CATHARISME Le Perigord Noir et Le Lot Nord-Ouest

CATHARISME DANS LE PERIGORD.

Quesques sources :

Historical and Archaeological Society of Perigord
Society of art and history of Sarlat and the Perigord Noir

La Société d’Art et d’Histoire de Sarlat et du Périgord Noir – SAHSPN [Etudes et Documents par auteur]
DESPONT, Jean-Jacques : – Eglise, hérésie et catharisme en Périgord au Moyen-Age, n° 14, 1983, p. 4-7.
BOURGÈS-AUDIVERT, Monique : – Le château de Cazenac (commune du Coux-et-Bigaroque), n° 131, 2012, p. 151-158.

La Société d’Art et d’Histoire de Sarlat et du Périgord Noir – SAHSPN [Etudes et Documents par theme]
Theme 4, Religion :
1983 / 14 Eglise, hérésie et catharisme en Périgord au M.A
1985 / 22 Chapellenies de Domme

Adhémar de Chabannes, le chroniqueur de cette époque, raconte que vers 1010/1020, une nouvelle hérésie, tout à fait comparable au Catharisme, s’était “répandue”, propagée par un périgourdin, et serait arrivée jusqu’à Orléans.
A cause de la propagation de cette hérésie, dix chanoines ont été brûlés vifs en 1022.
Parallèlement à cette action religieuse, un moine périgourdin, lui aussi, s’est adressé à toute la chrétienté, dénonçant cette hérésie nouvelle.
Les cathares ont été nombreux dans cette région.
On retrouve leurs traces à Peyrillac, Chancelade (Nord de Périgueux), Périgueux, Bergerac (Sud de Périgueux), Fénelon avec une “maison Cathare” (Sud-Est de Sarlat), Cadouin (entre Sarlat et Bergerac), Boschaud avec deux Abbayes ( au Nord de Chancelade).
Raymond de Castelnaud, évêque de Périgueux a été destitué pour avoir fait preuve de complaisance envers les Cathares.
Il se pourrait bien que la première terre Cathare de notre pays ait été le Périgord ?
Simon de Montfort a amené la Croisade à Sarlat et autour de Sarlat de 1209 à 1215 .
– Sarlat en 1209.
– A Biron, le plus éloigné au Sud en 1211/1212.
– Au Sud de Sarlat, Domme, Montfort et Beynac en 1214 puis Castelnaud en 1214/1215.
Dans cette contrée, la Croisade a pris des allures de duel entre Bernard de Casnac ( ou Cazenac) et Simon de Montfort.
Ils ont rivalisé de cruauté.
L’un n’ayant rien à envier à l’autre ! deux sanguinaires de la pire espèce.
Un bien grand groupe de malfaisants si on y ajoute la sadique Alix de Turenne et quelques routiers avec leur chef Martin d’Algaïs tout aussi féroce.
Ces évènements se situent au “seuil de la porte” vers le Catharisme.
Ils vont nous faire gravir les marches de l’escalier (de l’escalade?) vers les horreurs commises au cours de ces siècles de troubles.
voir : http://www.lemiroirdutemps.com/article-24025633.html
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LES CROISÉS À SARLAT (ville médiévale très animée)
Au Moyen Age, dans la région de Sarlat, en Dordogne, il y avait un très grand nombre d’hérétiques, les écrits de l’époque mélangent un peu ( beaucoup) les dualistes Cathares et l’hérésie Henricienne ( propagée par le moine Henri à Verfeil).
Saint Bernard avec des évêques d’Ostie et de Chartres sont venus évangéliser le sarladais au début du XIIe siècle.
Ils ont vite été persuadés que la situation était grave, lors de leur arrivée dans cette cité, elle était presque totalement décimée par la peste considérée comme le châtiment divin.
Bernard de Clairvaux a distribué aux malades des petits pains bénis et beaucoup ont été guéris. (?)
Les faits rapportés par les chroniqueurs de l’époque se ressemblent presque tous.
Ils emploient des métaphores pour désigner l’hérésie qui devient la peste et l’eucharistie qui devient des pains bénis.
Selon la légende c’est en souvenir de “ce miracle des petits pains” que les sarladais ont construit cet étrange bâtiment , la tour Saint Bernard plus connue sous le nom de “la lanterne des morts”.
Malgré cette légende, de nos jours personne ne connait les raisons de sa construction et de son utilisation.
C’est un bâtiment en forme d’obus, il date du XIIIe siècle.
Certains historiens pensent que c’est un style “ramené” des Croisades en Orient et que ce serait plus juste de dire “La lanterne des maures”.
Par contre pas un seul d’entre eux, n’a pu dire à quoi était destinée cette étrange tour. (La lanterne des morts de Sarlat)
Plus tard, au début du XIIIe, lors de la Croisade, Simon de Montfort est arrivé à l’Abbaye de Sarlat et il y a trouvé environ 150 personnes mutilées, victimes du cruel Bernard de Casnac, un cathare sanguinaire (et oui ! ça existait! la preuve)
Pendant un quart de siècle beaucoup de Cathares ont résidé à Sarlat.
Le clergé catholique a mentionné très souvent la présence des hérétiques dans leurs paroisses.
De nos jours Sarlat est un petit bijou médiéval qui fait le bonheur de tous ceux qui aiment l’Histoire.
De l’époque Cathare il reste le clocher roman de la cathédrale St Sacerdos dont le vitrail est surmonté de cinq statues, la chapelle des Pénitents-Bleus et la Lanterne des Morts dans les jardins d’Enfers, le cimetière médiéval.
http://www.lemiroirdutemps.com/article-24111701.html
Commentaires ;
par Alti 18/02/2009
Bonjour, Je me permets de vous informer que votre post est bourré d’erreurs au niveau des images. C’est dommage car vous avez l’air d’aimer l’endroit. Dernière photo : ce n’est pas l’eglise de la Canéda. C’est l’eglise Sainte-Marie. Aujourd’hui c’est une halle alimentaire. La canéda, c’est à 5 kms et Sainte Marie, c’est devant la mairie de Sarlat. La crypte que vous presentez est bien à Temniac. Mais pas dans l’église. Ce que vous montrez vient du site concernant le chateau.Juste au dessus vous legendez église Sainte-Marie; erreur; c’est l’arrière de Saint Sacerdos. D’ailleurs, le clocher de Saint Sacerdos, il n’a rien de roman, juste le dessus du portail l’est. Quant à la ruine, ce n’est pas une ancienne abbaye mais le seul chateau présent à Sarlat et qui fut demeure des eveques aprés avoir été commanderie templière. En esperant a voir éclairé votre lanterne…
par Viviane 19/02/2009
Merci, je fais les corrections dès que possible. Amitiés, Viviane
par Georg 06/11/2008
Bonjour Viviane, Le récit de S. de Montfort sur le Cathare sanguinaire est très problablement de l’intox. Une affirmation mensongère pour justifier ses propres horreurs.
Par contre, vous semblez y croire. Y a-t-il une raison pour cela? Georg
Viviane 06/11/2008
J’y crois parce qu’il existe des écrits d’archives qui recoupent la légende et les chroniqueurs de l’époque. Ce Seigneur semble avoir été vraiment sanguinaire à une époque de sa vie. Il est difficile de savoir pourquoi, mais peut-être un jour trouvera-t-on une explication. Simon de Montfort a été bien pire! Amitiés, Viviane
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LES CROISÉS À DOMME.
On ne sait pas vraiment à quelle date il faut situer lorigine du château de Domme-vieille (ou le château du roi).
Sur son rocher, bâti au-dessus des eaux de la Dordogne, on pensait au Moyen Age que c’était une des places les plus solides de Guyenne, on croyait vraiment qu’il était imprenable.
Il appartenait à Bernard de Casnac (ou de Cazenac).
Dès que Simon de Montfort a commencé à s’en approcher, tous les défenseurs ont pris la fuite et les Croisés n’ont eu aucun mal à s’en emparer sans combattre.
(Une “colonne” dans le cimetière (Le cimetière de Domme)
Bien entendu, comme à chaque fois Simon de Montfort a fait “nettoyer” cet endroit et raser le donjon.
Sur les remparts de Domme)
De ce château, il ne reste que quelques murailles, quelques escaliers et quelques caves.
En les regardant, on ne peut seulement “qu’imaginer” ce que pouvait être cette forteresse, par contre la bastide de Domme, construite sur l’ordre de Philippe le Hardi (fin du XIIIe et début du XIVe) est magnifique et bien conservée.
(La maison du batteur de monnaie de Philippe le Hardi)
Dans les rues de ce petit village, en se promenant, on peut voir la “Porte des Tours” qui a été une prison Templière du Périgord (les Templiers ont été exécutés aussi un peu plus tard). (La prison des templiers)
Sur les murs on voit d’innombrables inscriptions, des gravures et des écrits de Templiers prisonniers.
(Les templiers ont laissé des messages gravés à jamais sur les murs de leur prison)
Ce sont des murs couverts de témoignages remarquables sans aucun doute uniques dans les prisons de cette époque.
http://www.lemiroirdutemps.com/article-24114517.html
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LES CROISÉS AU CHÂTEAU DE MONTFORT.
Quand les Croisés ont commencé à vouloir “nettoyer” le Périgord, personne ne pouvait prévoir que tout tournerait autour de deux hommes rivalisant de crauté et qu’ils allaient se livrer une sorte de “duel”, même si quelques autres sanguinaires en ont fait tout autant.
D’un côté Simon de Montfort dont le côté impitoyable n’est plus à démontrer.
De l’autre côté Bernard de Casnac (ou Cazenac) et son épouse Alix de Turenne, tous les deux n’avaient rien à lui envier.
L’abbé Pierre des Vaux de Cernay (auteur de “Histoire des Albigeois”) raconte que Bernard de Casnac coupait les mains et les pieds, puis il crevait les yeux des hommes qu’il capturait tandis que son épouse Alix de Turenne tranchait les seins et les pouces des femmes.
En quittant la place de Domme, Simon de Montfort a remonté le cours de la Dordogne pour attaquer les terres de son adversaire principal dans le château de Montfort (homonymie, Simon de Montfort était originaire de Montfort l’Amaury)
En arrivant devant la forteresse, il la trouva vide mais bien entendu comme d’habitude, il la fit totalement détruire et toutes les pierres ont été jetées dans la rivière.
Selon la légende (?), le chef des Croisés aurait fait brûler Blanche la fille de Bernard et d’Alix et depuis ce jour elle hanterait ces lieux sous la forme d’une flamme.
http://www.lemiroirdutemps.com/article-24115382.html
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LES CROISÉS AU CHÂTEAU DE BIRON.
Biron se trouve très au Sud, à la frontière du Périgord, il a donc été le premier site victime des méfaits de la Croisade.
Lors de la bataille de Castelnaudary, Simon de Montfort avait été aidé par une vingtaine de routiers commandés par Martin d’Algaïs, courageux mais très cruel, rallié à la Croisade simplement par intérêt.
A la suite de ces combats, avec ses compagnons Martin d’Algaïs a quitté en douce le chef des Croisés qui ne pensait qu’à se venger.
Simon de Montfort avait appris que Martin d’Algaïs était au château de Biron, il a décidé d’en faire le siège, “marchandant” comme ce n’est pas permis, il a réussi à se faire “livrer” son traître en laissant la vie sauve aux défenseurs de la place.
Simon de Montfort a fait subir au chef des routiers le sort réservé aux traîtres, il a été pendu, mais avant de le faire pendre, il l’a fait traîner pare un cheval sur tout le campement.
Le château de Biron, conquis a été donné à Arnaud de Montaigu.
Louis VIII l’a rendu aux Gontaut quelques années plus tard.
Cette baronnie est restée durant 24 générations la propriété de la famille Gontaut, c’est à dire du XIIe siècle jusqu’en 1938.
C’est un cas de figure très rare (peut-être unique ?) qui a permis à cet édifice de conserver un ensemble harmonieux, malgré le mélange rajouté aux “passages” des diverses époques laissant chacune l’empreinte de leur style.
Il reste le vieux donjon du XIIe et la tour carrée de l’église romane du faubourg Notre-Dame dans le village ( XIIIe).
Tous ces lieux sont encore imprégnés du souvenir de Martin d’Algaïs et de Simon de Montfort.
http://www.lemiroirdutemps.com/article-24113670.html
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INCURSIONS DES CROISES DANS LE QUERCY DU SUD.(46)
Bien que protégé par son évêque le Quercy a subi pas mal d’incursions de la part de Simon de Montfort, surtout dans le Sud du Lot ( département actuel).
Le Seigneur de Castelnau-Montratier avait trahi le chef des Croisés et bien entendu, il a vu sa cité complètement détruite.
A la suite de cette destruction le Seigneur Ratier Ier a fait reconstruire une bastide au-dessus de cette ancienne place.
De nos jours, elle reste le témoignage de cette époque.
Tout près de cette cité anéantie Simon de Montfort s’est emparé du château de Belfort avant de se rendre à Figeac pour y recevoir l’hommage des Seigneurs du Haut Quercy, apaisant par cet acte certaines tensions.
Continuant ses conquêtes dans cette région il s’accapara du château de Capdenac, puis Lacapelle-Cabanac un peu plus à l’ouest et pour achever en apothéose ses exactions il a fait complètement détruire le fort de Moursac (commune de Guindou).
Tout au Sud du Lot il y avait une forte implantation Cathare et Vaudoise dans, et, autour de la cité de Montcuq, un lieu où les habitants obéissaient à la Charte de Raymond VI.
En 1212, Simon de Montfort s’est approprié ces lieux sans difficultés parce que tout le monde avait fui avant l’arrivée des Croisés et il l’a donné à Beaudouin, le demi-frère du Comte de Toulouse qui s’était rallié aux Croisés à Bruniquel.
En 1214 , Beaudouin de Toulouse a voulu s’approprier le château de Lolmie sur la commune de Saint laurent de Lolmie au Sud de Montcuq.
Les combats furent brefs et Beaudouin fut arrêté par Ratier de Castelnau aidé par le Seigneur de Montpezat et Bertrand de Mondénard.
Beaudouin de Toulouse a été fait prisonnier conduit à Montcuq, il a été privé de nourriture parce qu’il refusait d’ordonner à sa garnison, enfermée dans le donjon, de se rendre.
Ces soldats ont finalement accepté de se rendre contre la vie sauve et un chroniqueur de l’époque relate dans des écrits qu’ils ont été tous aussitôt massacrés.
Beaudouin de Toulouse a été emmené à Montauban et son frère, le Comte de Toulouse a ordonné qu’il soit pendu.
A Montcuq, il reste le donjon (XIIe) haut de 24 mètres et flanqué d’une tourelle d’escalier.
Juste à côté de Montcuq, sur la commune de Saint-Cyprien à Marcillac il y a un souterrain qui a sans doute servi de refuge aux Cathares et peut-être même de temple initiatique.
J’allais oublier Montlauzun qui a été dévasté au cours de la Croisade.
Published by *Viviane* dans catharisme-lot

LES CROISES DE GOURDON VERS SAINT-CIRQ-LAPOPIE.(46)
ou l’inquisition triomphale en Quercy.
Gourdon est une jolie petite cité médiévale du Lot, voisine du Périgord.
En 1241, son seigneur le troubadour Bertrand 1er de Gourdon a été malmené par les inquisiteurs Pierre Celani et Guilhem Arnauld parce qu’il avait protégé des Cathares.
Cette année-là, il y a eu 232 condamnations pour cette seule ville.
Avant la Croisade on trouvait à Gourdon une “Maison Cathare” et le diacre Guiraud de Gourdon y était né.
Tout près de Gourdon, Concorés a conservé l’église de Linars (Sud de Gourdon) dont le couvent catholique abritait une “Maison Cathare” protégée par le Seigneur de Milhac.
Plus au Sud dans la vallée du Lot, un peu à l’Est de Cahors, Saint Cirq-Lapopie semble sculpté dans la falaise.
Il ne reste rien des trois châteaux du Moyen Age, mais les lieux sont très chargés d’Histoire.
Cette triple seigneurie a posé quelques problèmes lorsque les de Cardaillac se sont ralliés au Comte de Toulouse alors que Saint Cirq-Lapopie et Gourdon rejoignaient Simon de Montfort.
En 1234, deux femmes du tout petit village de Berganty (quelques kilomètres à peine au Sud de Saint Cirq-Lapopie), furent convaincues d’hérésie et brûlées vives.
La même année, le seigneur de Crayssac un petit village entre le Lot et le Célé au Sud Ouest de Figeac fut lui aussi condamné.
En 1251, le Seigneur Bernard de Castelnau fut condamné à la prison à vie pour avoir aidé les Cathares.
Près de Cours, dans la vallée du Vers, une grotte abritait la bibliothèque des Cathares du Quercy.

DE LUZECH À PUY L’EVEQUE.(46) Guillaume de Cardaillac.
Enfermée dans un minuscule méandre du Lot, l’emplacement de la petite ville de Luzech a été particulièrement bien choisi sur un plateau dominant l’eau.
C’était une place forte très bien défendue.
Lors de l’affrontement entre Richard Coeur de Lion et Philippe Auguste, le château était tombé aux mains des anglais et il ne fut rendu que bien plus tard.
Le Seigneur Amalvin de Luzech était cathare et toute sa ville fut attaquée par les Croisés et, passée sous les ordres de Simon de Montfort, il l’a incendiée et détruite.
L’évêque de Cahors, Guillaume de Cardaillac s’est alors emparé de cette place forte et il l’a déclarée propriété épiscopale.
Les familles de Cardaillac et de Luzech sont devenues les co-seigneurs de cette ville fortifiée.
De nos jours, elle garde encore un grand nombre de vestiges médiévaux dont le plus connu est un donjon de vingt quatre mètres de hauteur avec une base carrée caractéristique de l’architecture du Midi à cette époque, contrairement aux tours rondes des rois de France.
( Le Quercy dépendait du Duché de Guyenne, pas de la couronne.)
http://www.lemiroirdutemps.com/tag/catharisme-lot/

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1208 – Croisade contre les Albigeois prêchée par le pape Innocent III.
1209 – Première mention d’un pont sur la Dordogne à Bergerac dans la charte de
l’abbaye de Cadouin.
1210-1212 – Raoul de Lastours, devient évêque de Périgueux. L’une de ses
préoccupations majeures est de mater l’hérésie cathare. Simon de Montfort est
la principale figure de la croisade contre les Albigeois. Il fait de
fréquentes incursions dans le Quercy et le Périgord. Les troupes cathares se
réfugient dans le château de Biron. L’armée de Simon de Montfort assiège le
château du sire de Bigaroque, Martin d’Algaïs. Moyennant la vie sauve pour
tous, les assiégés livrent Martin d’Algaïs à Simon de Montfort. Le prisonnier
est traîné derrière un cheval, puis pendu. Destruction de Domme. Mais le
catharisme est encore très présent en Périgord puisque, en 1217, le pape
désigne le cardinal Bertrand pour chasser le catharisme du Midi, en
particulier de l’Agenais et du Périgord. De même, en 1223, Raoul de Lastours,
évêque de Périgueux note que « la plus grande partie du diocèse est infectée
par la contagion de la déviation hérétique ».
1211 – Jean sans Terre s’empare de Thiviers mais la perd en 1212.
1214 – Les troupes de Simon de Montfort s’emparent du château de Beynac et le
démolissent. Cette même année, Simon de Montfort s’empare du château de
Castelnaud appartenant à un seigneur ayant adopté la religion cathare, Bernard
de Casnac. Simon de Montfort décide de garder cette place forte et y installe
une garnison afin de pouvoir contenir les révoltes éventuelles. L’année
suivante Bernard de Casnac reprend son château.
Vers 1215 – Originaire de Salagnac et âgé d’environ 75 ans, le troubadour
Bertran de Born meurt à l’abbaye cistercienne de Dalon. Il aura célèbré
l’amour et la guerre.
1221 – Guy, vicomte de Limoges, s’empare de la ville fortifiée de Thiviers.
Sacre de Louis VIII (fils de Philippe Auguste).
1223 – La ville de Sarlat obtient l’autorisation d’élire des consuls.
1224 – Jean d’Argentan, Maréchal de France, s’empare de Limeuil tenue par les
anglais. Le Comté du Périgord revient à la France.
1226 – Mort de Louis VIII. Son fils n’est âgée que de 12 ans. Régence de sa
mère, Blanche de Castille.
1229 – Le traité de Paris entre Saint Louis, roi de France, et Raymond VII,
comte de Toulouse, met fin à la croisade des Albigeois.
1235 – Les anglais s’emparent de Bergerac.
1244 – Le catharisme est définitivement extirpé après la prise de Monségur.

https://espritdepays.com/histoire-du-perigord/dates-cles-de-lhistoire-perigord

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Dioces de Sarlat

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The text of this Cathar hymn contains an encoded message, Joana being the medieval Cathar church, which has been weakened and finally eliminated in Southern France (Occitanie) through the horrible Albigensian crusade. The spiritual essence of the cathars is still vibrating in caves and waters.

Texte occitan:
1. Can lou bouyè ben de laoura, Planto soun agulhado, A.E.I.O.U. Planto soun agulhado.
2. Troubo sa femno al pè del foc, Touto déscounsoulado.
3. “Se ‘n es malaouto digas oc, Te faren un poutadzé.
4. Amb uno rabo un caoulét, Uno laouzéto magro.”
5. “Quan séraï morto rébound mé, Al pus pirou de la cabo.
6. Méttras mous pès à la parét, Lou cap jous la canèlo.
7. E lous roumious que passaran, Prendran d’aïgo ségnado.”
8. E diran: “Cal es mort aïci, Es la paouro Joana.
9. Que ‘n es anado al paradis, Al cèl ambé sas cabros.”

Traduction française:
Quand le bouvier vient de labourer, plante son aiguillon,
trouve sa femme au pied du feu, toute déconfite.
“Si tu es malade dis-oui! Nous te ferons un potage
avec une rave, un chou, une alouette maigre.”
“Quand je serai morte, enterre-moi au plus profond de la cave.
Tu mettras mes pieds contre la muraille et la tête sous la cannelle.
Et les pèlerins qui passeront prendront de l’eau bénite
et diront: ‘Qui est mort ici? C’est la pauvre Joana,
qui s’est en allée en paradis, au ciel, avec ses chèvres.’ ”

Engl. translation:
When the herdsman comes back from work, plants his fork,
finds his wife at the foot of fire, all discomfited.
“If you’re ill say yes! We will make a soup
with kohlrabi, a cabbage, a thin lark.”
“When I die, bury me deep in the cellar.
Put my feet against the wall, my head in the tap.
And the pilgrims will take the holy water
and say, ‘Who died here? It is the poor Joana,
who went to paradise, to heaven with her goats. ‘”
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Beynac
Only just forgotten the English king and his period of occupation, another army descended the valley and approached Beynac (1214). This time it was Simon de Montfort, the terrible knight and his army whose objective was to destroy all who supported the Cathares. We are now in the “Albigeois” crusades. Like their neighbours, the fortress was put under seige and, even if Beynac had been called “The devil’s arch” by the monk Pierre des Vaux de Cernay, the real reason for this conquest was to simply recover the lands governed by the Count of Toulouse who was acknowledged to be the principal protector of the Cathare religion.

Chateau de Montfort
The castle clings to a promontory overlooking the Cingle de Montfort (Montfort Meander) on the Dordogne River. Its grandiose setting “aroused the envy of those who wished to rule Périgord”[1] so that its history is a long series of battles and sieges. It was taken and razed to the ground by Simon de Montfort in 1214.

Cazenac
https://www.editions-jclattes.fr/le-talisman-cathare-9782709630955
Au début du XIIIe siècle, dans leur château du Périgord, Bernard de Cazenac et son épouse, Alix de Turenne, seigneurs cathares alliés du comte de Toulouse, laissent s’épanouir leur passion aux rythmes des cours d’amour des troubadours, des tournois et des fêtes. Leur univers harmonieux s’effondre avec l’arrivée de la croisade menée par Simon de Montfort, venu extirper l’hérésie et conquérir les riches terres du sud de la France.
Bien loin de la non- violence prêchée par sa religion, Bernard rivalise de férocité avec le chef des croisés lors d’affrontements sans pitié. Alix, forte de sa foi qui affirme l’égalité entre hommes et femmes, se révèle une combattante farouche et implacable. Ravagé par la guerre et les bûchers, le comté de Toulouse se désintègre peu à peu.
Frappée dans sa chair, Alix prend le voile des femmes cathares et gagne Montségur. Bernard aspire à la rejoindre mais il doit auparavant renoncer au métier des armes. Le loup pourra-t-il se faire agneau, selon la parole de l’Evangile ? Le chevalier saura-t-il unir en lui l’amour de Dieu et le profond sentiment qui l’attache à sa femme ? Des rives de la Dordogne jusqu’aux montagnes des Pyrénées, un long chemin attend celui qui porte à son cou le talisman cathare, un précieux bijou qui recèle le secret des origines de sa religion.
A travers le destin romancé de deux personnages emblématiques de l’épopée cathare, Jean-Luc Aubarbier, en pénétrant les arcanes de ce christianisme différent, nous fait toucher du doigt sa beauté et ses contradictions, tout en nous plongeant dans l’univers dramatique d’une civilisation qui s’éteint.
Il y a huit cents ans, en 1209, commençait la croisade contre les Cathares…
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https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k34234d/f366.image

R. de Boysson, Les deux expéditions de Simon de Montfort en Sarladais (suite et fin, p. 357-367, Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, année 1900, tome 27(Texte) [archive]

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Title : Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord

Author : Société historique et archéologique du Périgord. Auteur du texte

Publisher : (Périgueux) Publication date : 1900 Type : printed serial

Language : français Format : Nombre total de vues : 31165

Description : 1900 (T27). Rights : public domain

Description : Collection numérique : Fonds régional : Aquitaine

Identifier : ark:/12148/bpt6k34234d

Source : Bibliothèque nationale de France

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344240391

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 15/10/2007

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LES DEUX EXPÉDITIONS DE SIMON DE MONTFORT EN SARLADAIS.

II I

La première expédition de Simon de Montfort en Périgord nous est racontée par la Chanson de la Croisade des Albigeois et par Pierre de Vaux-Cernay; la seconde expédition, quoique plus longue et beaucoup plus importante que la première, n’est même pas mentionnée dans la chanson, tandis que Pierre de Vaux-Cernay nous la donne en tous ses détails.

D’où provient la regrettable lacune de la chronique rimée ?

Il est aujourd’hui parfaitement établi que la Chanson de la Croisade a été composée par deux auteurs différents de style et de jugement. Le premier, dont l’œuvre s’arréte à l’an 1213 ?, était favorable à Simon de Montfort; le second, qui continue le récit à partir de 1214, était, suivant l’expression du traducteur, M. Paul Meyer, « un ennemi acharné de la croisade (1).

Il est possible que le continuateur n’ait repris l’oeuvre interrompue qu’après un délai de quelques mois, pendant lesquels aurait eu lieu la seconde campagne de Simon de Montfort en Périgord.

Il est aussi possible que cet « ennemi acharné de la croisade ait voulu laisser ignorées des lecteurs toutes les épouvantables cruautés qui appelèrent les croisés en Sarladais. Si l’autorité des renseignements du poète manque à notre récit, le silence’ absolu qu’il a gardé sur cette audacieuse expédition ne doit cependant pas faire révoquer en doute l’intéressante chronique du moine de Vaux-Cernay. Lorsque les croisés eurent fait expier à Martin d’Algays son infàme trahison, ils revinrent en Languedoc et s’emparèrent sans coup férir de Moissac, d’Auterive et de Muret. Simon de Montfort, avant d’être proclamé comte de Toulouse par la force de ses armes et par octroi du Saint Siège, jugea nécessaire de réunir à Pamiers un parlement, où les trois ordres seraient convoqués. Dans cette mémorable assemblée, et sois? la direction du chef de la croisade, fit rédigée la loi constitutionnelle du pays conquis, dont l’original est parvenu jusqu’à ? nous sous le titre de Charte de Pamiers (2).

Cependant la conquéte n’était pas encore à l’abri de toutes les attaques les hérétiques ne désarmaient pas. Au commencement de septembre 1213, profitant d’une absence de Simon de Montfort, les Albigeois parurent devant Muret, où l’armée de la Foi n’avait laissé qu’une très faible garrison. Les hérétiques avaient a? leur tète Pierre II, roi d’Aragon, et Raymond VI, comte de Toulouse.

Raymond VI voulait s’emparer immédiatement de la ville et faire ses défenseurs prisonniers.

Pierre II savait que Simon de Montfort avait ? licencié

(1) Chanson de la Croisade. Introduction, p. X.XXVIII. /2) Dom VaiBsette, 1. XXII p. ~4.

récemment la majeure partie de son armée; ses troupes étaient dix fois supérieures en nombre à tout ce que pouvait réunir le chef de la croisade il voulut attendre l’arrivée de son redoutable adversaire pour rendre sa défaite plus humiliante et plus complète.

Mais le comté de Montfort arriva sans être signalé; il fondit à l’improviste sur les Albigeois, et telle fut la vigueur de son attaque que les ennemis de la Foi furent mis en déroute et massacrés, sans que l’armée de Simon de Montfort eût perdu un seul homme.

La célèbre victoire de Muret fut longtemps regardée comme un véritable miracle (12 septembre 1213). Ce brillant fait d’armes assura le succès définitif de IIl”Croisade. Pierre II fut tué pendant la bataille; les comtes de Toulouse, de Foix et de Roussillon fircnt leur- soumission. Simon de Montfort n’eut plus qu’à promener ses armées victorieuses dans les diocèses qui manifestaient encore quelques velléités de résistance.

Alors eut lieu la seconde expédition des croisés en Sarladais. Entraînés par Martin d’Algays, sénéchal du Périgord, quelques châtelains riverains de la Dordogne avaient embrassé l’albigéismv. Soit pour obéir à quelque mot d’ordre de leur société secrète, soit pour venger la mort si dramatique du seigneur de Bigarroque et de Biron ils exerçaient autour d’eux sur les églises et sur les chrétiens les plus cruelles représailles; ils faisaient subir les plus redoutables supplices à ceux de leurs voisins ou tenanciers qui manifestaient leur attachement à la cause des croisés; ils livraient leurs biens au pillage ou à l’incendie. Ils soulevaient ainsi parmi les défenseurs de la Foi une bien légitime. indignation

Irrités par toutes les infamies que commettaient les hérétiques, les châtelains restés fidèles à l’Église et les moines du Sarladais envoyèrent des députés à Simon de Montfort pour le supplier de venir châtier les coupables. Le chef de la croisade était alors en Agenais, assiégeant Casseneuil pour la seconde fois. Les députés le trouvèrent

sous les remparts de la ville, dont il allait s’emparer dans

un dernier assaut. Les Sarladais étaient conduits par Raymond HI, vicomte de Turenne, qui rendit hommage à Simon eu présence de toute son armée et jura de le servir tous les ans pendant un mois avec dix chevaliers et dix servants d’armes (1).

Aussitôt que les portes de Casseneuil eurent été livrées aux croisés (18 août 1214), Simon de Montfort se dirigea en toute hâte vers Sarlat.

Il s’arrèta sur les bords de la Dordogne~ en face du puissaut chàteau de Domme, qui couronnait une colline escarpée, dont les rochers se dressent à pic ju~qu’à cent vingt-cinq mètres au-dessus du niveau de la rivière.

C’était aux premiers jours de septembre 1214. Le pays où s’étaient arrêtés les croisés présentait un coup d’oeil superbe la plaine, riche et fertile, arrosée par un beau fleuve aux eaux claires et limpides comme une eau de source, constituait pour ces guerriers le plus beau gite d’étape qu’ils aient jamais rencontré..

La ville de Domme, dont on voit aujourd’hui les rues désertes alignées au cordeau, n’existait pas encore sur ce plateau rocheux, Philippe-le-Hardi devait, quelques années plus tard, en 1280, édifier une importante place d’armes, bien souvent assiégée, mais qui n’a cependant pas perdu dans ces luttes féodales son enceinte fortifiée, ses trois portes monumentales, ses embrasures casematées et sa lou~~ du gal.

La puissante forteresse que Simon de Montfort allait assiéger s’élevait entre le plateau sur lequel est bâtie la ville de Domme et les ruines du château royal qui dominent la plaine de Cénac. Elle s’élevait sur une plate. forme occupée aujourd’hui par un moulin à vent; les derniers vestiges de sa seconde enceinte se voient encore au nord du moulin. Quand l’hérétique châtelain apprit que Simon de Montfort, maître de Casseueuil, conduisait son armée vers Dom-

(11 Bibl. nat. Goll. Doat, p. 70.

me, il se rappela le châtiment infligé à Martin d’Algays et prit la fuite. Les croisés, en arrivant en vue de sa citadelle, ne trouvèrent que de fervents catholiques, groupés sous la protection du prieur (le Notre-Dame de Cénac, monastère bénédictin récemment construit par l’abbé de Moissac. Simon gravit la pente escarpée qui menait au château de Domine. C’était une forteresse noble et très puissante, doII minant le fleuve appelé Dordogne et bâti sur le sile le plus » merveilleux qu’on puisse voir. Aussitôt notre comte fit mi» ner et détruire la tour du château, qui était extrêmement » élevée, admirablement belle et fortifiée jusqu’à son somJ) met t (1). »

Le comte de Montfort établit son armée dans le château découronné et sur le plateau environnant. De ce camp retranché, il dominait toute la vallée et surveillait tout le pays environnant. Il reçut, peu de jours après, au milieu de ses iroupes, le serment de fidélité des habitants de LaRoque Gageac et de leur suzerain Hélie de Union, abbé de St Sauveur et chapelain du cardinal de Saint-Laurent (2)..

Il alla visiter ce vénérable abbé dans son monastère de Sarlat, où il fut accueilli avec la plus grande joie. Tant de crimes étaient commis chaque jour dans ce pays sarladais, que l’arrivée des croisés fut regardée comme un bienfait du Ciel.

L’abbé Hélie fit visiter au chef de la croisade l’hôpital, où les victimes des Albigeois avaient été recueillies et soignées à ses frais.

A une demi.lieue de Domme, se trouvait une autre forteresse d’une puissance remarquable, qui s’appelait Montfort le châtelain, Bernard de Cazenac, seigneur d’Aillac, de Montfort et de Castelnaud, avait épousé Alix de Turenne, sœur de Raymond III, vicomte de Turenne, et veuve de Guillaume de Gourdon.

Bertrand de Gourdon, frère de Guillaume, et Raymond III

(1) Recueil des hist. de la Gaule, t~ 19, p. 98. (2) li. N. fonds Périgord, L..13:.

de Turenne étaient restés fidèles à leur foi, tandis que Bernard et Alix, devenus hérétiques, mettaient, comme tous les parjures, une violence diabolique à la propagande de leurs erreurs.

La dame de Montfort, dont le troubadour Raymond Jordan, vicom te de SI-Antonin, a bien souvent chanté la beauté, était la sœur de Maheut de Montignac, qui fut la dame aimée de Bertrand de Born. L’illustre troubadour d’Hautefort a comme Raymond Jordan, célébré dans des vers harmonieux les qualités d’Alix de Turenne. Dans une de ses chansons amoureuses, bien connue sous le nom de La ci!om~a. soisseubuda (1), il a poétiquement vanté la douceur d’Alix mais la chanson fut composée en 1185, et nous sommes en 1214. Ces trente années ont singulièrement transformé le caractère de celle qui était alors la dame de Gourdon, et qui depuis est devenue dame de Cazenae et châtelaine de Montfort.

Le moine Pierre de Vaux-Cernay, dans son Hisloi~~e des Albigeois, parle d’elle en ces termes (2)

Le sire de Montfort et sa femme étaient les plus malfaisants sei»gneurs de la contrée ils volaient et pillaient les églises; ils llépouillaient les pèlerins (3); ils attaquaient les veuves et les orphelins ils mutilaient sans aucun motif les gens les plus paisibles, à tel »point que, dans un monastère tenu par les moines noire, à Sarlat, »nous avons pu voir cent cinquante hommes ou femmes, à qui l’on n avait scié les mains ou les pieds, crevé les yeux ou coupé d’autres » membres, sur les ordres du tyran de Montfort et de sa femme car » la femme de ce maudit tyran, ayant elle-mème perdu toute compassien, faisait arracher les mamelles aux pauvres femmes, ou leur faisait enlever les doigts des mains pour les metlre dans l’impossi) hilité de gagner leur vie.

Ainsi que le seigneur de Domme, Bernard de Cazenac n’osa pas affronter la justice du chef de la croisade.

(1) Poésies de Bertrand de Born, Thomas.

(2) Histoire des Albigeois.

(3) De très nombreux pèlerins traversaient alors ce pays, allant de Cadouin à Rocamadour où on venait de découvrir le corps de Zachée.

Il prind la fuite la desrobée et laissa sa maison vuide et sans ib deffense (1).

Simon de Montfort, établi sur le plateau de Domme, 0hargea l’évêque Guy de Carcassonne de faire raser sous ses yeux les tours et les remparts de Montfort. C’était ce même évêque guerrier que nous avons déjà vu suivant, ainsi que Pierre de Vaux-Cernay, la première expédition des croisés en Périgord. Il se mit aussitôt en mesure d’exécuter l’ordre de Simon.

Les murs étaient tellement solides et les pierres étaient liées entr’elle5 par un ciment tellement parfait, qu’on ne pouvait pas proCéder à la démolition aussi vite que le souhaitait le chef de la croisade. Il fallut de longs jours pour menel’ cè travail à bonne fin les croisés qui en avaient été chargés partaient le matin de Domme et revenaient tous les soirs au camp car l’armée était restée sur l’emplacement du château (le Domme d’où s’exerçait plus utilement la gai-de du pays (:2).

Le château de Montfort fut donc ruiné de fond en comble par les croisés. Bernard de Cazenac quitta momentanément le Périgord et alla se mettre au service de Raymond VI, comte de Toulouse.

a Il arriva avec bonne compagnie et cœur vaillant pour défendre la ville et combattre avec ses défcnseul’s. Jamais vous ne vites son pa» reil pour la droiture, ni chevalier d’un mérite plus accompli. Il a sens » et largesse et cœur d’empereur. Il dirige parage et guide valeur (3). Il servait encore dans les rangs des Albigeois lorsque Simon de Montfort fut tué sous les remparts de Toulouse (i) Les cris de guerre qui s’étaient fait le plus souvent entendre pendant le siège étaient

Toulouse Comminges Cazenac Creixel Villemur

(1) Chronique du chanoine Tarde, p. 72.

(2) Pierre de Vaux-Cernay,

(3) Chanson de la Croisade, v. 7688 et s. Ne pas oublier que l’auteur de la seconde partie de la chanson est ennemi acharné de la croisade. » (4) Chanson de la Croisadc, v. 8599.

Bernard de Cazenac avait donc échappé par la fuite au châtiment que méritaient ses innornbmhles fotÚits; mais le chef de la croisade le punit dans sa fortune et celle de sa race, en le dépouillant de ses fiefs de Montfort et d’Aillac, qui furent donnés à Raymond HI vicomte de Turenne, -i la charge de servir une rente viagère aux victimes de son beaufrère (1).

Raymond III dut relever immédiatement le château de Montfort, car au milieu des ruines fort intéressantes de ce puissant manoir, on distingue encore de très belles constructions du treizième siècle..

Dans un acte de partage, daté de 12:S1, et parvenu jusqu’à nous, le vicomte de Turenne est qualilié seigneur d’Aillac et de Montfort, qui sont restés dans cette même farnillejusqu’èIl 166-li ils furent alors vendus au duc de Roquelaure. La troisième forteresse du terrible albigeois, Castelnaud, située à une lieue en aval de Domme, est qualifiée par Pierre de Vaux-Cerrl1.Y « Arche de Salan, arc~z Satara~. » Cette place forte et bien munie, fut prise le lendemain et le comte (le Montfort se résout de la gardcr et y meUre une garnisou, pour arrêter ceux qui voudraient brassc¡” quelque révolte (2). D Mais il ne la garda pas longtemps. Bernard de Cazenac la reprit par surprise en 1215 Castelnaud passa peu d’années après, par un mariage dans la famille de Caumont La Foree, qui l’a conservé jusqu’à la Révolution de 1789. Ses ruines imposantes et pittoresques, seml~lables aux vieux châteaux démantelés des bords du Rhin, présentent encore des vestiges importants de la forteresse conquise par Simon de Montfort.

Au cours de cette seconde expédition des croisés en Périgord, Domme, Montfort et Caslelnaud furent abandonnés sans coup férir au redoutable chef de la croisade leurs c1Wtelains avaient échappé par une fuite rapide au juste châli. ment infligé sous les murs de Biron à Martin d’Algays.

(1) Le comte de Gourgues. Le Saint Suaire de Cadouin, p. 253. (2) Chronique du chanoine Tarde.

« 1 a'”ait auprès de Castelnau un quatrième chltteau.fort assez puis sant, qui s’appelaitBaynac. Le seigneur étaille pire de tous il était » le plus terrible des routiers et le plus violentdes oppresseurs d’églin ses. Notre comte lui donna le choix entre ces deux propositions ou p bien restituer dans le délai fixé par le comte et par les évêques tout 1) le produit de ses nombreuses rapines, ou bien voir raser les tours de » sa forteresse. Y)

» Une trêve de plusieurs jours lui fut accordée. pour lui permettre de fixer son choix.

» A l’expiration du délai convenu, le chàtelain de Baynac ne fit aucune » restitution; Simon de Montfort se mit aussitôt en mesure de démolir ), ses remparts. Le tyran prétendit que sa forteresse devait être JI respectée, parce que seul dans la province il avait soutenu le roi de » France contre le roi d’Angleterre. Le comte savait bien que -son » allégation était fausse et frivole il ne voulut pas modifler ses ordres. JJ Alors le sire de Baynac porta ses plaintes devant le roi de France » mais il ne put rien obtenir (1). JI

Une autre chronique dit

La fameuse tour, appelée. des Snrrazine, fut brûlée, malgré la rel) commandation de Philippe-Auguste au comte de Montfort de ménager en la personne de Gaillard de Baynac l’allié du roi de » France (2).

Il paraît assez vraisemblable que le roi de France intervint en faveur du sire de Baynac; car, plus heureux que Martin d’Algays, Bernard de Cazenac et le seigneur de Domme, il put conserver Ela ch~,tellenie et la Lransmettre à ses héritiers naturels, qui la possèdent encore aujourd’hui.

La puissante forteresse de Baynac est l’une des plus remarquables du Périgord par son style féodal, par son excellent état de conservation et par son style merveilleux. Ces quatre chàteaux (Domme, Montfort, Castelnaud et Baynac JI avaient été la.retraite de l’hérésie et tyrannie par l’espace de plux sieurs ans mais après que les trois furent rasés et la garnison laissée

(1) Pierre de Vaux-Cernay.

(2) 13ib. nal” fonds PérigDrd. I)otnnie-13ayilac.

n à Castelnaud, la paix et repos s’en suivirent, non seulement au détroit sarladais, mais aussi en tout le Périgord et Quercy (t). » Simon de Montfort se dirigea vers Rodez, en passant par Rocamadour, où il s’arrèta pour délibérer sur l’extirpation définitive des Albigeois et la répression des routiers (2). Cette étude consciencieuse et rapide sur les combais livrés en Périgord, pendant la croisade des Albigeois, a été faite d’après les documents contemporains publiés jusqu’à ce jour et notamment d’après la Chanson de la Croisade, la chronique de Guillaume de Puylaurens et l’histoire de la croisade par Pierre de Vaux. Cernay.

Depuis que Simon de Montfort « a rétabli la paix et repos en tout le Périgord et Quercy, » avec la sauvage énergie qui parfois a terni sa mémoire, d’autres guerres nationales ou civiles ont maintes fois ravagé les riches campagnes arrosées par la Dordogne.

I,es longues luttes soutenues contre les Anglais ont ré.pandu le sang et les ruines pendant deux cents ans les guerres religieuses du temps de la Réforme ont aussi cruellement troublé la province; la période révolutionnaire des dernières années du dix. huitième siècle a détruit force chàteaux et monastères.

Toutes ces transformations sociales ou politiques ont bouleversé le Périgord, en laissant subsister dans l’énergique langage du pays des souvenirs inconscients et cependant assez remarquables des quelques années pendant lesquelles l’albigéisme fut propagé parmi nos ancétres. Il n’est pas rare d’entendre encore dans nos campagnes les paysans jurer par ces deux blasphèmes manichéens Doublé Diou ou blillo Doublé.

Il est cependant très juste d’ajouter que l’hérésie n’a subsisté que sous cette forme peu dangereuse.

Nos populations n’ont méma pas, comme celles du

(1) Chronique du chanoine Tarde, p. 72.

(2) Lettre pastorale de l’évêque de Cahors sur l’histoire de Rocamadour, p- 09.

Languedoc, gardé au fond du u cœur une haine traditionnelle contre Simon de Montfort et sa croisade. Les deux expéditions faites par le célèbre capitaine au détroit sarladccis n’ont laissé dans les chroniques locales que des souvenirs confus.

Cette indulgence du Périgord pour le chef de la croisade des Albigeois nous paraît .i usLifiée; car les représailles rigoureuses exercées par les croisés contre les hérétiques n’ont ordinairement frappé que des traîtres odieux ou des tyrans bien dignes des plus cruels supplices. Elles ont toujours porlé sur les plus puissants parmi les coupables. La croisade délivra d’une bien redoutable persécution les monastères, les églises, les clotelains paisibles, les bourgeois et le menu peuple, bien souvent victimes des cruautés atroces de ces Albigeois.

Les historiens modernes reviennent presque tous aujourd’hui sur l’appréciation défavorable à Simon de Montfort qui longtemps a prévalu dans l’Uuiversité de France. Le jugement définitif à pOl’ler sur la croisade des Albigeois nons parait êLre parfaitement rendu dans cette phrase de l’Hislôi~~e de l’Euro~>e, par Lavisse et Rambaud H O¡’ganisl!s en sociétés secrètes, les Albigeois en vinrent aux pires excès. Des évêques furent expulsés de leur siège, des abbés chassés de leurs monastères, des prêtres égorgés. Les progrès de l’hérésie 1 devinrent inquiétants (1).

Un jour viendra bienlôt où Simon de Montfort, mieux connu, sera, malgré quelques inconteslables abus de la force, regardé par tous les hommes de bonne foi comme un grand capitaine et comme un grand chrétien.

R. DE BOYSSON.

(1) Histoire générale de l’Europe, i. I1, p. 272.

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https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k34237f/f62n3.texteBrut

R. de Boysson, Une chanson d’amour de Bertrand de Born, Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, année 1903, tome 30, p. 63(Texte) [archive]

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Title : Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord

Author : Société historique et archéologique du Périgord. Auteur du texte

Publisher : (Périgueux) Publication date : 1903 Type : text

Type : printed serial Language : français

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Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 15/10/2007

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UNE CHANSON D’AMOUR

COMPOSÉE AU XII” SIÈCLE PAR BERTRAND DE BORN La Revista wusicale Italiana a publié récemment, avec la signature du professeur Antonio Restori, une excellente étude sur l’Art ~nusical des troubadours. L’auteur a découvert, dans les bibliothèques du Vatican, de Paris, de Montpellier, etc., d’assez nombreuses mélodies composées par les poètes du moyen âge; il a su faire jaillir de la comparaison des manuscrits des conclusions fort intéressantes.

Son article ne cite aucun air composé par Bertrand de Born mais en allant chercher aux sources indiquées par le savant profesgeur italien, nous n’avons pas eu grand’peine à trouver la gracieuse mélodie dont nous donnons la photographie elle est dans le manuscrit 22.543 de la Bibliothèque nationale, au folio 6, col. IV.

C’est jusqu’ici le seul air musical connu de notre illustre troubadour il ne suffit évidemmeii t pas à nous renseigner

sur le talent d’harmonie que pouvait avoir Bertrandde Born mais d’autres découverles pourront ètre faites, qui fortifieront notre jugement à cet égard.

M. le baron de La Tombelle, qui a bien voulu transcrire pour nous cet air musical, nous en a fait la description suivante

Le manuscrit remonte au xiiil-siècle il est en très bon état et très facile lire. La notatinn, qui est assez claire, est écrite sur portée de quatre lignes en l’auge, avec clef d’ut, troisième ligne supérieure. A la dei-riièl-e ligne, on peut constater sur les notes des traces de grattage, et la clef semble affeder 1a quatrième ligne au lieu de la troisième. Ce changement a dÙ être fait pour éviter d’avoir ù gratter toute la dernière ligne du chant.

En tenant compte de cette transhosition, la mélodie devient tout entièra du huitième mode bien caral’lérisé; tandis qu’en suivant l’indication totale de la clef d’ut troisième ligne, la mélodie terminerait dans une tonalité empruntée au troisième mode, ce qui serait tellement bizarre qu’il semble préférablc de s’en tenir il la première interprétation.

Le texte contient des abréviations qui me gênent beaucoup, vu que j’ignore complètement cette langue, qui n’est ni du latin, ni du français, ni du patois.

Cette langue est la La~zg-zGe li~nousine, que Dante appelait la langue des palais et des coups et ce texte, avec ses jolies lettres ornées, nous donne le chant d’amour Rassa tan ereis, composé par Bertrand de Burn, vers 1-180.

Le troubadour s’adresse au comte de Brelagne, Geoffroy Plantagenest, frère de Richard Coeur de Lion il le désigne presque toujours dans ses sirventes sous le nom de Rassa. La dame dont Bertrand de Bot’l1 dépeint toules les brillantes qualités est Maheut de Turenne, femme de Guillaume, seigneur de l\1ontignae, frère d’Elie V, comte de Périgord. lIaheut était l’une des trois soeurs de Raymond III, vicomte de Turenne. L’ainée, I`iarie, avait épousé Eble V, vicomte de Ventadour, dont Gaucelm Faydit a souvent célébré la beauté dans des vers admirables.

La plus jeune, Alix, chantée par Raymond Jordan, vicomte de Saint-Antunin, devint, en secondes noces, femme de Ber-

nard de Cazenac (1), seigneur de Montfort (2), l’un des plus farouches partisans de l’hérésie albigeoise. Les chroniques du temps ont l’acon té les supplices atroces, inflig0s par ces châtelains aux Sarladais restés fidèles à la religion catholique. Simon de Illontfort fit expier Ú Bernard de Cazenac ses cruautés épouvantables, en le dépouillant de sa châtellenie de lllontfort, pourladonneraux vicoiiitescleturciine qui l’ont conservée jusqu’au XVIIIe siècle (3).

Le Bulletin a déjà publié, dans le tome XXII, le chant d’amour Rassc~ Ga.n, cneis avec sa traduction littérale. Pour accompagner l’excellente harmonisation, composée par le baron de La Tombelle, sur l’air musical de Bertrand de Born, nous donnons aujourd’hui une nouvelle traduction en vers.

Notre poésie n’est éYidemment pas digne de l’œuvre écrite par notre savant confrère; mais nous implorons toute l’indulgence cie nos lectrices, en leur faisantobserver que nous avons eu la difficile obligation de respecter les rimes monotones du. texte roman.

Pour laisser la mélodie tout son caractère original, il ne faut pas oublier qu’au xne siècle la musique était encore imprégnée des souvenirs du chant grégorien par suite il sera bon de chanter ou de déclamer avec une certaine lenteur, en laissant suivre l’air musical.

On pourra de la sorte obtenir une idée fort exacte de la manière dont les jongleurs répandaient les chants de guerre ou d’amour que les troubadours leur confiaient.

R. DE BOYSSON.

(1) Commune de Baynac (Dordogne).

(2) id. de Vitrac ici.

(8j (lullctin de la Soc. arch. du Périgord, tome XXVII.

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Rassa

Bertran de Born (1140 – 1215) : Rassa tan creis
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Eric Boulanger
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Bertran de Born (1140 – 1215), troubadour: “Rassa tan creis e monta e poia”
Ensemble Céladon, dir. Paulin Bündgen
CD info: “Nuits occitanes”
http://www.medieval.org/emfaq/cds/ric…

So much does Rassa grow, climb and rise,
She who is free from all deceit,
That her merit displeases other women;
There is none that would harm her,
he sight of her beauty binds men
To serve her, like it or not.
Those who best and truly know
Continue in her praise
And esteem her as most gentle,
For she keeps her honour so wholly
That she desires one suitor alone.

In Rassa I have a lady who is fresh and fine,
Loving, joyous, with blonde hair
Tinted with ruby red and her skin
As white as hawthorn blossom.
Soft-elbowed and firm-breasted;
Her back is like a rabbit’s,
So fine and fresh is its colour.
Those who say that they know me
Can easily see that she is the best,
She whom I adore for her merits
And the praises sung of her.

Rassa is prideful towards the rich
And shows good sense; a true young woman
Who wishes for neither Poitiers nor Toulouse,
Neither Brittany nor Saragossa,
But who is so desirous of merit
That she loves a poor gallant knight,
For she has taken me as her master.
I beg her to hold her love dear
And to love a gallant vavasour
More than a count or deceitful duke
Who will bring her dishonour.

Rassa, a rich man who neither gives
Nor receives nor spends, nor makes music,
Who accuses falsely and does not
Forgive one who asks for pardon
Wearies me, as does someone
Who does not realise what is done for him.
Powerful men and hunters also weary me,
As do those who hunt with buzzards,
Mocking the flight of the goshawk,
For they will never speak either of arms
Or of love amongst themselves.

Rassa, I pray that this may please you:
A great lord who does not tire of war
And who does not give up, despite threats,
Until people have ceased doing him harm,
He is worth more than the river or the hunt
For he collects and gathers in at a good price.
Maurin and his lord Aigar are held
To be fine invaders;
Let the viscount defend his honour
And let the count ask this strongly of him,
And we shall soon see at Easter.

Sailor, you have honour
And we have exchanged a lord,
A fine warrior, for a jouster.
I hope that my song does not
Make Golfier de la Tor afraid.
Papiols, carry my song
To the court of my cruel but fine lord.

Rassa, tant croît, monte et s’élève
celle qui est dépourvue de toute fausseté
que son mérite ennuie les autres [ dames];
il n’yen a pas une qui y nuise,
la vue de sa beauté engage les preux
à son service, à qui que cela déplaise [ou non],
parce que les véritables connaisseurs et les meilleurs
maintiennent toujours sa louange
et la tiennent pour la plus gente,
car elle sait son honneur si intègre
qu’elle ne veut qu’un seul soupirant.

Rassa, j’ai une dame qui est fraîche et fine,
aimable, gaie et jeune, aux cheveux blonds,
teint de rubis, blanche de corps
comme fleur d’aubépine,
le coude tendre et le téton dur,
et elle semble un lapin de [par son) dos,
à la pure et fraîche couleur,
au noble mérite et aux louanges [qu’on fait d’elle];
ceux qui prétendent me connaître,
[c’est-à-dire] de quel côté je porte mon adoration,
peuvent facilement discerner la meilleure.

Rassa, envers les nobles, elle est orgueilleuse,
et elle fait [preuve d’un] grand sens,
elle a loi de jeune fille qui ne veut
ni Poitiers, ni Toulouse, ni Bretagne, ni Sarragosse,
mais qui est si envieuse [désireuse} de mérite
qu’elle est amoureuse de pauvres preux
puisqu’elle m’a pris pour maître;
je la prie qu’elle tienne cher [précieux] son amour
et qu’elle aime d’avantage un preux vavasseur
qu’un comte ou un duc trompeur
qui l’amène au déshonneur.

Rassa, un homme riche qui ne donne rien,
ni n’accueille, ni ne dépense, ni ne sonne [chante ou
joue d’un instrument] et qui accuse sans tort [sans raison]
qui ne pardonne pas à celui qui cherche sa merci, m’ennuie!
Ainsi que toute personne
qui ne reconnaît pas les services [rendus].
Et les hommes puissants [et] chasseurs m’ennuient!
Et aussi ceux qui chassent avec des busards,
se moquant du vol de l’autour, car jamais ni d’armes
ni d’amour ils ne parleront entre eux.

Rassa, je vous prie que cela vous plaise:
un grand seigneur qui ne se lasse pas de la guerre
et qui n’abandonne pas malgré les menaces,
jusqu’à ce qu’on cesse de lui nuire, voilà qui vaut
mieux que la rivière [la chasse aux oiseaux] ou la chasse,
car il recueille et ramasse bon prix.
Maurin et son seigneur Aigar sont tenus pour de bons envahisseurs.
Que le vicomte défende son honneur
et le comte le lui demande de vive force, et voyons toujours à Pâques!

Marinier, vous avez de l’honneur,
et nous, nous avons échangé un seigneur
bon guerrier pour un amateur de tournois,
et j’espère que mon chant
ne fasse pas peur à Golfier de la Tor.
Papiols, fais parvenir mon chant
à la cour de mon cruel Bel Senhor.
Category
Music
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Song
Rassa tan creis
Artist
Ensemble Céladon, Paulin Bündgen
Album
Nuits occitanes, Troubadours’ Songs
Licensed to YouTube by
[Merlin] IDOL Distribution (on behalf of Ricercar), and 3 music rights societies

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Rassa è Goffredo di Bretagna, morto il 19 agosto 1186; Marinier è identificato dagli antichi commentatori (nelle vidas e nelle razos) con Enrico il Re Giovane. Forse questa canzone fa parte della serie di testi scritti da Bertran de Born nell’anno della rivolta dei figli di Enrico II Plantageneto e della contesa per Altaforte (1182-83).

Rassa, tanto sinnalza e vola
colei che è priva dogni inganno;
il suo pregio alle altre è noia,
perché non cè una che le nuoccia,
che la sua beltà, vista, assolda
i prodi a lei, a chiunque roda:
che i più avveduti ed i migliori
son sempre suoi sostenitori
e lhanno per la più gentile,
che sa far tanto intero onore
che vuol solo un corteggiatore.
Rassa, è una donna fresca e fina,
allegra e gaia e ragazzina,
bionda e rossa nel colorito,
bianca nel corpo, un biancospino,
molle braccio e dura tettina,
e par coniglio sulla schiena.
Dal suo fino fresco colore,
dal suo pregio e dal suo valore
può veder presto la migliore
chi si vuol far conoscitore
di me, da che parte io adori.
Rassa, coi grandi lei è orgogliosa,
per letà è molto giudiziosa,
che non vuol Poitou né Tolosa,
né Bretagna né Saragozza,
ma di pregio tanto è bramosa
che ai prodi poveri è amorosa,
e ha scelto me per amatore:
prego tenga caro il suo amore,
ed ami più un buon valvassore
che un conte o duca ingannatore
che la tenga nel disonore.
Rassa, un ricco che niente dona,
né accoglie e spende e a corte aduna,
e senza torto muove accuse,
e a chi vuol grazia non perdona,
non mi piace, ed ogni persona
che il servizio non ricompensa.
Non amo i ricchi cacciatori,
né da poiana uccellatori
che vantano voli dastori,
e che mai darmi né damori
diranno parola tra loro.
Rassa, ciò prego che vi piaccia:
un ricco mai stanco di guerra,
che non sarrende per minaccia
finché è stanco chi mal gli faccia
vale più che riviera e caccia
che buon pregio non ha né abbraccia.
Maurin ed Aigar, suo signore,
si sanno buoni assalitori,
e il visconte guardi il suo onore,
lo chieda il conte con vigore,
e vediamola a primavera.
Marinier, voi avete onore,
e noi sè cambiato un signore
guerriero con uno che fa tornei.
E prego Golfier de la Tor
che il mio canto non gli faccia paura.
Papiol, porta il canto, corri,
a corte al mio malvagio Bel-Signore.
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Music
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Song
Rassa, tan creis e monta e poia
Artist
Sequentia
Album
Tresors Du Moyen-Age
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