Le Pari de Pascal

Pascal : Raison et Coeur

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Le Pari est un argument philosophique mis au point par Blaise Pascal, philosophe, mathématicien et physicien français du XVIIe siècle.
L’argument tente de prouver qu’une personne rationnelle a tout intérêt à croire en Dieu, que Dieu existe ou non. En effet, si Dieu n’existe pas, le croyant et le non croyant ne perdent rien ou presque. Par contre, si Dieu existe, le croyant gagne le paradis tandis que le non croyant perd tout.
Le texte original du pari se trouve dans des fragments des Pensées.

Glossaire :
Pari – Affirmation que l’on fait sur un événement futur ou dont on n’a pas connaissance : ex. Je te fais le pari qu’il ne viendra pas.
Parier – ex. Parier vingt euros sur un cheval.
gager – Donner certainement son opinion sur quelque chose
croix / pile – Côté d’une pièce de monnaie qui portait une croix. (Le côté de pile, à l’opposé, portait l’écusson du souverain. D’où le jeu ancien à croix ou pile, équivalent de notre pile ou face.)
Croix ou pile
libertin – Se disait au XVIIe s. de quelqu’un qui manifestait son indépendance d’esprit par rapport aux enseignements du christianisme, et qui refusait toute soumission à l’Église.
incrédule : Qui est sceptique en matière religieuse ; incroyant
interlocuteur : Pascal a inventé un adversaire pour discuter dans le Pari.
piquet : Jeu de cartes qui se joue entre 2 joueurs avec un jeu de 32 cartes.
cela est demonstratif Q.E.D. [Quod erat demonstrandum]
les règles de partis. Partis – ca veut dire repartition ou division. C’était le problème posé a Pascal par le Chevalier de Méré – quand on a un jeu qui dure, qu’il y a beaucoup d’argent sur la table et qu’on doit separer. Comment faire le partis de jeu ?

Un exemple de matrice de décision comme celle utilisée plus tard :
Des amis nous ont invités à dîner, ce qui peut être composé de bœuf ou de poulet. Nous aimons le vin rouge avec du bœuf, et le tolérons avec le poulet. Nous aimons le vin blanc avec le poulet mais pas avec du bœuf. Quel vin allons-nous apporter ?
decision theory wine

L’ARGUMENT DU “PARI”

0. L’argument intitulé “Infini rien” inclut le modèle de jeu dans les “Pensées” de Pascal, dans lequel Pascal formule son “Pari”.

1. Le Problème pour Pascal:
Comment tourner l’incroyant vers ce Dieu qu’il ne cherche pas maintenant.

2. L’incrédule suivra volontiers l’analyse de la nature humaine, mais acceptera-t-il de passer du domaine de l’observation à celui de la foi ?  Comment le décider à franchir cet abîme ?  Pascal voudrait lui inspirer le désir de prendre cette décision capitale.
Il a ecrit :
L’immortalité de l’âme est une chose qui nous importe si fort, qui nous touche si profondément, qu’il faut avoir perdu tout sentiment pour être dans l’indifférence. Toutes nos actions et nos pensées doivent prendre des routes si différentes, selon qu’il y aura des biens éternels à espérer ou non.

3. La vie est en effet si peu de chose devant l’éternité qu’il est insensé de détourner les yeux de ce problème essentiel ; Comme a dit Pascal – “Un homme dans un cachot, ne sachant si son destin est décidé, n’ayant plus qu’une heure pour le faire révoquer, il est contre nature qu’il emploie cette heure-là, non à s’informer, mais à jouer au piquet”.

4. Pascal croit en Dieu mais il comprend la raison des (pr.en)incroyants et justifie leur (pr.en)incrédulité. Et son interlocuteur n’est pas le libertin érudit, qui connaît la Bible, qui a tous les arguments anti-religieux. Non, c’est un incroyant ordinaire.

5. Par l’argument du Pari, Pascal veut démontrer que, même sans le savoir, l’homme a tout intérêt à “parier” sur l’existence de Dieu et sur la religion chrétienne.

6. Quelle est cette foi, qui peut exister malgré toutes les preuves de la non-existence de Dieu, que le monde nous apporte. Comment maintenir cette foi?
Pascal aimait l’idée du Dieu caché – un Dieu absent mais existant. Pourquoi Dieu se cache-t-il? Pourquoi ce cache-cache? Pascal affronte ce problème et répond qu’il faut rechercher Dieu, qui se laissera trouver à condition que nous cherchions. Bien sûr, Pascal était également attaché à la théologie de la “grâce efficace”. La grâce efficace signifie que toute foi en Dieu ne peut venir que de Dieu et que nous ne pouvons rien faire pour l’atteindre.

7. Pascal savait qu’il pouvait lui-même devenir un incroyant, qu’il pouvait être abandonné par Dieu. Ce Dieu caché est un Dieu qui apparaît par intermittence.
Nous n’avons trouvé dans le Pari aucune preuve de l’existence de Dieu et il refuse toute démonstration. Si Dieu pouvait être démontré, il serait un objet de raison et il ne serait pas Dieu. Il serait un Dieu du philosophe, un Dieu de l’abstraction, un Dieu qui n’as pas de pris sur notre vie.
Pascal a écri :
8. S’il y a un Dieu, il est infiniment incompréhensible, puisque, n’ayant ni parties ni bornes il n’a nul rapport à nous. Nous sommes donc incapables de connaître ni ce qu’il est, ni même s’il est. Cela étant, qui osera entreprendre de résoudre cette question ? Ce n’est pas nous qui n’avons aucun rapport à lui. Qui blâmera donc les chrétiens de ne pouvoir rendre raison de leur créance, eux qui professent une religion dont ils ne peuvent rendre raison ?

9. Examinons donc ce point, et disons : « Dieu est, ou il n’est pas. » Mais de quel côté pencherons-nous ? La raison n’y peut rien determiner : il y a un chaos infini qui nous (pr. sépar) sépare. Il se joue un jeu, à l’extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile. Que gagerez-vous ?  Par raison, vous ne pouvez faire ni l’un ni l’autre ; par raison, vous ne pouvez défendre nul des deux.
La debat commence:
Pascal — Ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont pris un choix ; car vous n’en savez rien.

Interl — « Non ; mais je les blâmerai d’avoir fait, non ce choix, mais un choix ; car celui qui prend croix et l’autre, soient en pareille faute, ils sont tous deux en faute : le juste est de ne point parier. »

Pascal — Oui ; mais il faut parier. Cela n’est pas volontaire : vous êtes embarqué.*(né, vivant) Lequel prendrez-vous donc ? Voyons. Puisqu’il faut choisir, voyons ce qui vous intéresse le moins. . .

10. C’est une tension constante chez Pascal, un des grands mathématiciens, homme de raison, mais qui semblait dans “les pensées” hostile à la raison. Quelle est la place de la raison mathématique dans ce discours?
Decision Matrix
Pascal a éxpliqué :
11.
Pascal — Votre raison n’est pas plus blessée, en choisissant l’un que l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé.*(reglé) Mais votre béatitude ? * (bonheur). Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter.

Interl — “Cela est admirable. Oui, il faut gager ; mais je gage peut-être trop.”

Pascal — Voyons. Puisqu’il y a pareil hasard de gain et de perte, si vous n’aviez qu’à gagner deux vies pour une, vous pourriez encore gager ; mais s’il y en avait trois a gagner, il faudrait jouer (puisque vous êtes dans la nécessité de jouer), et vous seriez imprudent, lorsque vous êtes forcé de jouer, de ne pas hasarder votre vie pour en gagner trois, à un jeu où il y a pareil hasard de perte et de gain. Mais il y a une éternité de vie et de bonheur.

Même au cas où l’on n’aurait qu’une seule chance de gagner sur une infinité de hasards, on devrait encore hasarder une vie terrestre pur gagner “une infinité de vie infiniment heureuse.” Mais en réalité, les conditions sont encore plus favorables :

12. La caricature du pari Pascal est qu’il est un argument utilitariste. L’abbé de Villar a écrit qu’il était horrifié par le pari – qu’il avait transformé la religion en une sorte de négociation, que l’on gagnerait plus si on croyait, etc. Voltaire a déclaré que cet article lui paraissait indécent et puéril, que c’était un jeu de perte et de gain, non adapté à la gravité du sujet.
Un Cynique
un cynique

Le pari est a priori – “je ne sais rien, pas que Dieu existe, ni qu’il n’existe pas. Puisque je ne peux rien savoir, quel est mon intérêt de croire?” À partir de là, nous allons calculer – ce qui est une double provocation – un texte utilitaire qui influence la question de la foi en termes d’intérêt personnel et un texte scientifique qui convoque de nouvelles notions mathématiques appelées aujourd’hui probabilité et que Pascal appelle la géométrie du hasard ou les règles du parties.

13. N’y a-t-il pas néanmoins une différence avec les paris ordinaires ? Ne peut-on objecter “qu’il est incertain si on gagnera, et qu’il est certain qu’on hasarder” ? Il en est ainsi, dit Pascal, dans tous les jeux, et même dans tout la vie : “Tout joueur hasarde avec certitude pour gagner avec incertitude ; et néanmoins il hasarde certainement le fini pour gagner incertainement le fini, sans pécher contre la raison. ” Il est donc normal que l’on joue pour gagner incertainement l’infini.

Pascal — Et ainsi, notre proposition est dans une force infinie, quand il y a le fini à hasarder à un jeu où il y a pareils hasards de gain que de perte, et l’infini à gagner. Cela est démonstratif; et si les hommes sont capables de quelque vérité, celle-là l’est.

Interl — “Je le confesse, je l’avoue. Mais encore n’y a-t-il point moyen de voir le dessous du jeu” ?

Pascal -— Oui l’Écriture et le reste.

14. Cela ote tous partis. Def. “Faire le Hasards” pour Pascal est jouer avec les règles de partis. Partis – ca veut dire repartition ou division. C’était le problème posé a Pascal par le Chevalier de Méré – quand on a un jeu qui dure, qui est un jeu de pur hasard, qu’il y a beaucoup d’argent sur la table et qu’on doit separer, il faudrait pouvoir faire le partis de jeu.

Le problème pour Pascal est celui la. Comme on reparti, quelqu’un est plus proche de la victoire qu’un autre dans un jeu de pur hasard. Donc faire les partis pour Pascal c’est trouver un solution mathematique pour interromper le hasard. Nous arrêtons le jeu et tout le monde doit se procurer une somme proportionnelle à ses chances de gagner.

En fait le grand découverte mathématique de Pascal est qu’il existe un géométrie de hasard – la possibilite d’un comportement rationel – et bien que l’hasard soit non-déterminant. Il s’applique sur la réalité selon un sorte de raison particulier. Pascal invente cette formule qu’il met dans tous ces états – il a inventé le géométrie de hasard.

Donc le jeu existe. La question est: voulez-vous le quitter? Pascal demande ce que vous auriez si vous le quittiez. Il arrive alors à cette solution – il n’y a pas de partis (division des gains), car si vous quittez le jeu, vous perdez tout – et tout de suite. Les alternatives sont donc soit la certitude de perdre, soit la possibilité de continuer à jouer. Ce qu’on gagne, c’est la vie de celui qui croit, une vie de vertu, c’est la récompense certaine dans l’hypothèse de Pascal.

15.
Pascal — Nous N’Avons Rien A Perdre Tout a Gagner.

Interl — “Oui, mais j’ai les mains liées et la bouche muette. On me force à parier, et je ne suis pas en liberté, on ne me relâche pas. Et je suis fait d’une telle sorte que je ne puis croire. Que voulez-vous donc que je fasse ?”

Pascal — Il est vrai. Mais apprenez au moins que votre impuissance à croire vient de vos passions, puisque la raison vous y porte et que néanmoins vous ne le pouvez. Travaillez donc, non pas à vous convaincre par l’augmentation des preuves de Dieu, mais par la diminution de vos passions.
Vous voulez aller à la foi et vous n’en savez pas le chemin. Vous voulez vous guérir de l’infidélité et vous en demandez le remède. Apprenez de ceux qui ont été liés comme vous et qui parient maintenant tout leur bien, ce sont gens qui savent ce chemin que vous voudriez suivre, et guéris d’un mal dont vous voulez guérir. Suivez la manière par où ils ont commencé : C’est en faisant tout comme s’ils croyaient, en prenant de l’eau bénite, en faisant dire des messes, etc. Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira.

Interl -– “Mais c’est ce que je crains.”

Pascal — Et pourquoi ? Qu’avez‑vous à perdre ? Mais pour vous montrer que cela y mène, c’est que cela diminue les passions qui sont vos grands obstacles.

16.
Pascal — Or quel mal vous arrivera‑t‑il en prenant ce parti ? Vous serez fidèle, honnête, humble, reconnaissant, bienfaisant, ami, sincère, véritable… À la vérité vous ne serez point dans les plaisirs empestés, dans la gloire, dans les délices. Mais n’en aurez‑vous point d’autres ?
Je vous dis que vous y gagnerez en cette vie, et qu’à chaque pas que vous ferez dans ce chemin, vous verrez tant de certitude de gain et tant de néant de ce que vous hasardez, que vous connaîtrez à la fin que vous avez parié pour une chose certaine, infinie, pour laquelle vous n’avez rien donné.

Interl –- “Ô ce discours me transporte, me ravit. . .”

Pascal — Si ce discours vous plaît et vous semble fort, sachez qu’il est fait par un homme qui s’est mis à genoux auparavant et après, pour prier cet Être infini et sans parties, auquel il soumet tout le sien, de se soumettre aussi le vôtre, pour votre propre bien et pour sa gloire, et qu’ainsi la force s’accorde avec cette bassesse.

17. Dieu n’est pas l’objet du pari mais plutôt la vie d’un croyant.
La question généralement posée par rapport au pari est “Est-ce que Dieu existe ou non”. Mais c’est une autre question qu’il pose. C’est plutôt – quelle est la meilleure façon de vivre sa vie. Le mode de vie de celui qui croit que Dieu existe ou le mode de vie de celui qui croit que Dieu n’existe pas. Donc, cela concerne non pas l’existence de Dieu, mais l’existence du croyant contre le non-croyant. Pour des raisons que Pascal développe, il dit que le croyant a une vie meilleure.

L’analyse du texte de Pascal appelé “Infini rien” confirme ce point de vue. Son interlocuteur dans le texte se retire progressivement de son point de vue. D’abord, il ne veut pas parier, puis il a peur de trop mettre etc

C’est une discussion sur l’espoir, qu’espérez-vous? Mais si les choses ne se passent pas comme prévu, si Dieu n’existe pas, perd-on tout? Pascal répond “Non”. On est plus heureux, on n’a rien perdu. Il y a un espoir qui mérite d’être vécu.

La 2ème conséquence du texte est ce que Pascal appelle le “Discours de la Machine”. Il apporte une certaine discipline qui s’accorde avec son idée choquante de “l’abetissement” du croyant. Cela conduit le croyant à être un peu stupide, plutôt comme une bête ou un machine.

Voir GEF XIII, p. 180, la note de Brunschvicg : Les obstacles, c’est « le double libertinage de la vie et de la pensée ». On doit préparer la machine, c’est prendre l’attitude et pratiquer les œuvres du chrétien, c’est quitter les plaisirs et chasser les passions.

Voir GEF XIII, p. 180, la note de Brunschvicg : chercher par raison, – il faut comprendre que c’est par la raison qu’on montre qu’il faut chercher : il est raisonnable de chercher ; et il faut continuer parce qu’on n’a pas trouvé.
Le objection de plusieurs Dieux par Homer
Homer cods

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L’ARGUMENT DU “PARI” (C.V)

C’est ici le point delicat : L’incredule suivra volontiers la pénétrante analyse de la nature humaine, mais acceptera-t-il de passer du domaine de l’observation à celui de la foi ?  Comment le décider à franchir cet abîme ?  Pascal voudrait lui inspirer le désir de prendre cette décision capitale.

L’immortalité de l’âme est une chose qui nous importe si fort, qui nous touche si profondément, qu’il faut avoir perdu tout sentiment pour être dans l’indifférence de savoir ce qui en est. Toutes nos actions et nos pensées doivent prendre des routes si différentes, selon qu’il y aura des biens éternels à espérer ou non, qu’il est impossible de faire une démarche avec sens et jugement qu’en la réglant par la vue de ce point qui doit être notre dernier objet.

Ainsi notre premier intérêt et notre premier devoir est de nous éclaircir sur ce sujet d’où dépend toute notre conduite. Et c’est pourquoi parmi ceux qui n’en sont pas persuadés, je fais une extrême différence entre ceux qui travaillent de toutes leurs forces à s’en instruire, et ceux qui vivent sans s’en mettre en peine et sans y penser.  . . Cette négligence en une affaire où il s’agit d’eux-mêmes, de leur éternité, de leur tout, m’irrite plus qu’elle ne m’attendrit, elle m’étonne et m’épouvante, c’est un monstre pour moi.  . . (194)

La vie est en effet si peu de chose devant l’éternité qu’il est insensé de détourner les yeux de ce problème essentiel ;  “Un homme dans un cachot, ne sachant si son arrêt est donné, n’ayant plus qu’une heure pour l’apprendre, cette heure suffisant s’il sait qu’il est donné pour le faire révoquer, il est contre nature qu’il emploie cette heure-là, non à s’informer si l’arrêt est donné, mais à jouer au piquet.   Ainsi il est surnaturel que l’homme, etc.”  (200).

Par l’argument du Pari (233), Pascal s’efforce de démontrer pour ainsi dire mathematiquement, que dans l’ignorance, l’homme a tout intérêt à “parier” pour l’existence de Dieu et plus précisément pour la religion chrétienne.

1.  “Il Faut Parier : Vous Étes Embarqué”.
Notre raison ne nous permet pas de trancher la question de l’existence de Dieu.   Aussi ne peut-on reprocher aux chrétiens de ne pas la démontrer ;  ils affirment eux-mêmes que leur croyance échappe à la raison. Mais nous ne pouvons pas rester dans le doute : il faut parier pour ou contre :

Examinons donc ce point, et disons : « Dieu est, ou il n’est pas. » Mais de quel côté pencherons-nous ? La raison n’y peut rien determiner : il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu, à l’extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile. Que gagerez-vous ?  Par raison, vous ne pouvez faire ni l’un ni l’autre ; par raison, vous ne pouvez défendre nul des deux.

Ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont pris un choix ; car vous n’en savez rien
— « Non ; mais je les blâmerai d’avoir fait, non ce choix, mais un choix ; car, encore que celui qui prend croix et l’autre soient en pareille faute, ils sont tous deux en faute : le juste est de ne point parier. »
— Oui ; mais il faut parier. Cela n’est pas volontaire : vous êtes embarqué. Lequel prendrez-vous donc ? Voyons. Puisqu’il faut choisir, voyons ce qui vous intéresse le moins. . .

2. Nous Avons Avantage a Parier Que Dieu Est :
— Votre raison n’est pas plus blessée, en choisissant l’un que l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter.
— “Cela est admirable. Oui, il faut gager ; mais je gage peut-être trop.”
— Voyons. Puisqu’il y a pareil hasard de gain et de perte, si vous n’aviez qu’à gagner deux vies pour une, vous pourriez encore gager ; mais s’il y en avait trois a gegner,il faudrait jouer (puisque vous êtes dans la nécessité de jouer), et vous seriez imprudent, lorsque vous êtes forcé de jouer, de ne pas hasarder votre vie pour en gagner trois, à un jeu où il y a pareil hasard de perte et de gain. Mais il y a une éternité de vie et de bonheur.

Même au cas où l’on n’aurait qu’une seule chance de gagner sur une infinité de hasards, on devrait encore hasarder une vie terrestre pur gagner “une infinité de vie infiniment heureuse.” Mais en réalité, les conditions sont encore plus favorables :

Mais il y a ici une infinité de vie infiniment heureuse à gagner, un hasard de gain contre un nombre fini de hasards de perte, et ce que vous jouez est fini.  Cela ôte tout parti : partout où est l’infini, et où il n’y a pas infinité de hasards de perte contre celui du gain, il n’y a point à balancer, il faut tout donner.  Et ainsi, quand on est forcé à jouer, il faut renoncer à la raison pour garder la vie, plutôt que de la hasarder pour le gain infini aussi prêt à arriver que la perte du néant.

N’y a-t-il pas néanmoins une différence avec les paris ordinaires ? Ne peut-on objecter “qu’il est incertain si on gagnera, et qu’il est certain que on hasarder” ? Il en est ainsi, dit Pascal, dans tous les jeux, et même dans tout la vie : “Tout joueur hasarde avec certitude pour gagner avec incertitude ; et néanmoins il hasarde certainement le fini pour gagner incertainement le fini, sans pécher contre la raison. ” Il est donc normal que l’on joue pour gagner incertainement l’infini.

Et ainsi, notre proposition est dans une force infinie, quand il y a le fini à hasarder à un jeu où il y a pareils hasards de gain que de perte, et l’infini à gagner. Cela est démonstratif; et si les hommes sont capables de quelque vérité, celle-là l’est.
— “Je le confesse, je l’avoue. Mais encore n’y a-t-il point moyen de voir le dessous du jeu” ?
— Oui l’Écriture et le reste, etc.

3. Nous N’Avons Rien A Perdre Tout a Gagner.
— “Oui, mais j’ai les mains liées et la bouche muette. On me force à parier, et je ne suis pas en liberté, on ne me relâche pas. Et je suis fait d’une telle sorte que je ne puis croire. Que voulez-vous donc que je fasse ?”
— Il est vrai. Mais apprenez au moins que votre impuissance à croire vient de vos passions, puisque la raison vous y porte et que néanmoins vous ne le pouvez, vient de vos passions. Travaillez donc, non pas à vous convaincre par l’augmentation des preuves de Dieu, mais par la diminution de vos passions.

Vous voulez aller à la foi et vous n’en savez pas le chemin. Vous voulez vous guérir de l’infidélité et vous en demandez le remède. Apprenez de ceux qui ont été liés comme vous et qui parient maintenant tout leur bien, ce sont gens qui savent ce chemin que vous voudriez suivre, et guéris d’un mal dont vous voulez guérir. Suivez la manière par où ils ont commencé : C’est en faisant tout comme s’ils croyaient, en prenant de l’eau bénite, en faisant dire des messes, etc. Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira.
-– “Mais c’est ce que je crains.”
— Et pourquoi ? Qu’avez‑vous à perdre ? Mais pour vous montrer que cela y mène, c’est que cela diminue les passions qui sont vos grands obstacles.

Fin de ce discours.
— Or quel mal vous arrivera‑t‑il en prenant ce parti ? Vous serez fidèle, honnête, humble, reconnaissant, bienfaisant, ami, sincère, véritable… À la vérité vous ne serez point dans les plaisirs empestés, dans la gloire, dans les délices. Mais n’en aurez‑vous point d’autres ?
Je vous dis que vous y gagnerez en cette vie, et qu’à chaque pas que vous ferez dans ce chemin, vous verrez tant de certitude de gain et tant de néant de ce que vous hasardez, que vous connaîtrez à la fin que vous avez parié pour une chose certaine, infinie, pour laquelle vous n’avez rien donné.

–- “Ô ce discours me transporte, me ravit, etc.”
— Si ce discours vous plaît et vous semble fort, sachez qu’il est fait par un homme qui s’est mis à genoux auparavant et après, pour prier cet Être infini et sans parties, auquel il soumet tout le sien, de se soumettre aussi le vôtre, pour votre propre bien et pour sa gloire, et qu’ainsi la force s’accorde avec cette bassesse.

[ 2 Notes :
Voir GEF XIII, p. 180, la note de Brunschvicg : les obstacles, c’est « le double libertinage de la vie et de la pensée ». Préparer la machine, c’est prendre l’attitude et pratiquer les œuvres du chrétien, c’est quitter les plaisirs et chasser les passions.

Voir GEF XIII, p. 180, la note de Brunschvicg : chercher par raison, « c’est se guérir du scepticisme en comprenant la relation que la raison soutient avec la foi ». Il semble que ce soit un contresens : le discours de la machine (l’argument du pari) ne démontre pas qu’on doit chercher par raison, c’est-à-dire par le moyen de la raison ; c’est même le contraire. En fait, il faut comprendre que c’est par la raison qu’on montre qu’il faut chercher : il est raisonnable de chercher ; et il faut continuer parce qu’on n’a pas trouvé. Cela répond bien à “Infini rien”. ]

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2nd instance of C.V.

L’ARGUMENT DU “PARI” (C.V)

C’est ici le point delicat : L’incredule suivra volontiers la pénétrante analyse de la nature humaine, mais acceptera-t-il de passer du domaine de l’observation à celui de la foi ?  Comment le décider à franchir cet abîme ?  Pascal voudrait lui inspirer le désir de prendre cette décision capitale.

L’immortalité de l’âme est une chose qui nous importe si fort, qui nous touche si profondément, qu’il faut avoir perdu tout sentiment pour être dans l’indifférence de savoir ce qui en est. Toutes nos actions et nos pensées doivent prendre des routes si différentes, selon qu’il y aura des biens éternels à espérer ou non, qu’il est impossible de faire une démarche avec sens et jugement qu’en la réglant par la vue de ce point qui doit être notre dernier objet.

Ainsi notre premier intérêt et notre premier devoir est de nous éclaircir sur ce sujet d’où dépend toute notre conduite. Et c’est pourquoi parmi ceux qui n’en sont pas persuadés, je fais une extrême différence entre ceux qui travaillent de toutes leurs forces à s’en instruire, et ceux qui vivent sans s’en mettre en peine et sans y penser.  . . Cette négligence en une affaire où il s’agit d’eux-mêmes, de leur éternité, de leur tout, m’irrite plus qu’elle ne m’attendrit, elle m’étonne et m’épouvante, c’est un monstre pour moi.  . . (194)

La vie est en effet si peu de chose devant l’éternité qu’il est insensé de détourner les yeux de ce problème essentiel ;  “Un homme dans un cachot, ne sachant si son arrêt est donné, n’ayant plus qu’une heure pour l’apprendre, cette heure suffisant s’il sait qu’il est donné pour le faire révoquer, il est contre nature qu’il emploie cette heure-là, non à s’informer si l’arrêt est donné, mais à jouer au piquet.   Ainsi il est surnaturel que l’homme, etc.”  (200).

Par l’argument du Pari (233), Pascal s’efforce de démontrer pour ainsi dire mathematiquement, que dans l’ignorance, l’homme a tout intérêt à “parier” pour l’existence de Dieu et plus précisément pour la religion chrétienne.

1.  “Il Faut Parier : Vous Étes Embarqué”.
Notre raison ne nous permet pas de trancher la question de l’existence de Dieu.   Aussi ne peut-on reprocher aux chrétiens de ne pas la démontrer ;  ils affirment eux-mêmes que leur croyance échappe à la raison. Mais nous ne pouvons pas rester dans le doute : il faut parier pour ou contre :

Examinons donc ce point, et disons : « Dieu est, ou il n’est pas. » Mais de quel côté pencherons-nous ? La raison n’y peut rien determiner : il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu, à l’extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile. Que gagerez-vous ?  Par raison, vous ne pouvez faire ni l’un ni l’autre ; par raison, vous ne pouvez défendre nul des deux.

Ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont pris un choix ; car vous n’en savez rien
— « Non ; mais je les blâmerai d’avoir fait, non ce choix, mais un choix ; car, encore que celui qui prend croix et l’autre soient en pareille faute, ils sont tous deux en faute : le juste est de ne point parier. »
— Oui ; mais il faut parier. Cela n’est pas volontaire : vous êtes embarqué. Lequel prendrez-vous donc ? Voyons. Puisqu’il faut choisir, voyons ce qui vous intéresse le moins. . .

2. Nous Avons Avantage a Parier Que Dieu Est :
— Votre raison n’est pas plus blessée, en choisissant l’un que l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter.
— “Cela est admirable. Oui, il faut gager ; mais je gage peut-être trop.”
— Voyons. Puisqu’il y a pareil hasard de gain et de perte, si vous n’aviez qu’à gagner deux vies pour une, vous pourriez encore gager ; mais s’il y en avait trois a gegner,il faudrait jouer (puisque vous êtes dans la nécessité de jouer), et vous seriez imprudent, lorsque vous êtes forcé de jouer, de ne pas hasarder votre vie pour en gagner trois, à un jeu où il y a pareil hasard de perte et de gain. Mais il y a une éternité de vie et de bonheur.

Même au cas où l’on n’aurait qu’une seule chance de gagner sur une infinité de hasards, on devrait encore hasarder une vie terrestre pur gagner “une infinité de vie infiniment heureuse.” Mais en réalité, les conditions sont encore plus favorables :

Mais il y a ici une infinité de vie infiniment heureuse à gagner, un hasard de gain contre un nombre fini de hasards de perte, et ce que vous jouez est fini.  Cela ôte tout parti : partout où est l’infini, et où il n’y a pas infinité de hasards de perte contre celui du gain, il n’y a point à balancer, il faut tout donner.  Et ainsi, quand on est forcé à jouer, il faut renoncer à la raison pour garder la vie, plutôt que de la hasarder pour le gain infini aussi prêt à arriver que la perte du néant.

N’y a-t-il pas néanmoins une différence avec les paris ordinaires ? Ne peut-on objecter “qu’il est incertain si on gagnera, et qu’il est certain que on hasarder” ? Il en est ainsi, dit Pascal, dans tous les jeux, et même dans tout la vie : “Tout joueur hasarde avec certitude pour gagner avec incertitude ; et néanmoins il hasarde certainement le fini pour gagner incertainement le fini, sans pécher contre la raison. ” Il est donc normal que l’on joue pour gagner incertainement l’infini.

Et ainsi, notre proposition est dans une force infinie, quand il y a le fini à hasarder à un jeu où il y a pareils hasards de gain que de perte, et l’infini à gagner. Cela est démonstratif; et si les hommes sont capables de quelque vérité, celle-là l’est.
— “Je le confesse, je l’avoue. Mais encore n’y a-t-il point moyen de voir le dessous du jeu” ?
— Oui l’Écriture et le reste, etc.

3. Nous N’Avons Rien A Perdre Tout a Gagner.
— “Oui, mais j’ai les mains liées et la bouche muette. On me force à parier, et je ne suis pas en liberté, on ne me relâche pas. Et je suis fait d’une telle sorte que je ne puis croire. Que voulez-vous donc que je fasse ?”
— Il est vrai. Mais apprenez au moins que votre impuissance à croire vient de vos passions, puisque la raison vous y porte et que néanmoins vous ne le pouvez, vient de vos passions. Travaillez donc, non pas à vous convaincre par l’augmentation des preuves de Dieu, mais par la diminution de vos passions.

Vous voulez aller à la foi et vous n’en savez pas le chemin. Vous voulez vous guérir de l’infidélité et vous en demandez le remède. Apprenez de ceux qui ont été liés comme vous et qui parient maintenant tout leur bien, ce sont gens qui savent ce chemin que vous voudriez suivre, et guéris d’un mal dont vous voulez guérir. Suivez la manière par où ils ont commencé : C’est en faisant tout comme s’ils croyaient, en prenant de l’eau bénite, en faisant dire des messes, etc. Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira.
-– “Mais c’est ce que je crains.”
— Et pourquoi ? Qu’avez‑vous à perdre ? Mais pour vous montrer que cela y mène, c’est que cela diminue les passions qui sont vos grands obstacles.

Fin de ce discours.
— Or quel mal vous arrivera‑t‑il en prenant ce parti ? Vous serez fidèle, honnête, humble, reconnaissant, bienfaisant, ami, sincère, véritable… À la vérité vous ne serez point dans les plaisirs empestés, dans la gloire, dans les délices. Mais n’en aurez‑vous point d’autres ?
Je vous dis que vous y gagnerez en cette vie, et qu’à chaque pas que vous ferez dans ce chemin, vous verrez tant de certitude de gain et tant de néant de ce que vous hasardez, que vous connaîtrez à la fin que vous avez parié pour une chose certaine, infinie, pour laquelle vous n’avez rien donné.

–- “Ô ce discours me transporte, me ravit, etc.”
— Si ce discours vous plaît et vous semble fort, sachez qu’il est fait par un homme qui s’est mis à genoux auparavant et après, pour prier cet Être infini et sans parties, auquel il soumet tout le sien, de se soumettre aussi le vôtre, pour votre propre bien et pour sa gloire, et qu’ainsi la force s’accorde avec cette bassesse.

[ 2 Notes :
Voir GEF XIII, p. 180, la note de Brunschvicg : les obstacles, c’est « le double libertinage de la vie et de la pensée ». Préparer la machine, c’est prendre l’attitude et pratiquer les œuvres du chrétien, c’est quitter les plaisirs et chasser les passions.

Voir GEF XIII, p. 180, la note de Brunschvicg : chercher par raison, « c’est se guérir du scepticisme en comprenant la relation que la raison soutient avec la foi ». Il semble que ce soit un contresens : le discours de la machine (l’argument du pari) ne démontre pas qu’on doit chercher par raison, c’est-à-dire par le moyen de la raison ; c’est même le contraire. En fait, il faut comprendre que c’est par la raison qu’on montre qu’il faut chercher : il est raisonnable de chercher ; et il faut continuer parce qu’on n’a pas trouvé. Cela répond bien à “Infini rien”. ]

end of 2nd instance of CV CV

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THE ARGUMENT OF “The Wager” (CV)

This is the delicate point : The unbeliever will willingly follow the penetrating analysis of human nature, but will he accept to pass from the domain of observation to that of faith?   How to decide to cross this abyss? Pascal would like to inspire him with the desire to make this momentous decision.

The immortality of the soul is a thing that is so important to us, that touches us so deeply, that we must have lost all feeling to be in indifferent to knowing about it.  All our actions and our thoughts must take such different routes, according to whether there are eternal benefits to hope for or not, that it is impossible to take a step with sense and judgment, unless regulated by this viewpoint, which must provide our ultimate purpose.

Thus our first interest and duty is to enlighten ourselves on this subject, on which all our conduct depends.  And that is why among those who are not convinced of it, I see a enormous difference between those who work with all their strength to educate themselves, and those who live without bothering or thinking about it. . . This negligence in a case which is about themselves, their eternity, their totality, irritates me more than it moves me to compassion ; it surprises  and frightens me,  for me it’s monstrous . . . (194)

Life is indeed so brief compared to eternity that it is foolish to turn away from this essential problem ;
“A man in a dungeon, not knowing if his fate is sealed, having only one hour to find out, this being enough time if he knows it is, to have it revoked, it is against nature that he uses this hour, not to inquire about it, but to play games. Thus it is bizarre that man, etc. “(200).

By the argument of Pari (233), Pascal strives to demonstrate, so to speak mathematically, that in ignorance, man has every interest in “wagering” for the existence of God and more specifically for the Christian religion .

1. “You have to bet: you have embarked”.
Our reason does not allow us to decide the question of the existence of God. Therefore, we can not reproach Christians for not demonstrating it; they themselves claim that their belief escapes reason. But we can not remain in doubt: we must bet for or against:
Let us examine this point and let’s say : “God is, or He is not.” But to which side shall we incline? Reason can not determine anything here. There is an infinite chaos which separates us. A game is being played at the extremity of this infinite distance where “heads” or “tails” will turn up. Which way will you bet?
By reason, you can not do either; by reason, you can not defend either of the two.

So do not blame those who have made a choice; because you do not know anything about it.
— No ; but I will blame them for having made, not this choice, but a choice; for though he who takes “heads” and the other “tails” are equally blameworthy, they are both at fault: the right way is not to bet at all.
— Yes, but you have to bet; it is not voluntary: you have embarked. Which one will you take then? Let’s see. Since it’s necessary to choose, let us see which interests you least. . .

2. We Gain by Betting that God Exists:
— Your reason is no more hurt, choosing one than the other, since it is necessary to choose. So that point is void. But your bliss? Weigh the gain and the loss, taking “heads” that God is. Let’s consider these two cases: if you win, you win everything; if you lose, you lose nothing. So make a wager then that He exists, without hesitation.
— “This is admirable. Yes, we must bet; but I may be betting too much. ”
— Let’s see. Since there is equal chance of gain and loss, if you could only win two lives for one, you could still bet; but if there were three to win, you would have to play (since of necessity you must play), and you would be imprudent, when you are forced to play, not to risk your life to gain three, in a game where there is equal chance of loss and gain. But there is an eternity of life and happiness.

Even if we only have one chance to win over an infinite number of wagers, we should still risk a terrestrial life to win “an infinite and  infinitely happy life.”  But in reality, conditions are even more favourable:

But there is here an infinity of  infinitely happy life to win, a chance of gain against a finite number of chances of loss, and what you risk is finite. This removes all hesitation: wherever the infinite is, and where there is no infinity of chances of loss against that of gain, there is nothing to weigh up, one must give everything.  And so, since one is forced to play, one must renounce reason to keep ones life, especially by risking it for infinite gain just as sure to arrive as your other (worldly) nothingness is to depart.

Is there not nevertheless a difference with ordinary bets? Can we not object “that it is uncertain if we win, and that it is certain that we venture”?
It is so, says Pascal, in all games, and even in all life: “Every gambler ventures with certainty to win with uncertainty; and yet he certainly risks the finite to gain uncertainly the finite, without sinning against reason.
“It is therefore OK that we play without certainty to gain infinity. And so, our proposition has an infinite force, when there is the finite wager in a game where there are the same chances of gain as of loss, and the infinite to win. This is obvious; and if men are capable of any truth, that is it.
— “I confess, I admit it. But is there no way to see what the game is based on?
— Yes, Scripture and the rest, etc.

3. We have nothing to lose everything to gain.
— “Yes, but my hands are tied and my mouth is mute. I’m forced to bet, and I’m not at liberty, I’m not released. And I’m made in such a way that I can not believe. What do you want me to do? ”

— It’s true. But learn at least that your inability to believe comes from your passions, since the fact that reason brings you there and nevertheless you can not, comes from your passions. Work then, not to convince yourself by increasing the proofs of God, but by diminishing your passions.

You want to go to faith and you do not know the way. You want to heal yourself of infidelity and ask for a cure. Learn from those who have been chained like you but who now bet everything; they are people who know what path you would like to follow, and how to heal an illness that you want to heal.
Follow the way in which they started: It is by doing everything as if they believed, by taking holy water, by saying masses, etc. Of course even that will make you believe and you will be stupid. [le mot abêtir chez Pascal ?]

— “But that’s what I fear.”
— And why? What do you have to lose? But to show you that it leads there, is that it diminishes the passions that are your big obstacles.

End of this speech .
— But what harm will happen to you by taking this wager? You will be faithful, honest, humble, grateful, neighbourly, friendly, sincere, true … In truth you will not be corrupted by pleasures, glory, or by delights. But will you not have others?

I tell you that you will gain in this life, and at every step that you will take in this way, you will see so much the certainty of gain and so much the nothingness of what you risk, that you will know at the end that you have bet for something certain, infinite, for which you have given nothing.

— “O this speech transports me, delights me, etc.”
— If this speech pleases you and seems to you strong, know – that it is made by a man who knelt before and after, to pray to this Being, infinite and without parts, to which he submits all he has, – to submit also yours, for your own good and for his glory, and that strength thus goes with this low status.

[ 2 Notes:
See GEF XIII, p. 180, Brunschvicg’s note: obstacles are “the double libertinism of life and thought”. To prepare the machine is to take the attitude and practice the works of the Christian, it is to leave the pleasures and to chase away the passions.

See GEF XIII, p. 180, Brunschvicg’s note: to seek by reason, “it is to heal scepticism by understanding the relationship that reason supports faith”. It seems to be a misinterpretation: the discourse of the machine (the argument of the bet) does not demonstrate that one must seek by reason, that is to say by means of reason; it’s the opposite. In fact, it is necessary to understand that it is by the reason that one shows that one must seek: it is reasonable to seek; and we must continue because we have not found. This corresponds well to Pascal’s “Infinite nothing”. ]

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Émission diffusée sur France Culture le 31.12.2008.
Par Raphaël Enthoven et François Caunac.

“Infini rien”

L’argument intitulé “Infini rien” inclut le modèle de jeu dans les “pensées” de Pascal, dans lequel Pascal formule son “Pari”.
Problème:
Comment tourner l’incroyant vers ce Dieu qu’il ne cherche pas maintenant. Nous connaissons l’existence et la nature du fini parce que nous sommes finis et étendus comme cela. Nous connaissons l’existence de l’infini mais pas sa nature, car il s’étend comme nous mais n’a pas de bornes comme nous. Mais nous ne connaissons ni l’existence ni la nature de Dieu car il n’a ni extension ni bornes.

Réponse de Pascal:
Pascal croit en Dieu mais il donne raison aux incroyants. Il comprend la raison des incroyants et utilise une partie considérable de “l’apologie” pour justifier leur incrédulité. Et son interlocuteur n’est pas le libertin érudit, qui connaît la Bible, qui a tous les arguments anti-religieux. C’est pourquoi Pascal, malgré toute sa conviction et sa foi absolument vivante, reste aujourd’hui un interlocuteur de premier ordre.
Quelle est cette foi, qui peut exister malgré toutes les preuves de la non-existence de Dieu, que le monde nous apporte. Comment maintenir cette foi?

Pascal aimait l’idée du Dieu caché – un Dieu absent mais existant. Pourquoi Dieu se cache-t-il? Pourquoi ce cache-cache? Pascal affronte ce problème et répond qu’il faut rechercher Dieu. Il se laissera trouver à condition que nous cherchions. Bien sûr, Pascal serait également attaché à la théologie augustinienne de la “grâce efficace”.

La grâce efficace signifie que toute foi en Dieu ne peut venir que de Dieu et que nous ne pouvons rien faire pour l’atteindre. Cela pose un problème de logique immédiate – pourquoi quelqu’un qui a convaincu que la grâce est donnée, a-t-il passé toutes les dernières années de sa vie à écrire une apologie de la religion chrétienne pour convaincre les libertins. Car, de toute façon, il n’y a que de la grâce.
Mais l’amour consiste avant tout à chercher – à sentir que nous avons trouvé quelqu’un, à avoir le sentiment que nous avons quelqu’un.

Pascal avait la conscience permanente qu’il pouvait devenir incroyant, qu’il pouvait être abandonné par Dieu. Ce Dieu caché est un Dieu qui apparaît par intermittence, c’est un Dieu qui séduit, qui inonde de sa joie..

Nous n’avons trouvé en Pascal aucune preuve de l’existence de Dieu et il refuse toute démonstration. Si Dieu pouvait être démontré, il serait un objet de raison et il ne serait pas Dieu. Il serait un Dieu du philosophe, un Dieu de l’abstraction, un Dieu qui n’as pas de pris sur notre vie.

12:16 Commencement d'”infini rien” ou “le discours de la machine”
Note :
[Pascal parle d’un “discours de la machine”. Il existe une certaine relation entre la machine et l’esprit humain: on se souvient que la “pascaline” faisait des calculs. Mais la “machine” est, dans le pari, comme une horloge dont les mouvements sont fixes. Il incline un humain vers un comportement, destiné à être fixé par l’habitude, de manière à devenir pour lui une “seconde nature”.]

S’il y a un Dieu, il est infiniment incompréhensible, puisque, n’ayant ni parties ni bornes il n’a nul rapport à nous. Nous sommes donc incapables de connaître ni ce qu’il est, ni s’il est. Cela étant, qui osera entreprendre de résoudre cette question ? Ce n’est pas nous qui n’avons aucun rapport à lui.

Qui blâmera donc les chrétiens de ne pouvoir rendre raison de leur créance, eux qui professent une religion dont ils ne peuvent rendre raison ? Ils déclarent en l’exposant au monde que c’est une sottise, stultitiam : et puis vous vous plaignez de ce qu’ils ne la prouvent pas. S’ils la prouvaient, ils ne tiendraient pas parole. C’est en manquant de preuve qu’ils ne manquent pas de sens.

Examinons donc ce point et disons : Dieu est ou il n’est pas. Mais de quel côté pencherons‑nous ? La raison n’y peut rien déterminer. Il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu à l’extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile. Que gagerez‑vous ? Par raison vous ne pouvez faire ni l’un ni l’autre. Par raison vous ne pouvez défendre nul des deux.

C’est une tension constante chez Pascal, un des grands mathématiciens, homme de raison, mais qui semblait dans “les pensées” hostile à la raison. Quelle est la place de la raison mathématique dans ce discours?

La caricature du pari Pascal est qu’il est un argument utilitariste. L’abbé de Villar a écrit qu’il était horrifié par le pari – qu’il avait transformé la religion en une sorte de négociation, que l’on gagnerait plus si on croyait, etc. Voltaire a déclaré que cet article lui paraissait indécent et puéril, que c’était un jeu de perte et de gain, non adapté à la gravité du sujet.

Le pari est a priori – je ne sais rien, pas que Dieu existe, ni qu’il n’existe pas. Puisque je ne peux rien savoir, quel est mon intérêt de croire? À partir de là, nous allons calculer – une double provocation – un texte utilitaire qui influence la question de la foi en termes d’intérêt personnel et un texte scientifique qui convoque de nouvelles notions mathématiques appelées aujourd’hui probabilité et que Pascal appelle la géométrie du hasard ou les règles du parties.

Voyons. puisqu’il y a pareil hasard de gain et de perte, si vous n’aviez qu’à gagner deux vies pour une, vous pourriez encore gagner ; mais s’il y en avait trois à gagner, il faudrait encore jouer (puisque vous êtes dans la nécessité de jouer), et vous seriez imprudent, lorsque vous êtes forcé de jouer, de ne pas hasarder votre vie pour en gagner trois, à un jeu où il y a pareil hasard de perte et de gain. Mais il y a une éternité de vie et de bonheur.

Et cela étant, quand il aurait une infinité de hasards, dont un seul serait pour vous, vous auriez encore raison de gager un pour avoir deux ; et vous agiriez de mauvais sens, en étant obligé à jouer, de refuser de jouer une vie contre trois à un jeu où d’une infinité de hasards il y en a un pour vous, s’il y avait une infinité de vie infiniment heureuse à gagner.

Car il ne sert de rien de dire qu’il est incertain si on gagnera, et qu’il est certain qu’on hasarde, et que l’infinie distance qui est entre la certitude de ce qu’on s’expose, et l’incertitude de ce qu’on gagnera, égale le bien fini, qu’on expose certainement, à l’infini, qui est incertain.

Mais l’incertitude de gagner est proportionnée à la certitude de ce qu’on hasarde, selon la proportion des hasards de gain et de perte. . . . Et ainsi, notre proposition est dans un force infinie, quand il y a le fini à hasarder à un jeu où il y a pareils hasards de gain que de perte, et l’infini à gagner.
Cela est démonstratif ; et si les hommes sont capables de quelque vérité, celle-là l’est.
23:15

Il y a un infinité de vie infiniment heureuse a gagner, un hasard de gain contre un nombre fini de hasard de perte et ce que vous jouez est fini. Cela ote tous partis. Def. “Faire le Hasards” pour Pascal est jouer avec les règles de partis. Partis – ca veut dire repartition ou division. C’était le problème posé a Pascal par le Chevalier de Méré – quand on a un jeu qui dure, qui est un jeu de pur hasard, qu’il y a beaucoup d’argent sur la table et qu’on doit separer, il faudrait pouvoir faire le partis de jeu.

Le problème pour Pascal est celui la. Comme on reparti, quelqu’un est plus proche de la victoire qu’un autre dans un jeu de pur hasard. Donc faire les partis pour Pascal c’est trouver un solution mathematique pour interromper le hasard. Nous arrêtons le jeu et tout le monde doit se procurer une somme proportionnelle à ses chances de gagner.

En fait le grand découverte mathématique de Pascal est qu’il existe un géométrie de hasard – la possibilite d’un comportement rationel – et bien que l’hasard soit non-déterminant. Il s’applique sur la réalité selon un sorte de raison particulier. Pascal invente cette formule qu’il met dans tous ces états – il a inventé le géométrie de hasard.

Vous avez placé 60 jetons sur la table. Si vous quittez le jeu, vous obtenez maintenant 48 jetons. Vous avez le choix de continuer à jouer. La question est: faut-il quitter la partie? Les gens imaginent toujours en ce qui concerne le pari de Pascal que nous sommes au début du match. Devrions-nous parier pour Dieu ou non pour Dieu? Mais Pascal dit que nous sommes déjà dans le match. Nous sommes nés, nous sommes en vie et nous sommes déjà embarqués. Les dés sont déjà jetés pour vous à votre avantage. En termes chrétiens, c’est la grâce.

Donc le jeu existe. La question est: voulez-vous le quitter? Pascal demande ce que vous auriez si vous le quittiez. Il arrive alors à cette solution – il n’y a pas de partis (division des gains), car si vous quittez le jeu, vous perdez tout – et tout de suite. Les alternatives sont donc soit la certitude de perdre, soit la possibilité de continuer à jouer. Ce qu’on gagne, c’est la vie de celui qui croit, une vie de vertu, c’est la récompense certaine dans l’hypothèse de Pascal.

Dieu n’est pas l’objet du pari mais plutôt la vie d’un croyant.
La question généralement posée par rapport au pari est “Est-ce que Dieu existe ou non”. Mais c’est une autre question qu’il pose. C’est plutôt – quelle est la meilleure façon de vivre sa vie. Le mode de vie de celui qui croit que Dieu existe ou le mode de vie de celui qui croit que Dieu n’existe pas. Donc, cela concerne non pas l’existence de Dieu, mais l’existence du croyant contre le non-croyant. Pour des raisons que Pascal développe, il dit que le croyant a une vie meilleure.

L’analyse du texte de Pascal appelé “Infini rien” confirme ce point de vue. Son interlocuteur dans le texte se retire progressivement de son point de vue. D’abord, il ne veut pas parier, puis il a peur de trop miser. . c’est une discussion sur l’espoir, qu’espérez-vous? Mais si les choses ne se passent pas comme prévu, si Dieu n’existe pas, perd-on tout? Pascal répond “Non”. On est plus heureux, on n’a rien misé, on n’a rien perdu. A qui s’adresse-t-il? C’est comme si Pascal parlait au nom du joueur qui n’a pas sa place dans le reste des Pensées. C’est un texte qui rend la religion plus attrayante. Il y a un espoir qui mérite d’être vécu. Mais il ne va pas trop loin. Il ne prend pas le lecteur pour rencontrer Dieu.

La 2ème conséquence du texte est ce que Pascal appelle le “Discours de la Machine”. Il apporte une certaine discipline qui s’accorde avec la fin du texte et son idée choquante de “l’abetissement” du croyant. Cela conduit le croyant à être un peu stupide, plutôt à une bête.

– Or quel mal vous arrivera‑t‑il en prenant ce parti ? Vous serez fidèle, honnête, humble, reconnaissant, bienfaisant, ami, sincère, véritable… À la vérité vous ne serez point dans les plaisirs empestés, dans la gloire, dans les délices. Mais n’en aurez‑vous point d’autres ?
Je vous dis que vous y gagnerez en cette vie, et qu’à chaque pas que vous ferez dans ce chemin, vous verrez tant de certitude de gain et tant de néant de ce que vous hasardez, que vous connaîtrez à la fin que vous avez parié pour une chose certaine, infinie, pour laquelle vous n’avez rien donné.

— Si ce discours vous plaît et vous semble fort, sachez qu’il est fait par un homme qui s’est mis à genoux auparavant et après, pour prier cet Être infini et sans parties, auquel il soumet tout le sien, de se soumettre aussi le vôtre, pour votre propre bien et pour sa gloire, et qu’ainsi la force s’accorde avec cette bassesse.

Il semble exister en Pascal quelque chose de l’idée de l’existence précédant le sens, de l’existensialisme, que le geste precede la decision, que vous pariez dans le doute.

L’homme est raison, coeur et corps. Toute démarche qui omet un de ces composants n’est pas bonne. On ne croit pas par la raison mais la croyance peut satisfaire la raison. Si la raison n’amene pas à la fois, c’est hors de question pour lui que la foi a passer la raison. Pascal donne droit à un interlocuteur à la mauvaise foi. Pour Pascal c’est parfaitement normal à récuser. Il faut nourrir la raison, le coeur et le corps. On a besoin de l’habitude.

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L’articles suivants seraient utilisé comme guide:

Princeton College   “Pascal’s Wager”The fundamentals of the theory are explained

Pari de Pascal (Traduction d’extraits du site Princeton) :
Pascal admet qu’une croyance en l’existence de Dieu ne peut être étayée par des arguments ou des preuves, mais maintient que la croyance religieuse est néanmoins requise de manière rationnelle.

Rationalité théorique vs pratique

L’argument exploite tacitement la distinction entre rationalité théorique et rationalité pratique. (Ce sont nos termes, pas ceux de Pascal.) La rationalité théorique consiste (en gros) à s’appuyer sur des preuves et des arguments. Votre croyance en Dieu est rationnelle au sens théorique au cas où l’équilibre des preuves et des arguments appuie la vérité de la proposition selon laquelle Dieu existe. Par contre, votre croyance en Dieu est pratiquement rationnelle si vous avez intérêt à vous en tenir à cela.

Princeton French translation

Pascal’s Wager (Extracts from Princeton website)

Pascal concedes that a belief in God’s existence cannot be supported by argument or evidence, but maintains that religious belief is rationally required nonetheless.

Theoretical vs. Practical Rationality

The argument tacitly exploits the distinction between theoretical rationality and practical rationality. (These are our terms, not Pascal’s.) Theoretical rationality is (roughly) a matter of evidential and argumentative support. Your belief in God is rational in the theoretical sense just in case the balance of evidence and argument supports the truth of the proposition that God exists. Your belief in God is practically rational, on the other hand, if it is in your interest for you to hold it.

To illustrate this contrast, consider the following sort of case. The evidence suggests that X does not love you. X ignores you at parties; X won’t return your calls, etc. And yet you are so desperately in love with X that you would not be able to function if you came to believe that your love was unreciprocated. You would not be able to get out of bed or get to work. . . .

When the two sorts of rationality conflict, what is the most rational to do? All things considered, should you believe that X loves you or not? When we are told that the belief is theoretically irrational but practically rational, we are given no answer to this seemingly more fundamental question. Indeed, we seem to have been told that the question is simply ambiguous, and so need not have a single answer. If the “should” that figures in the question is the “should” of theoretical rationality, then you should not believe; if it is the “should” of practical rationality, then you should. . . .

The conclusion of the argument is that while belief in God may not be required by the norms or requirements of theoretical rationality, it is required by the norms of practical rationality. The case is not one of a straightforward clash: the norms of theoretical rationality are (as it were) silent about God’s existence in Pascal’s view. If we attend only to reason and argument, it is conceivable that God exists, but also conceivable that he does not. Pascal’s approach is to invoke practical rationality in order to break the tie.

A Crash Course in Decision Theory

Decision theory and its closely related partner, game theory, have come to serve as the foundation for modern economics. . .

The theory is an attempt to make precise the thought that a rational agent ought always to perform the act that best promotes his interests as he conceives them. . . . To act self-interestedly is to pursue what you regard as valuable or worthwhile. . . .

Suppose you are going over to a friend’s house for dinner. It’s your job to bring the wine . . . If the main course is going to be beef, you strongly prefer red wine to white. If it’s chicken, on the other hand, you prefer white wine to red. But here your preference is not so strong: red wine with chicken is a perfectly tolerable second best. We might represent your preferences then as follows.

decision theory wine

Now before we can decide what you ought to do, we need to say something about the probabilities or likelihoods that you attach to the two possible “states of nature”. Suppose first that you think your friends are just as likely to make beef as chicken. Then we say that for you
prob (BEEF) = prob (CHICKEN) = 0.5
In general, probabilities are measured by numbers between 0 and 1. If you attach probability 1 to a proposition, you are certain that it is true; if you attach probability 0 to it, you are certain that it is false. . . .

Given this assignment of probabilities, we can calculate the EXPECTED UTILITY of each of the acts available to you. . .
U(RED) = 0.5 (10) + 0.5(5) = 7.5
U (WHITE) = 0.5 (0) + 0.5(10) = 5
The central principle of the theory of rational choice may then be invoked:
A rational agent should perform the act with the greatest expected utility.
In this case, the principle implies — plausibly enough — that you should bring a bottle of red wine.

But suppose . . . you’ve been to dinner at their house 100 times, and on 90 occasions they have served chicken rather than beef.
prob (BEEF) = 0.1, prob (CHICKEN) = 0.9 So –
U(RED) = 0.1 (10) + 0.9(5) = 5.5
U (WHITE) = 0.1 (0) + 0.9 (10) = 9
In these circumstances, you should bring white wine.

Princeton Website extracts

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Hájek, Alan, “Pascal’s Wager”, The Stanford Encyclopedia of Philosophy (Summer 2018 Edition), Edward N. Zalta (ed.)

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Half Column


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Voltaire said, “This article (Pascal’s wager)  seems a little indecent and puerile: the idea of a game, and of loss and gain, does not befit the gravity of the subject.”
This was only one of a barrage of criticisms the wager has faced. According to a contemporary supporter of a version of the wager, Michael Rota, criticism of the wager comes in four forms: “(1) believing in God on pragmatic grounds is immoral because we should only believe something on the basis of evidence; (2) committing to God for the sake of future benefits is selfish; (3) the existence of other religions invalidates Pascal’s argument; and (4) Pascal’s approach to religion is inconsistent with Christian doctrine itself.”