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L’Étranger – A. Camus

A. L’Étranger – Le Personnage de Mersault :

Le personnage principal de ce roman, L’Étranger par Albert Camus, s’appelle Meursault, est aussi le narrateur. Nous rencontrons ici un personnage-narrateur dont les premiers mots étonnent et même mystifient le lecteur. Des phrases courtes ainsi que le vocabulaire et la structure de base dissuadent de le contacter, de reconnaître en lui une partie de l’humanité familière. La rencontre avec ce personnage anonyme est un choc. La dernière phrase du roman nous laisse tout aussi perplexe? Lorsqu’il pense à son exécution, il parle avec une étrange confiance.

Comme l’auteur, il n’a pas connu son père. Il a une maîtresse qui s’appelle Marie. Il vit dans une étrange insensibilité et indifférence. Il refuse de mentir et se comporte comme si la vie n’avait pas de sens, étranger à la société dans laquelle il vit. Il ne parle pas pour ne rien dire, il n’est pas très bavard.

Camus a écrit dans la préface de la première édition américaine du roman:
« J’ai résumé l’Étranger, il y a très longtemps, par une phrase dont je reconnais qu’elle est très paradoxale : dans notre société, tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort. Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, il erre en marge dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c’est pourquoi des lecteurs ont été tentés de le considérer comme une épave (a derelict / un objet abandonné ).

On aura cependant une idée plus exacte du personnage, plus conforme en tout cas aux intentions de son auteur, si l’on se demande en quoi Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple, il refuse de mentir. Mentir, ce n’est pas seulement dire ce qui n’est pas. C’est aussi, c’est surtout dire plus que ce qui est, et, en ce qui concerne le cœur humain, dire plus qu’on ne sent. C’est ce que nous faisons tous, tous les jours, pour simplifier la vie.

Meursault, contrairement aux apparences, ne veut pas simplifier la vie. Il dit ce qu’il est, il refuse de masquer ses sentiments et aussitôt (toute de suite) la société se sent menacée. On lui demande par exemple de dire qu’il regrette son crime, selon la formule consacrée. Il répond qu’il éprouve à cet égard plus d’ennui que de regret véritable. Et cette nuance le condamne.

Meursault pour moi n’est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d’ombre. Loin d’être privé de toute sensibilité, une passion profonde, parce que tenace, l’anime, la passion de l’absolu et de la vérité. Il s’agit d’une vérité encore négative, la vérité d’être et de sentir,. . On ne se tromperait donc pas beaucoup, en lisant dans l’Etranger l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. » . (Camus)

1. Un personnage sensuel
Meursault est très sensible à la nature qui l’entoure, aux variations de la lumière, aux messages que lui envoient ses cinq sens. . . . . .

2. Un homme indifférent ?
Meursault n’est que sensibilité, contact avec la nature, mais il est obligé de vivre parmi les hommes. Et il ne parvient pas à « jouer le jeu » social. Ce que la société attend de lui, il ne sait pas le lui donner . . . .

3. Un homme absurde
Longtemps il s’en accommode pourtant, faisant semblant, tout en percevant leur absurdité. Mais finalement on lui demande trop fortement de jouer le jeu, et il refuse. Sa révolte monte de manière presque insensible lors de son procès. Le jeu social est alors à son maximum : l’aspect théâtral des débats de la justice, surtout quand il en vient à mettre en cause ses amis et sa maîtresse, lui est insupportable. Mais finalement, c’est un autre aspect de ce jeu social, tout aussi rituel que l’institution judiciaire qui va faire « crever quelque chose en [lui] », la religion . . . .

Comment Camus aurait-il pu introduire un personnage aussi inhabituel, et s’attendre à ce qu’il soit accepté? Certains lecteurs ont vu dans Mersault un exemple d’un homme atteint du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme. Sans doute, il présente de nombreux symptômes qui encouragent cette opinion.

Le syndrome d’Asperger est un trouble de la famille de l’autisme. Il se distingue par le fait que l’intelligence de la personne atteinte demeure intacte, bien que les troubles neurologiques affectent l’activité du cerveau. Il entraîne une perception différente de la vie et du monde, et des anomalies dans les interactions entre personnes.

Le syndrome d’Asperger se manifeste donc par des difficultés à communiquer, à établir des rapports sociaux, à supporter le bruit ou un environnement très stimulant. Les personnes atteintes ont des difficultés à comprendre l’abstrait et les émotions. Ils sont capables d’éprouver des sentiments tels que l’amour, mais de façon différente.

Chez l’adulte, le syndrome d’Asperger continue à présenter des symptômes avec trois axes :
– Une altération de la communication, c’est-à dire une difficulté dans la communication verbale et non verbale. Une personne présentant ce symptôme a du mal à décoder une expression du visage, la tonalité de la voix, l’humour, et le sens des gestes. Il peut donc sembler distante, froide.
– Une altération qualitative des interactions sociales, c’est-à-dire une difficulté à créer des liens avec d’autres ou à avoir des amis. Il y a des difficultés dans les échanges émotionnels amicaux et amoureux.
– Des intérêts restreints ( restricted ) et des comportements répétitifs et stéréotypés.

Je pouvais voir beaucoup de ces caractéristiques dans la personnalité de Mersault, en particulier dans la première partie du roman. Cependant, j’ai tendance à croire que Camus n’avait pas l’intention de le faire parce que:
– Il a une explication différente pour le personnage (voir ci-dessus).
– L’Asperger s’agit également d’une forme d’autisme diagnostiquée pour la première fois en 1944, deux ans après la publication de L’Etranger par Camus. Il n’avait jamais entendu parler de ce syndrome.
– De plus, la personnalité de Mersault s’est développée au cours du roman d’une manière qui serait impossible pour une personne souffrant de troubles d’Asperger.
Note:
Pour mieux comprendre Meursault, il faut se reporter à l’essai écrit par Camus la même année que l’Étranger, le Mythe de Sisyphe. Il y présente le personnage de la mythologie grecque comme un symbole de l’absurdité du monde. Face à cette dernière, Camus entrevoit, pour tout homme conscient, trois possibilités : le héros absurde, le suicidaire et le croyant :

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B. Les Thèmes Principaux

• La mort est un thème omniprésent du roman.
– Au début, il y a l’annonce de la mort de sa mère, suivie de l’enterrement.
– À la fin de la première partie, l’assassinat de l’arabe par Mersault a lieu au bord de la mer.
– Vers la fin, il est condamné à mort, puis attend sa mort et finalement, à sa manière, il l’accepte.

• Absurdité qui est la séparation entre l’homme et le monde. Meursault vit dans un monde dont il ne comprend pas le sens. Il n’a pas de sentiments normaux comme le montre:
– son indifférence à la mort et à l’enterrement de sa mère,
– sa réponse à la question d’amour de Marie, ou
– sa réponse à son patron qui lui proposait un travail à Paris.
– ses réponses aux questions lors de la préparation du procès verbal.

• La révolte contre les conventions de la vie, les jeux que les gens jouent, les mensonges qu’ils disent pour rendre la vie plus supportable, pour lisser leurs relations avec les autres. Mersault n’a rien de tout cela.
– Il n’est pas d’accord avec son avocat, qui lui suggère de donner une raison plus acceptable mais fausse de son manque d’émotion lors des funérailles de sa mère.
– Il répond sincèrement au tribunal, sans ruse et sans tenir compte, des conséquences de ses propos, même lorsqu’il s’agit d’une question de vie ou de mort pour lui.

• Conscience de la vie dans un monde indifférent. Le développement de la personnalité et des idées de Mersault se poursuit tout au long du roman.
– Il comprend de temps en temps sa mère.
– Il ressent de l’émotion pour Celest, le restaurateur.
– En approchant de la mort, il se rend compte qu’il était content.
– Il devient plus conscient de l’absurdité de sa vie et l’accepte.

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C. L’incipit et L’excipit de L’étranger – un comparaison

I Un héros déconcertant, surprenant

Meursault est le narrateur et ce roman n’est constitué que de son point de vue.
– l’ incipit commence in medias res ; on prend le récit en plein milieu des pensées du personnage sans savoir qui il est.
– Des phrases ressemblants à des notes : phrases courtes qui manquent de liens entre elles (“Il faisait tres chaud …”).
– le lecteur sait seulement ce que le narrateur veut lui dire: – dans l’incipit: le narrateur ne partage pas ses sentiments sur la mort de sa mère.
– dans l’excipit: on atteint ses sensations “odeurs de nuit, …” “la merveilleuse paix” “tendre indifférence”.
2) Ce personnage-narrateur ne répond pas aux attentes classiques d’un personnage littéraire.
– Absence d’infos sur -son identité – son statut social – sa condition sociale – ses sentiments.
3) Meursault surprend par son discours.
– Dans l’incipit : il ne s’intéresse qu’à l’aspect administratif et social de la mort, ce qui est contraire aux attentes du lecteur.
– Dans l’excipit : il semble heureux alors qu’il est condamné à mort, il se sent libre alors qu’il est en prison, « cris de haine » alors qu’il vient de dire qu’il s’est réconcilié avec le monde.

II Un personnage qui évolue de l’incipit à l’excipit

1) Sa relation aux autres a changé
– Incipit: personnage soucieux des apparences et des normes
– Excipit: caractère provocateur face à ses actions et au regard des autres. “Cris de haine”
2) Sa vision de la mort a changé
– Incipit: la mort est perçue comme une routine après laquelle nous passons à autre chose (“affaire classée”) et à une affaire administrative.
– Excipit: la mort est le terme inévitable de la vie qui lui donne de la valeur.
3) Le discours autour de sa mère évolue
– Incipit: banalité de la parole / “nous n’avons qu’une mère”. Peu d’intérêt consacré à sa mère mais plutôt aux conséquences de sa mort pour lui.
– Excipit: “Pour la première fois, j’ai pensé à maman” / “Je la comprenais” / il a réfléchi sur la fin de vie de sa mère.

III Le roman est un voyage au cours duquel le personnage acquiert plus de profondeur.

1) Une fusion avec le monde:
– Incipit: un personnage qui fait partie du monde presque sans le percevoir.
– Excipit: il y a moins de distance entre lui et le monde (“étoiles sur le visage”). Il accorde plus d’attention aux sensations; des bruits et des odeurs.
2) De la mort à la renaissance
– Incipit : mort ayant aucunes consquences, elle est sans effets sur lui.
– Excipit : la mort suppose une découverte « pour la 1ère fois », « recommencer » ; une libération = « libérer » « purger » « s’ouvrir ».
3) D’une absence de communication à la dimension poétique du langage
– Incipit : style neutre comme un télégramme qui ouvre le roman et qui se tient aux faits : mère décédée, enterrement demain.
-Excipit : style poétique, lyrique. Camus emploi d’images

Conclusion
Au début du roman, le personnage apparaît comme un étranger aux lecteurs par rapport à sa façon de penser. Le lecteur ne peut s’identifier au personnage puisqu’il ne sait rien sur lui. On lit l’incipit en se sentant indifférent l’envers.
En revanche, à la fin du roman, le Mersault a évolué. Il considère toujours le monde comme absurde, mais il est plus attentionné, et il parle de manière à ce que le lecteur puisse comprendre. L’excipit saisit également la sympathie du lecteur. Il surprend le coeur et le souffle en éclats.

Giverney de Claude Monet

Video : Jardin Claude Monet, Giverny, Eure, Normandie, Gilbert Vahé

Au nom des jardins de Giverny dans l’Eure, est associé celui des jardins de Claude Monet. Quasi à l’abandon, ce jardin finalement réouvert dans les années 80. Nous est présenté par celui qui vient de prendre une retraite bien méritée : Gilbert Vahé. Eh oui, dans “jardin jardinier”, un jardinier peut en cacher un autre… Qui mieux que lui peut raconter l’histoire de ce lieu magique où il a été décidé de figer dans le temps la période de fin de vie du peintre ? Qui a tenté mieux que lui de percer les secrets et la terrible rigueur de Claude Monet… pour rendre à ce lieu le lustre de l’époque de l’artiste ? Peintre, jardinier et cuisinier, Claude Monet ne laissait rien au hasard… Son ombre plane toujours sur Giverny. Gilbert va désormais se consacrer à son art du jardin, pour lui, à l’écriture d’un livre pour nous, et quoi qu’il nous dise, Claude Monet risque de l’accompagner encore un certain temps. Prochain rendez-vous, nous attendons d’aller tourner dans ton jardin de retraité, Monsieur Gilbert.

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Video : Fondation Claude Monet.  Jardins de Giverny –

David Jeannerot ( plantiste et jardinier urbain ) vous donne rendez-vous à la fondation Claude Monet de Giverny !
Découvrez les secrets d’histoire de cet environnement exceptionnel avec Remi Lecoutre, le jardinier de ce jardin !

Monet a passé le moitie de sa vie la bas – plus de 40 ans
Le clos Normand – un centain de grands massifs et un quarantaine de petits massifs qui sont tous monochromes ou bichromes
en ouvrant les deux portes au fond de l’allée on peut voir jusqua les prairies
16 arceaux metallics
Des supports metallics étaient assez originales pour l’époch
Il avait des plantes assez a la mode – des ranuncules. des fritillaire per?? jaunes éxtrément apprecies au moment
Le bassin Anglo-Japonais est toute a fait artificiel
La riviere de Lette? qui passe en des centaines des metres a l’est aliment le bassin et il rejoin la Seine,
Comment on plante les Nymphaeas – 80 cm minimum de surface de l’eau – il faut la lumiere – un pompe pour filtrer
floraison a partir de Juin, ca depend de la variété, de la temperature de l’eau et de la luminosité –

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Extrait de l’émission “Des Racines et Des Ailes : 2016

Nous déambulons dans ses allées en compagnie du jardinier anglais, James Priest, qui a la responsabilité de perpétrer l’oeuvre de Claude Monet. “On utilise les plantes comme des couleurs de la peinture”.

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Jardin de Monet – Jardin d’eau juin 2014
Musique: “Moonlight Sonata” – Ludwig van Beethoven

Les plantes dans ce video

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Les Troubadours

Troubadour
MEDIEVAL LYRIC POET

Troubadour, lyric poet of southern France, northern Spain, and northern Italy, writing in the langue d’oc of Provence; the troubadours, flourished from the late 11th to the late 13th century. Their social influence was unprecedented in the history of medieval poetry. Favoured at the courts, they had great freedom of speech, occasionally intervening even in the political arena, but their great achievement was to create around the ladies of the court an aura of cultivation and amenity that nothing had hitherto approached. Troubadour poetry formed one of the most brilliant schools that ever flourished, and it was to influence all later European lyrical poetry.

The word troubadour is a French form derived ultimately from the Occitanian trobar, “to find,” “to invent.” A troubadour was thus one who invented new poems, finding new verse for his elaborate love lyrics. Much of the troubadours’ work has survived, preserved in manuscripts known as chansonniers (“songbooks”), and the rules by which their art was governed are set out in a work called Leys d’amors (1340). The verse form they used most frequently was the canso, consisting of five or six stanzas with an envoy. They also used the dansa, or balada, a dance song with a refrain; the pastorela, telling the tale of the love request by a knight to a shepherdess; the jeu parti, or débat, a debate on love between two poets; the alba, or morning song, in which lovers are warned by a night watchman that day approaches and that the jealous husband may at any time surprise them. Other forms were frameworks for a lyrical conversation between two or more persons discussing, as a rule, some point of amorous casuistry or matters of a religious, metaphysical, or satirical character.

Troubadour songs, put to music, are monophonic (consisting solely of unharmonized melody) and comprise a major extant body of medieval secular music. At least 400 poets have left some 2,500 poems though with less than 300 surviving melodies. Set to a remarkable variety of poems, they display a certain consistency of style yet are far more varied than was once suspected. Some of the melodies were composed by the poets themselves. The Provençal “life” of the troubadour Jaufre Rudel states that he wrote many songs “with fine melodies but poor texts.” Evidently the writer thought the melodies were by Jaufré and that his distinction lay therein.

Many of the melodies, however, were not by the poet. According to a contemporary account, Raimbaut de Vaqueyras wrote his famous poem “Kalenda maya” (“The Calends of May”) to a dance tune played by some vielle (fiddle) players at Montferrat (now Monferrato, Italy). At least four troubadour songs are based directly on Latin sacred melodies. Several troubadour melodies are slightly different in form from the poem to which they are attached, and it must be assumed that these were originally composed for another poem, perhaps in another language. Conversely, many troubadour melodies were appropriated from songs in French and German. Even when a melody was written expressly for its poem, it is possible that the poet devised it with the help of a more experienced musician. Most of the poems have attributions, for the poets valued their originality. For the music, however, anonymity was the rule; authorship was a subsidiary consideration.

From   Britannica.com  WRITTEN BY: The Editors of Encyclopaedia Britannica


La Poésie des Troubadours au XIIe siècle

  1. Avant-propos :   1. Qu’est-ce qu’une poésie lyrique?   2. Les Troubadours     La Langue du Composition
  2. 4. La Poésie de XIIe siècle      5.  Genres        6.   Les Troubaritz       7.  QuelquesTroubadours

Le mot Troubadour est bien connu dans les médias e.g. le dernier troubadour nous a quitté.  Nous entendons le mot Troubadour à propos des chanteurs / compositeurs modernes – Jacques Brel, Léo Ferré, Charles Aznevour, George Brassens, Leonard Cohen, Joni Mitchell.
Ils sont des poètes lyriques qui chantent des poèmes personnels, mais ils ne sont pas les Troubadours de XIIe – XIIIe s. qui composait en  lenga d’oc.

Les traductions proviennent de nombreuses sources et certaines d’entre elles ont été modifiées ici. La qualité varie, bien que certains soient excellents. On espère avec le temps améliorer les autres.

Voici un poeme du premier troubadour connu,  Guilhem IX, grand-pére d’Alienor d’Aquitaine.

Farai un vers de dreyt nien :
Non er de mi ni d’autra gen,
Non er d’amor ni de joven,
Ni de ren au,
Qu’enans fo trobatz en durmen
Sus un chivau.

No sai en qual guiza’m fuy natz :
No suy alegres ni iratz,
No suy estrayns ni suy privatz,
Ni no’n puesc au,
Qu’enaissi fuy de nueitz fadatz,
Sobr’un pueg au.

No sai quora’m fuy endurmitz
Ni quora’m velh, s’om no m’o ditz
Per pauc no m’es lo cor partitz
D’un dol corau.
E no m’o pretz una soritz,
Per sanh Marsau !

Malautz suy e cre mi murir,
E ren no sai mas quan n’aug dir.
Metge querrai al mieu albir
E no sai cau.
Bos metges er s’im pot guerir,
Mas non, si amau.

M’amigu’ai ieu, no sai qui s’es,
Qu’anc non la vi, si m’ajut fes.
Ni’m fes que’m plassa ni que’m pes,
Ni no m’en cau,
Qu’anc non ac Norman ni Frances
Dins mon ostau

Anc non la vi et am la fort,
Anc no n’aic dreyt ni no’m fes tort.
Quan non la vey, be m’en deport,
No’m pretz un jau,
Qu’ie’n sai gensor e bellazor,
E que mais vau.

Fag ai lo vers, no sai de cuy.
Et trametrai lo a selhuy
Que lo’m trametra per autruy
Lay ves Anjau,
Que’m tramezes del sieu estuy
La contraclau.


Ferai des vers de poesie de pur néant :
Ne sera de moi ni d’autres gens,
Ne sera d’amour ni de jeunesse,
Ni de rien d’autre.
Les ai trouvés en somnolant –
Sur un cheval.

Ne sais sous quelle étoile suis né.
Ne suis allègre ni irrité,
Ne suis d’ici ni d’ailleurs,
Et n’y peux rien :
Car j’était ébloui par la nuit
A la cime d’une colline.

Ne sais quand fus endormi,
Ni quand je veille si on ne me le dit.
J’ai bien failli avoir le coeur brisé
Par la douleur :
Mais m’en soucie comme d’une souris
Par saint Martial !

Malade suis et me sens mourir,
Mais n’en sais plus qu’en entends dire.
Médecin querrai à mon gré,
Mais ne sais quel :
Bon il sera s’il peut me guérir
Mais non si mon mal empire.

L’amie que j’eus : ne sais qui c’est.
Jamais ne la vis par ma foi,
Rien ne m’a fait qui me plaise ou pèse,
Et ça ne m’importe pas plus
Qu’il vint jamais Normand ou Français
Dans ma demeure.

Jamais ne la vis et l’aime fort.
Jamais ne me fit justice ni tort.
Quand ne la vois, en fais ma joie
Et ne l’estime pas plus qu’un coq :
Car en sais une plus aimable et belle
Et plus précieuse.

J’ai fait ces vers ne sais sur quoi.
Et les transmettrai à celui-ci
Qui les transmettra à un autre
Là-bas vers l’Anjou :
Que celui m’en renvoie de son fourreau
En contrepoint : la clé !

7 strophes, 6 vers, 8 syllabes a,a,a,b,a,b


I’ll make verses of pure absurdity
Will not be about me or others,
Will not be about love or youth,
Nor about anything else.
I composed them sleeping
On a horse.

Don’t know my birth-sign
I’m not happy or irritated,
I’m from neither here nor there,
And can not help it:
Since I was dazzled by the night
At the top of a hill.

Do not know when I fell asleep,
Nor when to watch if I’m not told
I almost have a broken heart
With the pain:
But I don’t deem it worth a mouse
By Saint Martial!

Sick am I and feel myself dying,
But do not know more than I hear.
Doctor hastens at my discretion,
But I do not know the outcome:
Well it will be if he can heal me
But not, if my illness gets worse.

The friend I had: I do not know
Never saw her, by my faith,
She never did me well or ill,
And it doesn’t matter anymore
That neither Norman nor French
Came unto my house.

Never see her, and I love her,
I never did her right or wrong
When I do not see her, I am glad
And she’s not worth a rooster to me:
I know a more beautiful and kind
One worth much more.

Made this poem, don’t know why
And I’ll pass it on to someone
Who will pass it to another
Down towards Anjou:
Who returns me, from his purse –
In counterpoint: the key!


Un troubadour est strictement un poète et un compositeur du moyen âge dans le sud de France.  L’origine du mot provient de la langue occitane. C’est le verbe trobar, qui signifie faire, créer ou composer, de ou vient le mot trobador, prononcé troubadour en occitan. Les troubadours utilisent le verbe trobar dans leur poésie a propos leur propre art. Ils composaient leur poésie lyrique, leurs chansons, paroles et musique dans cette langue.


Qu’est-ce qu’une poésie lyrique?

Un poème qui est chanté, ou peut être chanté, avec un instrument de musique comme une lyre, dans la Grèce antique.  La poésie lyrique exprime les pensées et les sentiments du poète – des émotions personnelles intenses – à la manière d’une chanson.  Il est parfois opposé à la poésie narrative et au vers dramatique, qui expriment des événements sous la forme d’une histoire.

Quan lo rius de la fontana – Jaufre Rudel

Quan lo rius de la fontana
S’esclarzis, si cum far sol,
E par la flors aiglentina,
E’l rossinholetz el ram
Volf e refranh ez aplana
Son dous chantar e l’afina,
Be’ys dregz q’ieu lo mieu refranha.

Amors de terra lonhdana,
Per vos tot lo cors mi dol,
E no’n puesc trobar mezina
Si non al vostre reclam
Ab maltrait d’amor doussana
Dins vergier o part cortina
Ab dezirada compahna.

Pus tot jorns m’en falh aizina,
No’m meravilh si n’ai fam,
Quar anc genser crestiana
Non fo, ni Dieus non o vol,
Juzia ni sarrazina.
Ben es selh paguatz de mana,
Qui de s’amor ren guazanha.

De dezir mos cors no fina
Vas selha res qu’ieu pus am,
E cre que’l voler m’enguana
Si cobezeza la’m tol;
Que pus es ponhens d’espina
La dolors que per joy sana,
Don ja no vuelh qu’om m’en planha.

Quan pensar m’en fai aizina
adonc la bays e la col,
mas pueys torn en revolina
perqu’em n’espert e n’aflam,
quar so que floris non grana.
Lo joys que mi n’ataina
tot mos cujatz afaitanha.

Senes breu de parguamina
Tramet lo vers en cantan
En plana lengua romana,
A’N Ugo Bru per Filhol.
Bo’m sap quar gent peitavina
De Berri e de Guizana
S’esjau per lieys e’n Bretanha


Quand le ruisseau de la source
s’éclaircit, comme le fait le Soleil,
et qu’apparaît la fleur d’églantine,
et que le rossignol sur la branche
tourne, répète et affine
son doux chant, et le termine,
il convient que je peaufine le mien.

Amour de terre lointaine,
pour vous tout mon cœur est dolent ;
et je n’y puis trouver de remède
si je ne me rends à votre appel,
par attrait de douce amour,
en verger ou sous tentures,
avec une compagne désirée.

Puisque toujours le pouvoir m’en est refusé,
je ne m’étonne point si je m’embrase,
car jamais il ne fut plus belle chrétienne,
ni, Dieu ne veuille,
juive ni sarrazine ;
celui-là est bien repu de manne
qui gagne un peu de son amour.!

Mon coeur ne cesse de désirer
celle que j’aime plus que tout ;
et je crains que la volonté me trompe
si le désir me la prenait ;
car elle est plus piquante qu’une épine,
la douleur qui se guérit par la joie ;
dont je ne veux pas qu’on me plaigne.

Quand je suis à l’aise pour penser à elle
Puis je l’embrasse et la serre à bras;
Mais alors je tourne et tourne
Parce que ça me frustre et me tire,
Que ce qu’a les fleurs est sans fruit.
La joie qui me tourmente
abaisse toute ma fierté.

Sans bref de parchemin,
j’envoie ce vers en chantant
en simple langue romane,
à Uc le Brun, par Filhol ;
je suis heureux que la gent poitevine
et ceux de Berry et de Guyenne
sont réjouis par elle, de même que les Bretons.


When the fountain stream
turns clear, as it is wont
and the dogrose blossoms
and the nightingale on the bough
turns, repeats, smooths
and improves its sweet song,
it’s time that I refine mine.

My love in a distant land,
for you all my heart aches
and I can find no remedy
(if I do not go to your call)
for the ill of lacking the sweet love,
(in orchard or curtained room,)
of a longed-for companion.

Since every day ease is denied me,
I don’t wonder if I am inflamed,
because a prettier Christian
never was nor–God willing–
a Jewish or Saracen woman.
He is truly paid in manna
he who gains aught of her love.

My heart desires incessantly
her whom I love the most,
and I believe my will may fail me
if desire takes her away from me;
it is more piercing than a thorn
the pain which joy heals,
for which I refuse to be pitied.

When I am at my ease to think on her
Then I kiss and embrace her;
But then I toss and turn
Because it frustrates and fires me,
That what flowers is fruitless.
The joy which torments me
Abates all my pride.

Without a parchment brief,
I send this verse, singing
in the plain Romance language,
to Uc le Brun, through Filhol;
I know well that the Poitevins,
The people of Berry and Guyenne,
Rejoice in him, also the Bretons.


Il existe une légende romantique selon laquelle Jaufre Rudel était amoureux de la princesse Audierne / Hodierna, comtesse de Tripoli. La chanson est dédiée à Uc le Brun (Hugh VII de Lusignan). Filhol est le joglar par lequel la chanson est transmise oralement.

Autres exemples de la poésie lyrique :
Les poèmes latins d’Ovide et de Horace au Ier siècle avant notre ère.
Une forme parfaite, le sonnet, a été mise au point par Pétrarque, Ronsard, Shakespeare.
Plus tard, il y avait des poètes britanniques tels que Robert Burns, William Wordsworth, et Lamartine, Victor Hugo de France.


Les Troubadours

Presque 400  “trobadors” du sud de la France aux XIIe et XIIIe siècles composaient, écrivaient des vers et parfois interprétaient, pour la noblesse.  La musique est une partie importante de l’art des troubadours, non seulement de belles pensées, mais de belles mélodies. Plusieurs manuscrits, appelés « chansonniers », nous font connaître cette musique. Chantée de nos jours elle paraît monotone, mais ce n’était pas vu comme ça à l’époque.  Ils savaient lire et écrire, ce qui signifie qu’un grand nombre de leurs poèmes et de leurs mélodies avaient été écrits et notés plus tard, aussi que transmis oralement.

Cantarai d’aqestz trobadors par Peire d’Alvernhe
Eleanor II était la fille d’Eleanor d’Aquitaine et d’Henry II. Ses invités au mariage, un groupe important de nobles et de troubadours se sont réunis en 1170, près de Puivert (Aude). L’un d’entre eux, Peire d’Alverhne, a composé une chanson (un sirventés), qui décrit 13 trobadors présents ce jour-là. La satire de Peire donne une impression de camaraderie littéraire.  Peire d’Auvergne était le fils d’un bourgeois du diocèse de Clermont. Il faisait des études pour devenir prêtre, mais il a finalement devenu  jongleur. Il  voyagait en Espagne et Il reste de lui une vingtaine de pièces écrites entre 1150 et 1180.   Comme Bernart de Ventadorn, il fait sa dernière apparition enregistrée dans cette “galerie” littéraire.

1. Cantarai d’aqestz trobadors
Que canton de maintas colors
E-l pieier cuida dir mout gen!
Mas a cantar lor er aillors
Q’entrametre•n vei cen pastors
C’us non sap qe•s mont’o-s dissen.

2. D’aisso mer mal Peire Rotgiers,
Per qe n’er encolpatz primiers,
Car chanta d’amor a presen!
E valgra li mais us sautiers
En la glieis’o us candeliers
Tener ab gran candel’arden.

3. E-l segonz, Girautz de Borneill,
Qe sembl’oire sec al soleill
Ab son chantar magre dolen,
Q’es chans de vieilla porta-seill!
Que si-s mirava en espeill,
No-s prezari’un aiguilen.

4. E-l tertz, Bernartz de Ventedorn,
Q’es menre de Borneill un dorn!
En son paire ac bon sirven
Per trair’ab arc nanal d’alborn,
E sa mair’escaldava-l forn
Et amassava l’issermen.

5. E!l quartz, de Briva!l Lemozis,
Us ioglars q’es plus qerentis
Que sia tro q’en Beniven,
E semblari’us pelegris
Malautes, qan chanta!l mesquis,
C’a pauc pietatz no me’n pren. (25-30)

6. E.n Guillems de Ribas lo qins,
Q’es malvatz defors e dedins,
E ditz totz sos vers raucamen,
Per que es avols sos retins,
C’atretan se’n fari’us chins!
E l’uoil semblan de vout d’argen. (31-36)

7. E!l seises, Grimoartz Gausmars,
Q’es cavalliers e fai ioglars!
E perda Dieu qui!l o cossen
Ni!l dona vestirs vertz ni vars,
Que tals er adobatz semprars
Q’enioglarit se’n seran cen. (37-42)

8. Ab Peire de Monzo so set,
pos lo coms de Tolosa.l det,
chantan, un sonet avinen,
e cel fon cortes qe.l raubet,
e mal o fes car no.il trenqet
aqel pe que porta penden. (43-48)

9. E l’oites, Bernatz de Saissac,
C’anc un sol bon mestier non ac
Mas d’anar menutz dons queren!
Et anc puois no!l prezei un brac
Pois a!n Bertran de Cardaillac
Qes un vieil mantel suzolen. (49-54)

10. E-l novens es en Raembautz,
Qe-s fai de son trobar trop bautz!
Mas eu lo torni en nien,
Q’el non es alegres ni chautz!
Per so pretz aitan los pipautz
Que van las almosnas queren.

10. E!l novens es en Raembautz,
Qe!s fai de son trobar trop bautz!
Mas eu lo torni en nien,
Q’el non es alegres ni chautz!
Per so pretz aitan los pipautz
Que van las almosnas queren. (55-60)

11. E n’Ebles de Saigna!l dezes,
A cui anc d’amor non venc bes,
Si tot se chanta de coinden:
Us vilanetz enflatz plages,
Que dizen que per dos poies
Lai se loga e sai se ven. (61-66)

12. E l’onzes, Gonzalgo Roitz,
Qe!s fai de son chant trop formitz,
Per q’en cavallaria!s fen!
Et anc per lui non fo feritz
Bos colps, tant ben non fo garnitz,
Si doncs no!l trobet en fugen. (67-72)

13. E!l dotzes, us veilletz lombartz.
Que clama sos vezins coartz,
Et ill eis sent de l’espaven
Pero sonetz fai mout gaillartz
Ab motz maribotz e bastartz,
E lui apell’om Cossezen. (73-78)

14. Peire d’Alvernge a tal votz
[ Que canta de sus e de sotz, ]
que chanta con granoill’ en potz
E lauza-s mout a tota gen!
Pero maistres es de totz,
Ab c’un pauc esclarzis sos motz,
C’a penas nuils hom los enten.

15. Lo vers fo faitz als enflabotz
A Puoich-vert, tot iogan rizen. (85-86)


Un livre en anglais – par A. E. Van Vleck
Memory and Re-Creation in Troubadour Lyric



Je chanterai à propos de ces troubadours
qui chantent dans beaucoup de modes,
et tous les éloges leurs vers, même les plus pires;
mais ils devront chanter ailleurs,
j’entends cent bergers en compétition,
et on ne sait pas si la mélodie monte ou descend.

Alors Peire Rogier est coupable,
ainsi il sera le premier accusé
car il chante d’amour,
et il ferait mieux de porter
un psautier à l’église ou un chandelier
avec une grande bougie allumée.

Et le second: Giraut de Bornelh,
qui ressemble à une peau desséchée au soleil,
avec sa maigre voix, et ce gémissement,
c’est le chant d’une vieille porteuse d’eau;
s’il se le voyait dans un miroir,
il se penserait moins qu’une eglantine.

Et le troisième: Bernart de Ventadorn,
plus petit que Bornelh par une poing ;
son père était un bon ouvrier,
bon de tirer un arceau de laburnum,
sa mère chauffait le four
et ramassait la broussaille.
. . .
Et le neuvième est à Raimbaut,
il estime tellement sa poési
mais j’estime pas ses rimes,
ils n’ont ni chaleur ni joie,
donc je le classe avec les cornemuseurs
qui vient à vous mendier de monnaie.
. . .
Peire d’Alvernhe, il a une telle voix
[ qu’Il chante les notes hautes et basses,]
chante comme grenouille dans un puits
et se loue plus que tout le monde –
ainsi il serait le maître de tous ici;
s’il juste clarifiait un peu ses propos,
a peine personne ne leurs comprends.


1. I will sing of those troubadours
who chant in many colors [= styles].
And the worst thinks he’s a great songsmith!
But when it comes to singing, they are really out of it.
Carrying on like a hundred shepherds.
And not one knowing whether he’s singing high or low.

2. And since he deserves scorn,
I charge Peire Rogier first of all
since he sings of love off key;
he’s worth less than a Psalter
in Church or a candlestick
with a flaming candle.

3. And the second, Guiraut de Borneill
who’s like a wrinkled wineskin
with his thin, pitiful singing.
For he sings like an old crone of a water carrier.
Whoever looks in his mirror [wants to follow his example]
won’t win any more praise than an ass-scaper

4. And the third, Bernart de Ventadorn,
who is shorter than Borneil by a hand,
had a good servant in his father,
skilled at shooting with a laburnum bow,
and his mother heated the oven
and gathered the kindling wood.

5. And the fourth, the Limousin from Brive,
the most seeking of all ???
from here to Benevento;
he’s just like a pilgrim,
sick, who sings badly
which little piety brings me.

6. Lord Guilhem Ribas is the fifth, who’s just plain bad inside and out, and he croaks his verses raucously, and his croaking, about as vile as a stone’s, make his eyes seem like a silver vault.

7. And the Sixth, Grimoart Gausmar, who’s a knight who plays the jonglar! And anyone who listens to him or rewards him with clothes of green or multicolor will be lost. For every one who is ever knighted, more than a hundred become jonglars.

8. With Peire de Monzo they are seven, since the Count of Toulouse, gave him, singing it, a charming little song; and he acts in a courtly manner by stealing it, and he does badly by letting his (metric) foot droop.

9. And the eighth, Bernart de Saissac, who doesn’t have a single good métier, except to go around begging for pennies! And no one ever valued him a bit, since Lord Bertran de Cardaillac gave him an old coat.

10. And the ninth is Lord Raimbaut, who thinks highly of his poetry, but I will take him down a notch or two! ‘cause he’s neither quick-witted nor hot. He has as much value as those whiners who go begging alms.

11. And Lord Ebleof Saignac is the tenth, who never had much luck with love. His idea of singing agreeably is an off-key, litigious villanelle saying that for two peas here you buy, there you sell.

12 And the eleventh is Gonzalo Ruiz, who thinks so highly of his poetry that he forgets his knightly prowess; never did he strike a valiant blow, no matter how well armed, unless by accident while fleeing the field

13. And the twelfth, an old Lombard, who calls his neighbors cowards, and they fear him, because he makes ribald sonnets, with words that are “maribotz” [ false] and bastardly, and they call him “Cossezen” [agreeable ou concédent].

14. Peire d’Alverhne has such a voice that he sings high and low and prizes himself greatly in front of everyone; but he’s master of them all, if only he’d make his words a little clearer, for hardly anyone can understand them.

15. The verse was improvised at Puyvert, while laughing and playing.

To read: Stephen G. Nichol
(Good, though difficult article in English)

Une sorte de code poétique éxistait, qu’ils le connaissaient par tradition.  Les troubadours avaient un souci extrême de la forme. Les métaphores abondent, pour marquer ce travail délicat qui consiste à couvrir la pensée d’une parure élégante.  Ils vantents de savoir bien « bâtir » ou « forger » une chanson et de l’« orner » et l’« affiner ».  Certains pouvaient chanter et jouer d’un instrument, mais la composition était leur principale préoccupation.

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Song from the late medieval Occitan troubadour tradition. “A Chantar” is by the Comtessa Beatriz de Dia, a famous troubairitz (female troubadour) in 12th century. Performed by Catherine Bott, drone created by Mathew Morrey.

a chantar m’er par Beatritz de Dia
Listen – https://en.wikipedia.org/wiki/

1. A chantar m’er de so qu’eu no volria,
tant me rancur de lui cui sui amia;
car eu l’am mais que nuilla ren que sia:
vas lui no.m val merces ni cortezia
ni ma beltatz ni mos pretz ni mos sens;
c’atressi.m sui enganad’ e trahia
Com degr’ esser, s’eu fos dezavinens.

2. D’aisso.m conort, car anc non fi faillensa,
Amics, vas vos per nuilla captenenssa;
ans vo am mais non fetz Seguis Valensa,
e platz mi mout quez eu d’amar vos vensa,
lo meus amics, car etz lo plus valens;
mi faitz orgoil en digz et en parvensa,
et si etz francs vas totas autras gens.

3. Meraveill me cum vostre cors s’orgoilla,
amics, vas me, per qui’ai razon queu.m doilla;
non es ges dreitz c’autr’ amors vos mi toilla,
per nuilla ren que.us diga ni acoilla.
E membre vos cals fo.l comensamens
de nostr’amor! Ja Dompnedeus non voilla
qu’en ma colpa sia.l departimens.
4. Proeza grans, qu’el vostre cors s’aizina
e lo rics pretz qu’avetz, m’en ataïna,
c’una non sai, loindana ni vezina,
si vol amar, vas vos no si’ aclina;
mas vos, amics, etz ben tant conoissens
que ben devetz conoisser la plus fina;
e membre vos de nostres partimens.

5. Valer mi deu mos pretz e mos paratges
e ma beutatz e plus mos fins coratges;
per qu’eu vos man lai on es vostr’ estatges
esta chanson, que me sia messatges:
e voill saber, lo meus bels amics gens,
per que vos m’etz tant fers ni tant salvatges;
no sai si s’es orgoills o mal talens.

6. Mais aitan plus voill li digas, messatges,
qu’en trop d’orgoill an gran dan maintas gens.

Artist – Jordi Savall
Album – The Forgotten Kingdom
Licencié a YouTube via Orchard Music
(par Alia Vox)
La chanson est extraite de l’album “Le Royaume Oublié – La Tragédie Cathare”.

Notation : & : Modern Notation :


1. Je dois chanter ce que je ne veux pas,
Je suis tellement en colère contre celui que j’aime,
Parce que je l’aime plus que tout:
La miséricorde ni la courtoisie ne le déplacent,
Ni ma beauté, ni ma dignité,
ni mon bon sens,
Car je suis trompé et trahi
Autant que je devrais, si j’étais moche.
2. Je me console parce que je n’ai jamais rien fait de mal,
Ami, envers toi en n’importe quoi,
Je t’aime plutôt plus que Seguin Valensa,
Et je suis très heureux que je t’ai conquis en amour,
Mon ami, parce que tu es le plus digne;
Vous êtes arrogant pour moi en paroles et en apparence,
Et pourtant, vous êtes si amical avec tous les autres.
3. Je me demande comment tu es devenu si fier
Ami, envers moi, et j’ai des raisons de me lamenter;
Ce n’est pas juste qu’un autre amour t’éloigne de moi
Peu importe ce qui est dit ou accordé.
Et rappel-toi comment c’était au début
De notre amour! Que Seigneur Dieu ne souhaite jamais
Que c’était de ma faute pour ce séparation.
4. La grande prouesse qui habite en vous
Et ta valeur me retient,
Car je ne connais aucune femme, lointaine ou proche,
Qui, si elle veut aimer, ne vous inclinerait;
Mais vous, mon ami, avez une telle compréhension
Que tu peux dire le meilleur,
Et je vous rappelle notre partage.
5. Ma valeur et noblesse devraient m’aider,
Ma beauté et mon beau coeur;
Par conséquent, je vous envoie cette chanson
Pour que ce soit mon messager.
Je veux savoir, ma belle et noble amie,
Pourquoi es-tu si cruel, si sauvage a moi?
Je ne sais pas s’il s’agit d’arrogance ou de mauvaise volonté.
6. Mais je veux surtout que tu lui dises, messager
Que beaucoup souffrent d’avoir trop d’orgueil.

La comtessa de Dia, probablement nommée Beatritz ou Beatriz (1140-1175), était un trobairitz, probablement la fille du comte Isoard de Diá (au nord-est de Montélimar). Elle était mariée à Guillaume de Poitiers, mais était amoureuse de Raimbaut d’Orange (1146-1173) et chantait pour lui.

The question of musical accompaniment


1. I must sing of what I do not want,
I am so angry with the one whom I love,
Because I love him more than anything:
Mercy nor courtesy moves him,
Neither does my beauty, nor my worthiness,
nor my good sense,
For I am deceived and betrayed
As much as I should be, if I were ugly.

2. I take comfort because I never did anything wrong,
Friend, towards you in anything,
Rather I love you more than Seguin did Valensa,
And I am greatly pleased that I conquered you in love,
My friend, because you are the most worthy;
You are arrogant to me in words and appearance,
And yet you are so friendly towards everyone else.

3. I wonder at how you have become so proud,
Friend, towards me, and I have reason to lament;
It is not right that another love take you away from me
No matter what is said or granted to you.
And remember how it was at the beginning
Of our love! May Lord God never wish
That it was my fault for our separation.

4. The great prowess that dwells in you
And your noble worth retain me,
For I do not know of any woman, far or near,
Who, if she wants to love, would not incline to you;
But you, friend, have such understanding
That you can tell the best,
And I remind you of our sharing.

5. My worth and my nobility should help me,
My beauty and my fine heart;
Therefore, I send this song down to you
So that it would be my messenger.
I want to know, my fair and noble friend,
Why you are so cruel and savage to me;
I don’t know if it is arrogance or ill will.

6. But I especially want you, messenger, to tell him
That many people suffer for having too much pride.

Beatrice’s poems were often set to the music of a flute. Five of her works survive, including 4 cansos and 1 tenson. “A chantar m’er de so” is the only existing song by Beatriz which survived with music.