Camus, Le Resistant

Du journaliste professionnel de ses débuts, Camus est passé au résistant « militant », puis à l’écrivain engagé, sous la forme de l’éditorialiste de presse.

Dans l’Alger républicain où il a fait ses débuts, Camus se fait polémiste, critique de la société et du système politique, dans le contexte de la montée du fascisme avant guerre et parfois dans la tradition dreyfusiste. A Combat, issu de la Résistance, il essaie de réaliser les nobles objectifs de vigilance et d’objectivité, dérivés de l’esprit de la lutte contre l’Occupant et ses collaborateurs. Il élabore la notion de journalisme critique, en s’efforçant de distinguer toujours opinion et information. Mais le temps du lyrisme de la Libération cède bientôt le pas au désenchantement des années de l’Après-guerre. C’est à L’Express que Camus, notamment au sujet de la Guerre d’Algérie, qui l’obsède, donne la pleine mesure de son oeuvre de chroniqueur journalistique, qui comporte aussi une part de proposition, à côté de l’analyse de la situation. L’écrivain arrivé apporte la caution de son prestige à un journal. Du journaliste professionnel de ses débuts, Camus est passé au résistant « militant », puis à l’écrivain engagé, sous la forme de l’éditorialiste de presse.
https://core.ac.uk/display/160110915

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Un texte inédit d’Albert Camus retrouvé dans les archives du général de Gaulle
EXCLUSIF – Dans ce document de 1943, l’écrivain lance un appel au renouveau des élites, indispensables, selon lui, à l’avenir de la France.
Publié le 1 janvier 2020 «“D’un intellectuel résistant” est l’un des rares inédits de Camus à avoir échappé à l’enquête des camusiens», dit l’historien Vincent Duclert qui l’a découvert. .. Cet inédit est publié, ici, en exclusivité avec l’accord de Catherine Camus. On le retrouvera en annexes du livre de Vincent Duclert, Camus, des pays de liberté, à paraître, chez Stock, le 9 janvier 2020.
Par Mohammed Aïssaoui,  janv 2020  dans  Le Figaro (Culture)

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

City of Refuge,” which tells the little-known story of a cluster of French villages on a remote plateau that rescued 5,000 refugees during World War II. All throughout my research, Albert Camus and “The Plague” kept popping up. It was mainly as just a side note, because, as it happens, the famous French-Algerian author wrote much of the novel while living on the plateau in one of those courageous villages. He was, in essence, completely surrounded by people doing everything they could to save the lives of those in need.

albert-camus-the-plague-nonviolent-resistance-rescue-wwii-coronavirus/

City of Refuge :  This 10-part series from Waging Nonviolence explores a little-known WWII rescue story, showing what happens when ordinary people won’t ignore the horrors surrounding them.

Part 10: The key is never to turn away
Armies may have ultimately defeated Hitler, but nonviolent rescuers, like those in Le Chambon, were often the only people to effectively resist the Nazi’s genocidal agenda. What lessons can we carry forward today?

https://wagingnonviolence.org/series/city-of-refuge/

 ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Four Letters: Camus’ Correspondence of Resistance :
. . . the more specific aim of the letters was to address the situation in Europe during World War II, and related immediately to the impulses and actions of the Germans towards the occupied French.

four-letters-camus-correspondence-of-resistance/

 ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

JStor :   Camus dans la Résistance  par  Jacques Hardré

The French Review,   Vol. 37, No. 6 (Mai, 1964), pp. 646-650 (5 pages)

Publié par : Association américaine des professeurs de français

https://www-jstor-org.elib.tcd.ie/stable/384882?read-now%3D1%23page_scan_tab_contents=&seq=1#metadata_info_tab_contents

 ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

On oublie souvent que ce romancier et philosophe de l’absurde était aussi un activiste politique – il avait été membre de la branche algérienne du Parti communiste français au milieu des années 1930 et était organisateur d’une compagnie de théâtre d’Alger qui jouait des pièces d’avant-garde et politiques – ainsi qu’un journaliste engagé dans une croisade.D’octobre 1938 à janvier 1940, il a travaillé au journal Alger Républicain et au journal associé. D’octobre 1938 à janvier 1940, il a travaillé au journal Alger Républicain et à un journal associé. En juin 1939, il écrit une série de reportages sur la famine et la pauvreté dans la région côtière montagneuse de Kabylie, parmi les premiers articles détaillés jamais écrits par un Algérien européen décrivant les conditions de vie misérables de la population indigène.

Après le début de la Seconde Guerre mondiale, Camus devient rédacteur en chef du Soir républicain et s’oppose à l’entrée en guerre de la France. Camus et son mentor Pascal Pia ont ainsi porté préjudice à leur quotidien de gauche parce qu’ils rejetaient l’urgence de combattre le nazisme, une des périodes les plus surprenantes mais les moins commentées de sa vie. Comprenant mal le nazisme au début de la guerre, il préconise des négociations avec Hitler qui, au moins en partie, effaceront les humiliations du traité de Versailles. Son pacifisme s’inscrit dans une tradition française bien ancrée et Camus se présente au service militaire par solidarité avec ces jeunes hommes, comme son frère, devenus soldats.Ayant l’intention de servir loyalement mais de plaider dans les casernes pour une paix négociée, il est furieux que sa tuberculose le disqualifie (Lottman, 201-31 ; Aronson 2004, 25-28).

Ces faits biographiques sont pertinents pour le développement philosophique de Camus après Le mythe de Sisyphe. S’installant en France et s’engageant dans la résistance à l’occupation allemande, dans deux “Lettres à un ami allemand” publiées clandestinement en 1943 et 1944, Camus s’interroge sur la justification de la violence contre les occupants. Il parle de “la haine que nous [les Français] éprouvons pour toute guerre” et de la nécessité “de savoir si nous avons le droit de tuer des hommes, si nous pouvons ajouter à l’effroyable misère de ce monde” (RRD, 8). Méprisant la guerre, se méfiant de l’héroïsme, il affirme que les Français occupés ont payé cher ce détour “avec des peines de prison et des exécutions à l’aube, avec des désertions et des séparations, avec des frissons quotidiens de faim, avec des enfants émaciés, et surtout, avec l’humiliation de notre dignité humaine” (RRD, 8). Ce n’est que lorsque nous étions “aux portes de la mort” et “loin derrière” les Allemands que nous avons compris les raisons de nous battre, afin que désormais nous luttions avec une conscience claire et “les mains propres”. Notre force morale était enracinée dans le fait que nous luttions pour la justice et la survie nationale.Les lettres qui suivirent continuèrent à opposer les Français aux Allemands sur des bases morales directement tirées de la philosophie de Camus, et suggérèrent le passage du mythe de Sisyphe au rebelle : si les deux adversaires commençaient par avoir le sentiment de l’absurdité du monde, Camus affirmait que les Français vivaient dans cette conscience, tandis que les Allemands cherchaient à la surmonter en dominant le monde.

L’engagement anti-nazi de Camus et son expérience de journaliste l’ont amené à succéder à Pia en mars 1944 en tant que rédacteur en chef de Combat, le principal journal clandestin de la gauche non communiste. Cependant, après la Libération, la question de la violence continua à l’occuper tant politiquement que philosophiquement. Son allégorie des années de guerre, La Peste, dépeint une résistance non violente à une peste inexpliquée, et en 1945, il fut l’une des rares voix à s’élever pour protester contre l’utilisation d’armes nucléaires par les États-Unis pour vaincre le Japon (Aronson 2004, 61-63). Après la Libération, il s’est opposé à la peine de mort pour les collaborateurs, s’est retourné contre le marxisme et le communisme pour avoir embrassé la révolution, a rejeté la guerre froide qui se profilait à l’horizon et la violence qui la menaçait, puis a commencé à exposer dans The Rebel sa compréhension plus profonde de la violence.

Le reste –    https://plato.stanford.edu/entries/camus/

 ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~