mentiez : route de braise et non de cendres … La face ardent et l’âme haute, à quelle outrance encore courons-nous là ? Le temps que l’an mesure n’est point mesure de nos jours. Nous n’avons point commerce avec le moindre ni le pire. Pour nous la turbulence divine à son dernier remous …

« Grand âge, nous voici sur nos routes sans bornes. Claquements du fouet sur tous les cols ! Et très haut cri sur la hauteur ! Et ce grand vent d’ailleurs à notre encontre, qui courbe l’homme sur la pierre comme l’araire sur la glèbe.

« Nous vous suivrons, aile du soir … Dilatation de l’oeil dans les basaltes et dans les marbres ! La voix de l’homme est sur la terre, la main de l’homme est dans la pierre et tire un aigle de sa nuit. Mais Dieu se tait dans le quantième ; et notre lit n’est point tiré dans l’étendue ni la durée.

« Ô Mort parée du gantelet d’ivoire, tu crois en vain nos sentes bosselées d’os, car notre route tend plus loin. Le valet d’armes accoutré d’os que nous logeons, et qui nous sert à gages, désertera ce soir au tournant de la route.

« Et ceci reste à dire : nous vivons d’outre-mort, et de mort même vivrons-nous. Les chevaux sont passés qui couraient à l’ossuaire, la bouche encore fraîche des sauges de la terre. Et la grenade de Cybèle teint encore de son sang la bouche de nos femmes.

« Notre royaume est d’avant-soir, ce grand éclat d’un Siècle vers sa cime; et nous n’y tenons point lits de justice ni camps d’honneur mais tout en déploiement d’étoffes sur le pentes déroulant à longs plis ces grands amas de lumière jaune que les Mendiants du soir assemblent de si loin comme soieries d’Empire et soies grèges de tribut.

« Nous en avions assez du doigt de craie sous l’équation sans maître… Et vous, nos grands Aînés, dans vos robes rigides, qui descendez les rampes immortelles avec vos grands livres de pierre, nous avons vu remuer vos lèvres dans la clarté du soir : vous n’avez dit le mot qui lève ni nous suive.

« Lucine errante sur les grèves pour l’enfantement des oeuvres de la femme, il est d’autres naissances à quoi porter vos lampes !… Et Dieu l’aveugle luit dans le sel et dans la pierre noire, obsidienne ou granit. Et la roue tourne entre nos mains, comme au tambour de pierre de l’Aztèque ”

III

« Grand âge, nous venons de toutes rives de la terre. Notre race est antique, notre face est sans nom. Et le temps en sait long sur tous les hommes que nous fûmes.

« Nous avons marché seuls sur les routes lointaines; et les mers nous portaient qui nous furent étrangères. Nous avons connu l’ombre et son spectre de jade. Nous avons vu le feu dont s’effaraient nos bêtes. Et le ciel tint courroux dans nos vases de fer.

« Grand âge, nous voici. Nous n’avions soin de roses ni d’acanthes. Mais la mousson d’Asie fouettait, jusqu’à nos lits de cuir et de rotin, son lait d’écumes et de chaux vive. De très grands fleuves, nés de l’Ouest, filaient à quatre jours en mer leur chyle épais de limon vert.

« Et sur la terre de latérite rouge où courent les cantharides vertes, nous entendions un soir tinter les premières gouttes de pluie tiède, parmi l’envol des rolliers bleus d’Afrique et la descente des grands vols du Nord qui font claquer l’ardoise d’un grand Lac.

« Ailleurs des cavaliers sans maîtres échangèrent leurs montures à nos tentes de feutre. Nous avons vu passer l’abeille naine du désert. Et les insectes rouges ponctués de noir s’accouplaient sur le sable des Iles. L’hydre antique des nuits n’a point pour nous séché son sang au feu des villes.

« Et nous étions peut-être en mer, ce jour d’éclipse et de première défaillance quand la louve noire du ciel mordit au coeur le vieil astre de nos pères. Et dans l’abîme gris et vert aux senteurs de semence couleur de l’oeil de nouveau-nés nous nous sommes baignés nus – priant, que tout ce bien nous vînt à mal, et tout ce mal à bien.
*
« Prédateurs, certes ! nous le fûmes; et de nuls maîtres que nous-mêmes tenant nos lettres de franchise – Tant de sanctuaires éventés et de doctrines mises à nu, comme femmes aux hanches découvertes ! Enchères aux quais de corail noir, enseignes brûlées sur toutes rades, et nos cœurs au matin comme rades foraines…

« Ô vous qui nous meniez à tout ce vif de l’âme, fortune errante sur les eaux, nous direz-vous un soir sur terre quelle main nous vêt de cette tunique ardente de la fable, et de quels fonds d’abîme nous vint à bien, nous vint à mal, toute cette montée d’aube rougissante, et cette part en nous divine qui fut notre part de ténèbres ?

« Car maintes fois sommes-nous nés, dans l’étendue sans fin du jour. Et qu’est ce mets, sur toutes tables offert, qui nous fut très suspect en l’absence de l’Hote ?  Nous passons, et, de nul engendrés, connaît-on bien l’espèce ou nous nous avançons ? Que savons-nous de l’homme, notre spectre, sous sa cape de laine et son grand feutre d’étranger ?

« Ainsi l’on voit au soir, dans les gros bourgs de corne ou les ruraux prennent leurs semences — toutes fontaines désertées et toute place de boue sèche marquée du piétinement fourchu — les étrangers sans nom ni face, en longue coiffe rabattue, accoster sous l’auvent, contre le montant de pierre de la porte, les grandes filles de la terre fleurant l’ombre et la nuit comme vaisseaux de vin dans l’ombre. checked to here 27/4

IV
“Errants, ô Terre, nous rêvions…

” Nous n’avons point tenure de fief ni terre de bien-fonds. Nous n’avons point connu le legs, ni ne saurions léguer. Qui sut jamais notre âge et sut notre nom d’homme ? Et qui disputerait un jour de nos lieux de naissance ? Éponyme, l’ancêtre, et sa gloire, sans trace. Nos œuvres vivent loin de nous dans leurs vergers d’éclairs. Et nous n’avons de rang parmi les hommes de l’instant…”

Errants, que savions-nous du lit d’aïeule, tout blasonné qu’il fût dans son bois moucheté des Îles ?… Il n’était point de nom pour nous dans le vieux gong de bronze de l’antique demeure. Il n’était point de nom pour nous dans l’oratoire de nos mères (bois de jacaranda ou de cédrat), ni dans l’antenne d’or mobile au front des gardiennes de couleur.

Nous n’étions pas dans le bois de luthier de l’épinette ou de la harpe; ni dans le col de cygne des grands meubles lustrés couleur de vin d’épices. Non plus n’étions dans les ciselures du bronze et dans l’onyx et les cannelures de pilastres ni dans les vitres peuplée d’arbres des hautes armoires à livres, tout miel et or et cuir rouge d’Émir,

Mais dans l’écale de tortue géante encore malodorante et dans le linge de servantes, et dans le cire de selleries où s’égare la guêpe;  ah ! dans la pierre du vieux fusil de noir, et dans l’odeur de copeaux frais des charpentiers de mer, et dans le guibre du voilier sur chantier de famille; mieux dans le pâte de corail blanc sciée pour les terasses, et dans la pierre noir et blanche des grands carrelages d’offices, et dans l’enclume du forgeron d’étable et dans ce bout de chaîne luisante, sous l’orage qu’élève, corne haute, la lourde bête noire portant bourse de cuir…  

L’algue fétide de minuit nous fut compagne sous les combles.

V
« Grand âge, nous voici. Rendez-vous pris, et de longtemps, avec cette heure de grand sens.

Le soir descend, et nous ramène, avec nos prises de haute mer. … Nulle dalle familiale où retentisse le pas d’homme. Nulle demeure à la ville ni cour pavée de roses de pierre sous les voûtes sonores…”

« Il est temps de brûler nos vieilles coques chargées d’algues.
« Grand âge, vois nos prises : vaines sont-elles, et nos mains libres. La course est faite et n’est point faite. La chose est dite et n’est point dite. Et nous rentrons chargés de nuit, sachant de naissance et de mort plus que n’enseigne le songe d’homme. >

VI
” … Comme celui, la main au col de sa monture, qui songe au loin et rêve haut : ” Je porterai plus loin l’honneur de ma maison ” (et la plaine à ses pieds, dans les fumées du soir, roule un guéret très vaste et très bouclé, comme paille de fer, et mesurant le temps boisé du long parcours, il voit – et cela est – tout un là-bas de lointains bleus et d’aigrettes blanches, et la terre au repos paissant ses buffles de légende et ses genévriers)…”

Ceux qui furent aux choses n’en disent point de l’usure ni la cendre, mais ce haut vivre en marche sur la terre des morts… Et la terre fait son bruit de mer au loin sur les coraux, et la vie fait son bruit de ronce en flammes sur les cimes. Et c’est pluie de toujours, au clair-obscur des eaux, de cendre fine et de chaux douce sur les grands fonds de soyeux d’abîme sans sommeil. 

VII

” Et ramenant enfin les pans d’une plus vaste bure, nous assemblons, de haut, tout ce grand fait terrestre.

” Derrière nous, par là-bas, au versant de l’année, toute la terre, à plis droits, et de partout tirée, comme l’ample cape de berger jusqu’au menton nouée…”

VIII

« … Grand âge, nous voici – et nos pas d’hommes vers l’issue. C’est assez d’engranger, il est temps d’éventer et d’honorer notre aire.

Demain , les grands orages maraudeurs, et l’éclair au travail … le caducée du ciel descend marquer la terre de son chiffre . L’alliance est fondée .

« Ah ! qu’une élite aussi se lève, de très grands arbres sur la terre, comme tribu de grandes âmes et qui nous tiennent en leur conseil… Et la sévérité du soir descende, avec l’aveu de sa douceur, sur les chemins de pierre brûlante éclairés de lavande…

Frémissements alors , à la plus haute tige engluée d’ambre , de la plus haute feuille mi-déliée sur son onglet d’ivoire .

« Et nos actes s’éloignent dans leurs vergers d’éclairs…

« À d’autres d’édifier, parmi les schistes et les laves. À d’autres de lever les marbres à la ville.

Pour nous chante déjà plus hautaine aventure . Route frayée de main nouvelle , et feux portés de cime en cime …

Et ce ne sont point là chansons de toile pour gynécée , ni chansons de veillée , dites chansons de Reine de Hongrie , pour égrener le maïs rouge au fil rouillé des vieilles rapières de famille ,

Mais chant plus grave , et d’autre glaive , comme chant d’honneur et de grand âge , et chant du Maître , seul au soir , à se frayer sa route devant l’âtre

– fierté de l’âme devant l’âme et fierté d’âme grandissante dans l’épée grande et bleue .

Et nos pensées déjà se lèvent dans la nuit comme les hommes de grande tente , avant le jour , qui marchent au ciel rouge portant leur selle sur l’épaule gauche

Voici les lieux que nous laissons . Les fruits du sol sont sous nos murs , les eaux du ciel dans nos citernes , et les grandes meules de porphyre reposent sur le sable .

L’offrande , ô nuit , où la porter ? et la louange , la fier ?…Nous élevons à bout de bras , sur le plat de nos mains , comme couvée d’ailes naissantes, ce coeur enténébré de l’homme où fut l’avide , l’ardent , et tant d’amour irrévélé …

Écoute , ô nuit , dans les préaux déserts et sous les arches solitaires , parmi les ruines saintes et l’émiettement des vieilles termitières , le grand pas souverain de l’âme sans tanière ,

Comme aux dalles de bronze où rôderait un fauve .

Grand âge,nous voici. Prenez mesure du coeur d’homme .”

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Chronique :

I
“Great age, here we are. Freshness of the evening on the heights, breath of the sea on all the thresholds, and our fronts exposed for larger circuses …

“One evening of red and long fever; where the spears fall, we have seen the sky in the West more red and pink of the insects rose of the salt marshes: evening of great erg, and very great orb, where the first elisions of the day were such as failures of the language .

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“And it is a tearing of entrails, of viscera, all over the illuminated area of ​​the Century: linen washed in mother waters and the finger of man walked, to the most purple and green of the sky, in these bloody ruptures of dream – bright holes!

“A single, slow, clear cloud, with a brighter twist across the southern sky, covers? / curve (in the book) his white squale belly with gauze fins. And the red stallion of evening neighs in the limestones. And our dream is in high place. Ascension regulated on the ascent of the stars, born of sea … And it is not of the same sea that we dream tonight.

“As high as the site is, another sea in the distance rises, and follows us, at the height of the man’s forehead: very high mass and rising age on the horizon of the land, as a bulwark of stone. front of Asia, and very high threshold in flame on the horizon of the men of always, alive and dead of the same crowd.

“Look up, man of the evening. The great rose of years turns to your serene forehead. The tall tree of the sky, like a nopal, dresses in West with red scale insects. And in the evening fire with the scent of dry algae, we educate, for higher transhumance, large islands mid-sky fed arbutus and juniper.

“Fever up there and bed of embers. Status of wives for the night at all peaks washed with gold!

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> II <

“Old age, you lie: road of embers and not of ashes … The ardent face and the high soul, how much excess are we running there? The time that the year measured is not measured nowadays. We do not trade with the least or the worst. For us the divine turbulence to its last eddy …

“Great age, here we are on our boundless roads. Whip clap on all the passes! And very high cry on the height! And this great wind against us, which bends the man on the stone like the plow on the soil.

“We will follow you, wing of the evening … Dilatation of the eye in the basalts and in the marbles! The voice of man is on the earth, the hand of man is in stone and draws an eagle from his night. But God is silent in the day; and our bed is not drawn in extent or duration.

O Death adorned with the gauntlet of ivory, you believe in vain our bony grooves of bones, for our road goes farther. The valet of arms accoutré of bones that we house, and which serves us for wages, will desert tonight at the turn of the road.

“And this remains to be said: we live beyond death, and even death will live. The horses are past running to the ossuary, the mouth still fresh from the sage of the earth. And Cybele’s pomegranate still dyes the mouths of our women.

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“Our kingdom is early evening, that great burst of a century towards its summit; and we do not hold there beds of justice nor camps of honor but all in deployment of fabrics on the slopes unfolding with long folds these big piles of yellow light that the Evening Beggars assemble from so far as silks of Empire and bristles of tribute.

“We had enough of the chalk finger under the equation without a master … And you, our great Elders, in your rigid robes, who go down the immortal ramps with your big stone books, we saw your lips move in clarity in the evening: you have not said the word that raises nor follows us.

“Lucine wandering on the strikes for the birth of the works of the woman, there are other births to which to carry your lamps! … And the blind God shines in the salt and in the black stone, obsidian or granite. And the wheel turns in our hands, like the stone drum of the Aztec ”

> III <

“Great age, we come from all sides of the earth. Our race is ancient, our face is nameless. And time knows a lot about all the men we were.

“We walked alone on distant roads; and the seas carried us which were strange to us. We knew the shadow and its specter of jade. We saw the fire that scared our animals. And heaven held wrath in our iron vessels.

“Great age, here we are. We did not care for roses or acanthus. But the monsoon of Asia whipped up, to our beds of leather and rattan, its milk of froths and quicklime. Very large rivers, born in the West, spun at four days at sea their thick chyle of green silt.

“And on the land of red laterite where the green cantharides run, we heard one evening clinking the first drops of warm rain, among the flight of the blue rollers of Africa and the descent of the great flights of the North which slam the slate of a big lake.

“Elsewhere riders without masters exchanged their horses for our felt tents. We saw the dwarf bee passing the desert. And the red insects punctuated with black mated on the sand of the Islands. The ancient hydra of the nights has not dried up our blood in the fire of the cities.

“And we were perhaps at sea, that day of eclipse and first failure when the black wolf of the sky bit into the heart the old star of our fathers. And in the gray and green abyss with the scent of seed color of the eye of newborns we bathed ourselves naked – praying, that all this good came to us badly, and all that bad to good.

*

“Predators, yes! we were so; and no masters except ourselves holding our letters of frankness – So many stolen sanctuaries and doctrines laid bare, as women with hips discovered! Black coral quays auction, burned signs on all roads, and our hearts in the morning like fairgrounds …

“O ye who lead us to all that quickness of the soul, a wandering fortune upon the waters, shall you tell us one evening on earth what hand we wear in that fiery tunic of the fable, and from what depths of abyss came to us well, we came to grief, all that blooming dawn, and that part in us divine which was our part of darkness?

“For many times have we been born in the endless expanse of the day. And what is this dish, on every table offered, which was very suspect to us in the absence of the Host? We pass, and, of no one begotten, do we know well the species or we advance? What do we know about the man, our specter, under his wool cape and his great foreigner’s hat?

« Thus we see in the evening, in the big towns of horn where the rural ones take their seeds – all the deserted fountains and any place of dry mud marked of the forked trampling – the foreigners without name nor face, in long headdress folded down, berthing under the awning, against the stony pillar of the door, the great girls of the earth blossoming shade and night like vessels of wine in the shade.. checked to here 27/4

> IV <
“Errands, O Earth, we dreamed …

“We have no tenure or land of land. We have not known the legacy, nor can we bequeath. Who knew our age and knew our name? And who would argue a day of our places of birth? Eponymous, the ancestor, and his glory, without trace. Our works live far from us in their orchards of lightning. And we have no rank among the men of the moment … ”

“Wandering, what did we know about the grandmother’s bed, blazoned as it was in the speckled wood of the Islands? … There was no name for us in the old bronze gong of the ancient house. There was no name for us in the oratory of our mothers (jacaranda or citron wood), nor in the mobile gold antenna on the front of the colored guardians. ”

We were not in the wood of spruce or harp luthier; nor in the swan’s neck of the big furniture glossy color of wine of spices. Neither were the carvings of the bronze and the onyx and the grooves of the pilasters, nor the windows populated with trees of the high book cabinets, all honey and gold and red leather of the Amir,

But in the gigantic tortoise shell still smelly and in the linen of maids, and in the wax of upholstery where the wasp gets lost; ah! in the stone of the old black rifle, and in the smell of fresh chips of the carpenters of the sea, and in the hull of the sailboat on family yard; better in the white coral dough sawn for the terraces, and in the black and white stone of the large tiled offices, and in the anvil of the stable blacksmith and in that shiny chain end, under the storm that pupil, high horn, the heavy beast wearing leather purse

The foul seaweed of midnight was companion under the eaves.

> V <
“Great age, here we are. See you, and for a long time, with this hour of great meaning.

The evening descends, and brings us back, with our catches of high sea … No family slab where the sound of the man resounds. No house in the city, no courtyard paved with stone roses under the sound arches …

“It’s time to burn our old hulls laden with seaweed.
“Great age, see our catch: vain are they, and our hands free. The race is made and not made. The thing is said and is not said. And we come back laden with night, knowing birth and death more than the dream of a man teaches.

> VI <
… Like the man with the hand on the neck of his horse, who dreams far away and dreams high:” I will carry the honor of my house further ” (and the plain at his feet, in the evening smoke, rolls a treasure) very large and very curly, like iron straw, and measuring the wooded time of the long journey, he sees – and that is – a whole there of distant blue and white egrets, and the land at rest grazing his buffaloes. legend and its juniper trees) … ”

Those who have been to things do not speak of usury or ashes, but that high live on the land of the dead … And the earth makes its sound of sea in the distance on the corals, and life makes its noise burl in flames on the tops. And it is rain of always, in the clear-darkness of the waters, of fine ashes and soft lime on the great bottoms of silky abyss without sleep.

> VII <

“And finally bringing back the swaths of a larger bure, we assemble, from above, all this great terrestrial fact.

“Behind us, over there, at the end of the year, all the earth, in straight folds, and drawn everywhere, like the ample shepherd’s cloak to the knotted chin …”

> VIII <

“… old age, here we are – and our men’s steps towards the end. It is enough to reap, it is time to fan and honor our area.

Tomorrow, the great marauding storms, and the lightning at work … the caduceus of the sky descends to mark the earth with its number. The alliance is founded.

“Ah! that an elite also rise, very great trees on the earth, like tribe of great souls and who hold us in their council … And the severity of the evening descends, with the admission of its sweetness, on the roads of burning stone lit with lavender …

Then, at the highest stem stuck with amber, the highest leaf half-untied on its ivory tab.

« “And our actions are moving away in their orchards of lightning …

“To others to build, among schists and lava. To others to raise the marbles to the city.
For us already singing haughtier adventure. New hand poded? road, and fires borne from top to top …

And these are not songs of cloth for gynoecium, nor songs of vigil, say songs of Queen of Hungary, to shred the rusty red corn of the old family rapiers,

But more serious song, and other sword, as a song of honor and old age, and song of the Master, alone in the evening, to make its way to the hearth

– pride of the soul in front of the soul and pride of soul growing in the sword big and blue.

And our thoughts are already rising in the night like the men of big tent, before day, who walk to the red sky carrying their saddle on the left shoulder

Here are the places we leave. The fruits of the soil are under our walls, the waters of the sky in our cisterns, and the large porphyry wheels rest on the sand.

The offering, O night, where to carry it? and the praise, the proud? … We raise at arm’s length, on the flat of our hands, as broods of nascent wings, that darkened heart of man where was the greedy, the ardent, and so many irrevocable love …

Hear, O night, in the meadows deserts and under the solitary arches, among the holy ruins and the crumbling of the old termite mounds, the great sovereign step of the soul without a den,

Like the bronze flagstones where a wild beast roamed.

Great age, here we are. Take measure of the heart of man. ”

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Chapter VIII text & audio version of Chronique 

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Saint-John Perse, poète de la mer  par Marc Seguin  [article]
/ Bulletin de l’Association Guillaume Budé / Année 1963 / 2 / pp. 236-248

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“Grand âge” et “Poésie” par René Médard  [article]

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Comment lire les poèmes de Saint-John Perse ?
par Colette Camelindu, Université de Poitiers

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St John Perse – sa vie et son œuvre

Nom de naissance – Marie-René Auguste Alexis Leger
Alias – Alexis Leger – Saint-Leger Leger – puis Saint-John Perse
Naissance – 31 mai 1887 – Pointe-à-Pitre, Guadeloupe Décès – 20 septembre 1975 (à 88 ans)
Activité principale – poète et diplomate Distinctions – Prix Nobel de littérature (1960)
Auteur – Langue d’écriture – Français Genres – Poésie
Œuvres principales – Éloges (1911), Anabase (1924), Amers (1957), Vents (1946),
Alexis Leger, dit Saint-John Perse, né le 31 mai 1887 à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe et mort le 20 septembre 1975 à Hyères dans le Var, est un poète, écrivain et diplomate français, lauréat du prix Nobel de littérature.
En marge des mouvements littéraires de son époque, sa poésie, en prose, est réputée pour son hermétisme, (incompréhensible, obscur), mais aussi pour sa force d’évocation. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1960 « pour l’envolée altière et la richesse imaginative de sa création poétique, qui donne un reflet visionnaire de l’heure présente ».

Biographie

Jeunesse et débuts diplomatiques
Fils d’Édouard Pierre Amédée Leger, avocat-avoué en Guadeloupe à partir de 1873, et de Marie Pauline Françoise Renée Dormoy, fille d’une famille de planteurs, Alexis Leger naît au no 54 rue Achille-René-Boisneuf à Pointe-à-Pitre. Il y passe son enfance, ainsi qu’à l’îlet Feuille où il découvre la nature, et surtout dans les deux importantes demeures familiales que sont « La Joséphine » — une cafétière sur les hauteurs de Saint-Claude au sud de Basse Terre — et « Le Bois-Debout » — une exploitation de canne à sucre à Capesterre — qui marqueront son imaginaire. Il fait son entrée en huitième au lycée de Pointe-à-Pitre, mais suit ses parents partis pour Pau en mars 1899. Il entre en classe de cinquième au lycée de la ville. Il fait ensuite des études de droit à Bordeaux dès 1904, puis fait son service militaire dans l’infanterie à Pau dès la fin de ses études.
Il rencontre assez tôt le poète Francis Jammes, en 1902, lequel le présente notamment à Paul Claudel, avec qui il entretient des relations mouvementées. Grâce à Jammes encore, il entre en relation avec André Gide et le milieu de la NRF. Gide et Jacques Rivière le poussent à publier ses premiers poèmes. Les poèmes Images à Crusoé puis Éloges paraissent dans La Nouvelle Revue française en 1909 et 1910, puis en recueil sous le titre Éloges en 1911. Valery Larbaud consacre un article très élogieux au recueil dans la revue La Phalange.

Carrière diplomatique
Ayant réussi le concours des consulats en 1914, Alexis Leger est affecté au service de presse du ministre Théophile Delcassé, puis à la Maison de la presse du ministère des Affaires étrangères avant d’être nommé secrétaire de la légation française de Pékin où il reste de 1916 à 1921. Remarqué par Aristide Briand, il est nommé à l’administration centrale du ministère en 1922 puis devient en 1925 directeur du cabinet du ministre. En février 1933, il remplace Philippe Berthelot souffrant au poste de secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, poste qu’il occupe jusqu’en 1940, avec les rang et dignité d’ambassadeur de France.
Peu de temps après avoir été nommé directeur de cabinet d’Aristide Briand, Alexis Leger, alors germanophile, est l’un des principaux auteurs des accords de Locarno en octobre 1925, plaidant pour une « conciliation franco-allemande pour assurer la sécurité de la France puis de l’Europe ».
En 1929, il rédige pour Aristide Briand le Mémorandum sur l’organisation d’un régime d’union fédérale européenne sur mandat de l’Assemblée générale de la Société des Nations. Aristide Briand a été son mentor et après sa mort en 1932, son disciple prolonge son influence au quai d’Orsay et ce tout le temps qu’il y reste. Ce que l’on a appelé la « pactomanie » lui a ensuite été reprochée par ses ennemis politiques. Toute sa vie, Alexis Leger a défendu la mémoire de Briand ; par exemple, en 1942, dans un discours à sa mémoire à New York.
Saint-John Perse accompagne Daladier pour la négociation des accords de Munich le 29 septembre 1938.
En tant que secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, il participe en avril 1935 à la conférence de Stresa. À ce poste pendant sept ans, il assure la continuité de la diplomatie française devant la valse des ministres (plus d’un par an en moyenne, dont Pierre Laval).
Ainsi, en mai 1936, au moment de son arrivée au pouvoir, Léon Blum, sur plusieurs sujets, aurait demandé : « Qu’en pense Leger ? » par exemple sur l’attitude à adopter face à la remilitarisation de la rive gauche du Rhin. S’agissant de la guerre d’Espagne et de la politique de non-intervention, le rôle de Leger a peut-être été déterminant. Lors des accords de Munich, il semble moins complaisant que Daladier et surtout que Georges Bonnet, son ministre, devant l’abandon de la Tchécoslovaquie : Hitler le qualifie à cette occasion de « petit martiniquais sautillant ». En juin 1940, Paul Reynaud le démet brutalement de ses fonctions pour marquer une rupture avec la politique de passivité pratiquée vis-à-vis du Reich depuis sept ans et, accessoirement, pour complaire à sa maîtresse. Objet d’un fort ressentiment général, il est soupçonné d’avoir brûlé des archives diplomatiques, dont notamment la version française des accords de Munich de 1938, pour complaire au régime hitlérien. Leger, remplacé par François Charles-Roux, en est blessé, refuse les affectations qui lui sont proposées en compensation et s’exile aux États-Unis.
Il est passé par Londres, mais tout rapprochement avec de Gaulle était impossible, Leger lui dénie toute légitimité. Dans la France partiellement occupée, le régime de Vichy le déchoit de sa nationalité française, son appartement parisien est mis à sac. Leger est également radié de l’ordre de la Légion d’honneur. Il s’exile alors aux États-Unis, comme de nombreux intellectuels français.
À Washington, il trouve un emploi à la bibliothèque du Congrès grâce à Archibald MacLeish, poète américain, qui en est le bibliothécaire. Il devient, avec Jean Monnet peut-être, le seul Français qu’accepte d’écouter le président Roosevelt, réputé pour avoir été très méfiant à l’égard du général de Gaulle. Le chef de la France libre essaie de rallier Leger à sa cause, qui s’y refuse. Le Général ne lui pardonnera pas : par exemple en 1960, à l’occasion de l’attribution de son prix Nobel, de Gaulle ne lui adresse aucune félicitation.
Après la publication de ses Œuvres Complètes dans La Pléiade, en 1972, deux anciens diplomates notables du Quai d’Orsay, René Massigli et Léon Noël, le qualifient de faussaire (sic). En effet, dans une lettre datée de février 1917, il prétend avoir écrit : «la marche finale de la communauté chinoise vers un collectivisme proche du communisme léniniste le plus orthodoxe». A l’époque, Lénine vit en Suisse, et la révolution russe n’a pas commencé.

Exil américain et mort
Aux États-Unis, en Argentine et en France, il publie successivement Exil en 1942, Pluies et Poème à l’étrangère en 1943, Neiges en 1944. À la Libération, depuis les États-Unis, il publie Vents chez Gallimard en 1946, puis Amers en 1957. À cette date, il revient chaque été faire de longs séjours en France, sur la presqu’île de Giens où des amis américains ont acquis pour lui une propriété, « Les Vigneaux ». Il se marie avec une Américaine, Dorothy Russel, dédicataire de Poème à l’étrangère, qu’il appelle « Dot » et surtout « Diane », de vingt ans plus jeune que lui. Il publie son poème Chronique en 1960, année où lui est attribué, grâce à ses amis américains et à Dag Hammarskjöld, secrétaire général des Nations unies, le Prix Nobel de littérature. Son allocution au banquet Nobel du 10 décembre 1960 est consacrée aux rapports entre science et poésie. Il publiera encore le recueil Oiseaux, inspiré par Georges Braque en 1962, et encore quelques poèmes dans la Nouvelle Revue Française : Chanté par Celle qui fut là en 1969, Chant pour un équinoxe en 1971, Nocturne en 1973 et Sécheresse en 1974. Il meurt le 20 septembre 1975, sur la presqu’île de Giens, dans le Var, où il repose désormais. Ses quatre derniers poèmes paraissent peu après en recueil sous le titre Chant pour un équinoxe. Peu avant sa mort, il avait légué tous ses manuscrits, papiers et objets personnels, ainsi que les livres de sa bibliothèque, à la Ville d’Aix-en-Provence, qui aujourd’hui encore abrite la Fondation Saint-John Perse. Son épouse Dorothy est décédée en 1985.
Pseudonyme
On trouve une multitude d’interprétations quant à ces pseudonymes, mais, de son aveu même, la nécessité d’un pseudonyme avait pour rôle de séparer sa mission diplomatique de sa fonction plus officieuse de poète.

Analyse de l’œuvre
Esthétique littéraire
La poésie de Saint-John Perse est couramment réputée pour sa difficulté d’accès. Le vocabulaire est parfois technique bien que son appréhension ne soit pas indispensable pour une première imprégnation de la puissance des images et de la richesse du rythme qui caractérisent le poème persien. De ce qu’on a pu nommer le « cycle antillais » (Éloges) au « cycle provençal » (les derniers poèmes), l’œuvre de Saint-John Perse institue dans la poésie française du XXe siècle des accents de conciliation entre les avancées de la modernité rimbaldienne et mallarméenne, avec les sources les plus archaïques de la parole poétique. André Breton voyait en 1924 en Perse un « surréaliste à distance »,…

Thématiques
Une « histoire de l’âme » semble dessiner, au gré des poèmes, un recours suprême aux éléments du monde (neiges, pluies, grands vents, souffles océaniques), mobilisés pour atteindre le « renouement » de l’homme vers son élan vital. Du souffle épique d’Anabase au style volontairement dépouillé des textes du Grand âge, les poèmes de Saint-John Perse construisent, en une langue somptueuse, un édifice unique dans la littérature française moderne. L’œuvre entière, en une profonde cohérence, propose au lecteur de parcourir le réel humain comme « Une seule et longue phrase sans césure à jamais inintelligible ». …

Liste des œuvres
Cycle antillais
Éloges (1911) Images à Crusoé (1909), Écrit sur la porte (1910), Pour fêter une enfance (1910), Éloges (1911),
La Gloire des Rois (1948) Récitation à l’éloge d’une Reine (1910), Histoire du Régent (dans Éloges, 1911)

Cycle asiatique
Anabase (1924), La Gloire des Rois (1948), Amitié du Prince (1924), Chanson du Présomptif (1924), Berceuse (1945) (OCLC 39163431)

Cycle américain
Exil (1942) Exil (1942), Pluies (1944), Neiges (1944), Poème à l’étrangère (1944), Vents (1946), Amers (1957), Étranger, dont la voile… (1948), Et vous, mers…(1950), Midi, ses fauves, ses famines (1952), Mer de Baal, Mer de Mammon… (1953), Des villes hautes s’éclairaient…(1953), Étroits sont les vaisseaux… (1956),

Cycle provençal
Chronique (1960), Oiseaux (1962, titre original : L’Ordre des oiseaux, avec illustrations de Georges Braque
Chanté par Celle qui fut là (1969), Chant pour un équinoxe (1971), Derniers Poèmes (1975) Nocturne (1973), Sécheresse (1974),

Poèmes divers
Des villes sur trois modes (1908), Dernier Aveu (1908), Désir de créole (1908), Poème pour Valery Larbaud (1922), Silence pour Claudel, (1955), Cohorte ou Pour fêter des oiseaux (réécrit pour la Pléiade, 1972)
Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 1972, volume entièrement conçu par le poète lui-même sous anonymat, y compris la « Biographie », les notes et notices, la bibliographie, la correspondance (coupures, réécriture, voire écriture, etc.). Réédition augmentée en 1982.
L’Animale (posthume, 1981), L’Incertain (posthume, 2001)

Divers
Briand (discours prononcé à l’université de New York le 28 mars 1942 pour la commémoration du 80e anniversaire de la naissance d’Aristide Briand),
Poésie (allocution prononcée à Stockholm le 11 décembre 1960 à la cérémonie de remise du prix Nobel de littérature),
Pour Dante (discours prononcé à Florence le 20 avril 1965 pour l’inauguration du congrès international pour le 7e centenaire de Dante),
Croisière aux îles Éoliennes (notes personnelles prises en juillet 1967 lors de la cinquième et dernière croisière effectuée à bord de l’Aspara, 1re édition, 1987 dans Les Cahiers Saint-John Perse nos 8-9, nouvelle transcription présentée et annotée par Claude Thiébaut en 2012 dans Souffle de Perse, hors-série no 2),

Honneurs et distinctions
Le musée Saint-John Perse à Pointe-à-Pitre. Commandeur de la Légion d’honneur. Prix Nobel de littérature en 1960.
Un monument de bronze, Hommage à Saint-John Perse, du sculpteur Patrice Alexandre
Le musée Saint-John Perse lui est en partie consacré à Pointe-à-Pitre, sa ville natale.
Son nom a été donné à diverses voies, squares, avenues, à des établissements scolaires, à des médiathèques.
La promotion 2007 des conservateurs du patrimoine de l’Institut national du patrimoine porte son nom.

voir :  wikipedia

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