La Montagne

Que la Montagne est belle. Jean FERRAT
La refrain « Pourtant que la montagne est belle (…) Que l’automne vient d’arriver » prend alors une valeur toute symbolique en ce qu’il désigne le regret d’un exode rural qu’a fini de vivre la France dans les années 1950, qui a bouleversé un mode de vie millénaire et métamorphosé notre pays. . .
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. . . en 1964, Jean Ferrat chante « la montagne ». Depuis, cette chanson a maintes fois été décrite comme « la première chanson écologiste ». Si nous pouvons considérer qu’elle l’a été, c’est au sens noble de l’écologie politique et probablement pas au nom de l’écologisme. L’auteur déclarait d’ailleurs lui-même : « L’écologie, pour moi, ce n’est pas seulement la nature, les petits oiseaux, les fleurs, les châtaignes, c’est la vie des hommes dans ces lieux-là » – la vie des hommes dans ces lieux-là, voici une chose dont l’époque aimerait se passer.
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Jean Ferrat. sur Melody TV

La Montagne

Ils quittent un à un le pays
Pour s’en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné
Les vieux ça n’était pas original
Quand ils s’essuyaient machinal
D’un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?

Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu’au sommet de la colline
Qu’importent les jours les années
Ils avaient tous l’âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Les vignes elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré
C’était une horrible piquette
Mais il faisait des centenaires
A ne plus que savoir en faire
S’il ne vous tournait pas la tête

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?

Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l’autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
Il n’y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie
Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s’en faire
Que l’heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l’on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones
Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?


The Mountain

They’re leaving one by one the land
To go there to earn a living
Far from the land where they were born
They had long been dreaming
About the city and its secrets
Of formica and the movies
The old people weren’t original
When they wiped their lips
Mechanically with their sleeves
But they knew all about
Killing quail or partridge
And eating goat cheese

Yet how beautiful the mountain is
How could one think
While watching a flight of swallows
That autumn had just arrived?

With their hands over their heads
They had built low walls
Right to the top of the hill
No matter the days, the years
Every one had a well-bred soul
Gnarled as a vine stock
The vines run wild in the forest
Wine will no longer be drawn
It was an awful diluted wine
But it was causing centenarians
To hardly know what to do
Or even set their heads spinning

Yet how beautiful the mountain is
How could one think
While watching a flight of swallows
That autumn had just arrived?

Two goats and then some sheep
One good year and another not
And no holidays nor going out
The girls want to go dancing
There’s nothing more normal
Than wanting to live your own life
They’ll be cops or civil servants
Able to await without worry
The time of retirement
One needs to know what one likes
And to come home to a council flat
To eat hormone-treated chicken

Yet how beautiful the mountain is
How could one think
While watching a flight of swallows
That autumn had just arrived?

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